Armée : malgré les nouvelles positions pour les femmes, c’est toujours le même combat
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Armée : malgré les nouvelles positions pour les femmes, c’est toujours le même combat

Alors que l'armée fait des progrès sur l'égalité des sexes, des obstacles subsistent empêchant les femmes d'accéder aux échelons supérieurs de l'armée

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Une soldate du bataillon des Lions du Jourdain pendant un exercice, le 8 juin 2015. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne/Flickr)
Une soldate du bataillon des Lions du Jourdain pendant un exercice, le 8 juin 2015. (Crédit : unité des porte-paroles de l'armée israélienne/Flickr)

Alors que de plus en plus de positions de combat s’ouvrent aux femmes dans l’armée israélienne, certaines positions resteront interdites au beau sexe – et la plupart sont des positions qui mènent aux échelons supérieurs de l’armée.

L’armée israélienne a maintenant trois bataillons de combat mixte – Caracal, les Lions du Jourdain et Cheetah (connus en hébreu sous le nom de « Bardelas »). Les soldates servent dans des unités de renseignement sur le terrain. Elles gèrent des installations de l’armée de l’air et opèrent des systèmes d’artillerie dévastateurs.

Les femmes sont entrées dans Gaza et dans des villes de Cisjordanie. Des femmes pilotes ont survolé les territoires ennemis. Si une guerre devait éclater à nouveau au Liban, les soldates israéliennes s’y rendraient aussi.

Mais il n’y aura probablement jamais de commandante légendaire de la brigade des Parachutistes ou de la brigade Golani.

Femmes soldats avec des armes semi-automatiques Sten, pendant une marche le 12 mars 1959. (Crédit : Asaf Kutin/Bamahane/IDF Archive)
Femmes soldats avec des armes semi-automatiques Sten, pendant une marche le 12 mars 1959. (Crédit : Asaf Kutin/Bamahane/IDF Archive)

Dans l’armée pré-étatique, la Haganah, et dans l’armée israélienne pendant la guerre d’Indépendance, les femmes ont servi dans différentes positions de combat car l’Etat naissant d’Israël avait besoin de tous les combattants possibles.

(Ceux qui aiment les anecdotes savent peut-être que la célèbre sexologue Dr Ruth Westheimer a été tireuse d’élite dans la Haganah avant d’être grièvement blessée par un obus d’artillerie.)

Une édition spéciale du quotidien Yedioth Ahronoth sur le porte-parole d'alors de l'armée israélienne, Efraim Lapid, le 5 septembre 1989. Les soldates qui travaillent dans son bureau ne sont décrites qu'ainsi : 'De droite à gauche, Cookie, Thé, Biscuits, Intercom, Courier'
Une édition spéciale du quotidien Yedioth Ahronoth sur le porte-parole d’alors de l’armée israélienne, Efraim Lapid, le 5 septembre 1989. Les soldates qui travaillent dans son bureau ne sont décrites qu’ainsi : ‘De droite à gauche, Cookie, Thé, Biscuits, Intercom, Courier’

Mais après la guerre d’Indépendance, les femmes ont été rapidement poussées hors de ces positions de combat et cantonnées à des postes administratifs dans le secrétariat et d’autres, a expliqué le colonel Limor Shavtai au Times of Israel.

Shavtai occupe le poste de conseillère adjointe aux affaires de genre auprès du chef d’état-major – le poste connu sous le nom de conseiller aux affaires des femmes pour le chef d’état-major jusqu’en février 2016.

Et aujourd’hui, les recrues féminines sont à nouveau invitées à reprendre les fusils et les mitrailleuses – et pour la même raison qu’avant : le désespoir.

« Nous n’avons pas beaucoup le choix », a déclaré Shavtai.

Tandis que le service militaire pour les hommes a été raccourci et est passé de trois années complètes à deux ans et huit mois, « il y a maintenant un fossé », a-t-elle expliqué.

Limor Shavtai (Crédit : capture d'écran Hinuchit Television)
Limor Shavtai (Crédit : capture d’écran Hinuchit Television)

« Cela a forcé l’armée à être plus ouverte dans son processus de pensée, plus pluraliste, afin de considérer quels autres postes peuvent être ouverts aux femmes. La plupart des obstacles sont des obstacles sociétaux – il y a des obstacles culturels et non pas des obstacles en termes de capacité des femmes », a ajouté Shavtai.

« Nous n’avons pas d’autre choix », a-t-elle répété.

Bien que l’armée agisse suite au besoin d’attribuer ces positions de combat, les jeunes femmes qui servent dans ces positions le font car elles ont le désir sincère de protéger leur pays.

La raison la plus souvent invoquée par ces adolescentes pour expliquer pourquoi elles veulent se joindre aux unités de combat est qu’elles « veulent faire un service significatif ».

En 2016, l’armée américaine a ouvert toutes ses positions de combat aux femmes. Tant que les candidates passent les examens physiques nécessaires, elles peuvent servir dans n’importe quelle unité qui leur plairait. Mais le même phénomène ne se produira pas dans l’armée israélienne dans un avenir prévisible, selon Shavtai.

Car même si les soldates occuperont plus de positions de combat, il y aura toujours une limite à ce que ces positions pourraient être, en particulier en ce qui concerne le service dans les brigades d’infanterie de l’armée israélienne.

Et ces restrictions, ainsi que d’autres facteurs, empêchent les femmes d’atteindre les plus hauts rangs de l’armée israélienne pour le moment.

« Un service significatif »

Malgré les défis et les obstacles auxquels ils sont confrontés, le désir et la détermination des femmes recrues sont impressionnants, a poursuivi Shavtai.

Contrairement à leurs homologues masculins, qui peuvent être enrôlés dans des unités d’infanterie, qu’ils le veuillent ou non, les recrues féminines doivent faire du bénévolat dans des postes de combat. De plus, elles doivent accepter de prolonger leur service obligatoire de deux ans à près de trois ans.

Et elles le font. Le nombre de femmes qui demandent à servir dans des unités de combat n’a cessé d’augmenter depuis l’an 2000.

Yael Rom, la première pilote à être diplômée de l'école des ailes de l'armée de l'air israélienne, avant que la pratique ne soit arrêtée pendant des décennies. (Crédit : Wikipedia/IAF)
Yael Rom, la première pilote à être diplômée de l’école des ailes de l’armée de l’air israélienne, avant que la pratique ne soit arrêtée pendant des décennies. (Crédit : Wikipedia/IAF)

En 1995, la Cour suprême d’Israël a accepté la requête d’Alice Miller de passer les examens d’entrée pour entrer dans les unités de pilotes d’élite de l’armée de l’air israélienne, qui étaient interdites aux femmes après la guerre d’Indépendance.

Bien que Miller n’ait pas été acceptée dans le cours, son procès a ouvert la voie à une législation supplémentaire pour permettre aux femmes d’accéder à des positions de combat.

En 2000, Israël a ajouté l’article 16A à sa loi sur le service de sécurité, qui stipule que « chaque femme en âge d’effectuer son service militaire a les mêmes droits qu’un homme en âge d’effectuer son service militaire pour servir à toutes les positions militaires ».

Aujourd’hui, environ 92 % des postes dans l’armée israélienne sont ouverts aux femmes soldats et beaucoup de jeunes femmes se précipitent pour occuper ces positions.

« C’est un défi et la façon la plus significative de servir », a déclaré Yael Elbaz, qui a été enrôlée dans un bataillon de combat mixte l’an dernier.

‘C’était un service qui lui parlait. Elle voulait être stimulée’

Certains parents de jeunes femmes étaient nerveux à l’idée d’envoyer leurs filles servir dans des postes potentiellement dangereux dans l’armée, mais la plupart ont soutenu leur décision.

« C’était un service qui lui parlait. Elle voulait être stimulée », ont déclaré Mark et Linda Barda, des immigrants australiens en Israël dont la fille, Noa, a rejoint le bataillon des Lions du Jourdain.

« Mais nous l’avions encouragée à examiner d’autres options également », ont ajouté les parents.

L’indice de masse corporelle

Bien que plus de femmes servent dans des positions de combat, les positions dans les brigades de l’infanterie et des blindés ont été jugées trop exigeantes physiquement pour les femmes soldats.

L’équipement qu’elles doivent porter est trop lourd, les distances que les soldats doivent être en mesure de parcourir sont trop longues. Tout du moins c’est ce que l’unité médicale de l’armée israélienne et le conseiller en affaires de genre pour le chef d’état-major ont déterminé.

Ce ne sont pas des décisions basées sur l’intelligence, la détermination, ou le désir des femmes de servir. Elles sont basées sur des équations simples de masse corporelle, le type musculaire, la densité osseuse et d’autres attributs physiologiques, a expliqué le lieutenant-colonel (de réserve) Dr. Yuval Heled, directeur de l’Institut de physiologie militaire à l’hôpital Sheba de Tel Hashomer, au Times of Israel.

« Vous devez faire ce poids ; vous devez être en mesure de parcourir telle ou telle distance à une vitesse spécifique ; vous devez être en mesure d’évacuer un soldat blessé à telle ou une telle distance ; votre puissance musculaire doit être celle-ci », a-t-il expliqué.

Des soldates font des pompes pendant un cours d'instructeur de l'infanterie, le 10 janvier 2000. (Crédit : Abir Sultan/unité des parte-paroles de l'armée/archives de l'armée)
Des soldates font des pompes pendant un cours d’instructeur de l’infanterie, le 10 janvier 2000. (Crédit : Abir Sultan/unité des parte-paroles de l’armée/archives de l’armée)

Les femmes soldats ont démontré à maintes reprises qu’elles excellaient dans différents domaines militaires et de combat, y compris le tir et le renforcement de l’équipe mais porter une civière avec un soldat blessé sur 50 kilomètres n’en fait pas partie.

« Physiologiquement, une femme n’est pas nécessairement adaptée à toutes les positions où l’homme l’est », a déclaré Shavtai.

« Nous ne sommes pas prêts à ouvrir toutes les positions, peu importe le coût », a-t-elle ajouté.

Soldates pendant un exercice d’entraînement le 10 janvier 2000. (Crédit : unité des portes-paroles de l'armée/archives de l'armée)
Soldates pendant un exercice d’entraînement le 10 janvier 2000. (Crédit : unité des portes-paroles de l’armée/archives de l’armée)

Et dans les faits, les soldates de combat souffrent de fractures de stress et d’autres blessures à un taux beaucoup plus élevé que leurs homologues masculins.

Dans le bataillon mixte Caracal de l’armée israélienne, 40 % des femmes soldats ont été blessées et dans le corps d’artillerie, ce nombre s’élevait à près de 70 %, a révélé l’armée cet été dans le magazine de l’armée Bamahane. Les femmes soldats ont été victimes de deux fois plus de blessures que les soldats de sexe masculin dans les mêmes unités.

« L’équilibre qui se joue ici est d’une part de permettre aux femmes de servir dans les meilleures positions de combat qui existent et de l’autre de permettre l’accomplissement de notre premier devoir, qui est de protéger la santé de cet être humain », a expliqué le Dr Heled.

En tant que tel, l’armée travaille pour mieux préparer ses recrues féminines aux tâches physiques qui les attendent, en leur proposant des conseils nutritionnels et un conditionnement physique avant de commencer leur service, a ajouté Heled.

Cependant, certains de ces efforts pour trouver les candidates qui sont en meilleure forme physique et appropriée sont limités par les restrictions budgétaires et de main-d’œuvre, a précisé Shavtai.

« L’égalité coûte de l’argent », a tout simplement expliqué Shavtai.

Petit déjeuner pour le bataillon Caracal, le 2 juin 2012. (Crédit : Noa City-Eliyahu/Bamahane/Flickr)
Petit déjeuner pour le bataillon Caracal, le 2 juin 2012. (Crédit : Noa City-Eliyahu/Bamahane/Flickr)

Pendant qu’elles sont dans l’armée, l’armée israélienne a commencé à donner aux soldates de combat des équipements plus légers et mieux ajustés – des casques comme des gilets pare-balles – qui les protègent mieux et qui préviennent certaines blessures des os et des articulations qui touchent les femmes soldats.

« Vous savez ce qui se passe ? », a demandé Shavtai rhétoriquement.

« Quand il y a des extras, les soldats de combat les demandent. Parce qu’ils sont mieux que leurs vieilles vestes et ils se disputent pour savoir qui les aura », a-t-elle répondu en riant.

Les hommes et les femmes soldats du bataillon Caracal, en novembre 2007 (Crédit : Yoni Markovitzki / IDF Porte-parole / Flash90)
Les hommes et les femmes soldats du bataillon Caracal, en novembre 2007 (Crédit : Yoni Markovitzki / IDF Porte-parole / Flash90)

Mais la quantité d’équipement spécial que Tsahal peut fournir aux femmes soldats est limitée en raison de ses coûts.

Au cours des dernières années, a ajouté Heled – qui était impliqué dans la recherche – l’armée israélienne a également réévalué quelles allaient être les exigences de conditionnement physique pour chaque unité exactement, afin de déterminer si les femmes pouvaient servir dans ces positions.

« En 2008 ou 2009, nous avons commencé à prendre une liste de rengs – soldat de combat, opérateur de char, soldat d’infanterie, etc – et on nous a demandé de donner une opinion professionnelle sur la possibilité [d’intégrer les femmes] », a déclaré Heled.

‘Tous ceux qui répondent à ces critères peuvent être Golani. La réalité est que nous n’avons pas de soldates’

« Nous avons pris chacune des professions et nous avons fait une analyse pour chacune des positions. Aucune d’entre elles n’a disqualifié les femmes, aucune d’entre elles. Ce qu’elles ont dit était ceci : voici les critères, et non pas pour une soldate de combat mais pour n’importe quel soldat Golani, les exigences sont X, Y, et Z », a expliqué Heled en prenant pour exemple la brigade d’infanterie Golani.

Alors que certains de ces postes ont été ouverts aux femmes, à la lumière de ces constatations, les autres ne pouvaient pas l’être.

« Nous leur avons donné tous les critères. Et tous ceux qui répondaient à ces critères peuvent être un soldat Golani. La réalité est que nous n’avons pas de soldates de combat dans [la brigade] Golani. Peut-être que dans le futur il y en aura, mais elles devront répondre à ces critères », a déclaré Heled.

Qu’une femme ne puisse jamais servir – ou diriger – la brigade Golani peut sembler insignifiant mais ces brigades d’infanterie et de blindées sont presque toujours les points de départ des carrières des généraux de Tsahal.

C’est l’armée des hommes

Le chef d’état-major de Tsahal, Gadi Eizenkot, son adjoint, le major général Yair Golan, et presque tous les autres membres de l’état-major en général ont à un moment ou à un autre servi en tant que commandants d’une infanterie ou d’une brigade blindée.

Il y a des exceptions notables – qui incluent les généraux qui viennent de l’armée de l’air ou de la marine – mais le chemin d’accès à l’état-major comprend presque toujours un arrêt à l’une de ses sept brigades – Parachutistes, Golani, Givati, Nahal, 188e Blindé, 7ème Blindé ou 401e Blindé. (L’autre brigade d’infanterie de l’armée israélienne, Kfir, n’a été officiellement formée qu’en 2005 et ne dispose donc pas encore d’un général qui porte son béret de camouflage.)

Hagi Topolinski, directeur de la division des ressources humaines de l'armée (deuxième à droite) avec son prédécesseur, Orna Barbivai. (Crédit : unité des portes-paroles de l'armée/Flash90)
Hagi Topolinski, directeur de la division des ressources humaines de l’armée (deuxième à droite) avec son prédécesseur, Orna Barbivai. (Crédit : unité des portes-paroles de l’armée/Flash90)

Le Major Général Yoav Mordechai, coordinateur israélien des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), n’a jamais servi en tant que commandant dans une brigade d’infanterie.

Et en 2011, Orna Barbivai a été la première femme à accéder au grade de major général en Israël, en dirigeant la direction des ressources humaines de l’armée jusqu’en 2015, sans avoir dirigé de brigade de combat.

Mais ils sont des exceptions.

S’exprimant pendant un évènement de l’organisation féminine sioniste internationale (WIZO) en janvier, le ministre de la Défense Moshe Yaalon a souligné cet obstacle à la promotion des femmes au sein de l’armée.

Interrogé pour savoir si une femme pourrait un jour devenir ministre de la Défense en Israël, Yaalon a répondu : « Pourquoi pas ? Une question plus difficile est de savoir si je peux envisager une femme comme chef d’Etat-major ».

« Dans notre cas, avec nos défis, ce n’est pas simplement de la tradition que le chef d’Etat-major vienne des rangs combattants. »

Bien que plus de 90 % des positions soient ouvertes aux femmes, les 8 % restants représentent une sérieuse impasse à l’avancement des femmes au sein de l’armée israélienne, puisque ces positions de combat sont précisément celles qui mènent aux plus hauts rangs de l’armée.

Bien qu’il y ait un nombre relativement haut de femmes qui sont officiers junior – environ 40 % des premiers et seconds lieutenants sont des femmes – plus les rangs augmentent, plus le pourcentage de femmes diminuent.

Pour l’année dernière, seuls 14 % des lieutenants colonels de l’armée israélienne étaient des femmes, et il n’y a que quatre femmes brigadier général, selon l’armée.

Le nombre de femmes officiers augmente et l’armée fait plus d’efforts pour encourager les femmes talentueuses à rester dans l’armée via une variété de programmes, a déclaré Shavtai.

Mais la disparité entre le nombre d’hommes et de femmes haut gradés se maintiendra pendant les années à venir.

Progrès, reculs, nouvelles questions

Dans les 21 années écoulées depuis le procès d’Alice Miller, il y a eu des douzaines de femmes pilotes. Et en novembre 2014, Or Cohen est devenue la première femme à commander un vaisseau de la marine israélienne, un bateau de patrouille de classe Dvora.

Or Cohen, première femme à commander un vaisseau de la marine israélienne, en novembre 2014. (Crédit : unité des portes-paroles de l'armée)
Or Cohen, première femme à commander un vaisseau de la marine israélienne, en novembre 2014. (Crédit : unité des portes-paroles de l’armée)

Au début de cette année-là, en janvier 2014, Oshrat Bachar est devenue la première femme commandant de bataillon de l’armée israélienne, quand elle a pris la tête du bataillon de renseignement de combat « Eitam ».

Mais dans les deux dernières décennies, il y a également eu des reculs sur l’avancement et l’intégration des femmes dans l’armée.

En 2015, alors qu’il semblait que les femmes puissent servir comme combattantes, et pas seulement comme instructeurs, dans les brigades blindées, le gratin militaire est revenu sur sa décision.

Le degré de contrainte physique des lourds obus de tanks et d’autres équipements a été le facteur principal qui a mené l’armée à décider d’aller contre l’intégration, moins que la forte proximité avec les hommes imposée par la taille du tank, a déclaré Shavtai.

« L’officier médical en chef de l’armée a déterminé qu’il y avait une difficulté physiologique dans ce poste. Quiconque sert dans un tank requiert un niveau de forme qui lui permet de soulever un obus afin de le charger dans le canon. Et c’est très, très lourd », a-t-elle déclaré.

Une instructrice de tank à bord d'un M-113, le 21 avril 1993. (Crédit: Michael Chai/Bamahane/archives de l'armée)
Une instructrice de tank à bord d’un M-113, le 21 avril 1993. (Crédit: Michael Chai/Bamahane/archives de l’armée)

Cependant, la décision est toujours discutée et il pourrait y avoir des changements à cette directive ultérieurement.

« Je pense que les industries [aérospatiales israéliennes] et [les systèmes de défense avancés] Rafael voudront créer des missiles plus légers, et une fois que cela sera arrivé, il sera plus facile pour moi d’intégrer des femmes [dans les brigades blindés] », a dit Shavtai.

Beaucoup des obstacles culturels et sociétaux qui ont autrefois empêché les femmes de servir comme combattantes ont déjà été écartés.

Selon une superstition maritime, les femmes ne sont pas censées entrer dans la salle des machines d’un navire, pour ne pas rendre le bateau jaloux et colérique. La superstition a été jetée hors de l’armée israélienne, a déclaré un officiel naval.

« Comment pouvez-vous dire qu’une femme ne peut pas entrer dans la salle des machines, quand une femme est capitaine du bateau ? », a demandé l’officier.

Mais alors que plus de femmes entrent dans des rôles de combat, d’autres questions doivent trouver leur réponse, y compris des questions inattendues, comme celle-ci : que faites-vous d’un soldat combattant enceinte ?

« Ils ne savent toujours pas comment gérer les femmes, en terme de grossesse et de naissance », a déclaré par téléphone au Times of Israel Davir Mashash, vice-commandant d’une compagnie au commandement du front intérieur.

« Je le vois comme ça, la grossesse n’est pas une maladie. Si une soldate pense qu’elle peut travailler en étant enceinte, il n’y a aucune raison qu’elle ne puisse pas le faire, a dit Mashash. L’armée doit faire avec. »

Et d’une certaine manière, l’armée l’a fait.

L’armée de l’air israélienne, par exemple, a révoqué une décision qui empêche les pilotes et les navigateurs de voler pendant la grossesse.

Le F-16I et sa première navigatrice dans l'armée de l'air israélienne. (Crédit : unité des portes-paroles de l'armée)
Le F-16I et sa première navigatrice dans l’armée de l’air israélienne. (Crédit : unité des portes-paroles de l’armée)

« Il y a des femmes navigateurs de combat à présent, et il faut répondre à leurs besoins », avait déclaré Yifat Ehrlich, commandante de l’unité médicale de vol de l’armée de l’air, à un magazine trimestriel de l’armée de l’air.

Mais pour les forces au sol, l’interdiction des combattantes enceintes demeure.

« Il y a des choses pour lesquelles il est mieux qu’elles arrivent à leur moment, plutôt que d’être poussées », a déclaré Shavtai.

« Je ne veux pas être considérée dans l’armée comme une féministe qui brûle ses soutiens-gorges parce que je ne suis pas comme ça. Et quand je dis ‘je’, je ne veux pas dire moi, Limor, je veux dire l’unité des conseillers aux affaires de genre, je veux dire nous. Nous venons pour montrer aux gens qu’il y a des choses qui ne se passent pas comme elles devraient. Mais pas simplement pour être difficiles », a-t-elle déclaré.

« Et pourtant, si nous voyons des endroits où il n’y a pas besoin de différentiation, pas besoin de distinction, pas besoin d’absence de femmes, alors nous viendrons, et nous demanderons, et nous insisterons. »

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