Arrestation de Redoine Faïd à Creil, dans le nord de Paris
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Arrestation de Redoine Faïd à Creil, dans le nord de Paris

Le braqueur évadé de prison avait vécu en Israël où il avait appris l'hébreu

Les journalistes réunis aux abords d'une zone résidentielle de Creil, dans l'Oise, dans le nord de la France, où a eu lieu l'arrestation du fugitif  Redoine Faid, le 3 octobre 2018 (Crédit : / AFP PHOTO / Sarah BRETHES
Les journalistes réunis aux abords d'une zone résidentielle de Creil, dans l'Oise, dans le nord de la France, où a eu lieu l'arrestation du fugitif Redoine Faid, le 3 octobre 2018 (Crédit : / AFP PHOTO / Sarah BRETHES

Le braqueur Redoine Faïd a été arrêté dans la nuit de mardi à mercredi à Creil, au nord de Paris, un peu plus de trois mois après sa spectaculaire évasion de prison en hélicoptère.

Idole des apprentis délinquants des cités françaises, fan de cinéma et pro du braquage de fourgons, Redoine Faïd, 46 ans, surnommé « l’Ecrivain » par les policiers après avoir publié son autobiographie, a été interpellé sans incident dans un appartement de la ville où il a grandi, vers 02H00 GMT.

Deux armes de poing ont été découvertes. Six autres personnes, dont un frère du braqueur, Rachid Faïd, ont également été arrêtés par les policiers, sur place et à Paris.

« Le ministre avait démissionné, cela n’a pas empêché les policiers d’arrêter Redoine Faïd », a ironisé mercredi matin le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, dont le président Emmanuel Macron a fini par accepter la démission dans la nuit, à l’issue d’une crise gouvernementale.

« L’interpellation de Redoine Faïd montre, encore une fois, le professionnalisme de la police nationale », s’est réjoui sur Twitter le Premier ministre Édouard Philippe, qui assure l’intérim du ministre de l’Intérieur, et a félicité les policiers pour « le minutieux travail mené depuis trois mois » et « cette arrestation menée sans le moindre heurt ».

Surnommé « le roi de l’évasion », Redoine Faïd, qui était l’homme le plus recherché de France, a été condamné en avril à 25 ans de prison pour son rôle d' »organisateur » dans un braquage raté en 2010, qui avait coûté la vie à une policière municipale.

Croquis du 27 février 2018 de l’audience de Redoine Faid, aux Assises de Paris. Redoine FaId s’est évadé de prison le 1er juillet 2018. (Crédit : AFP PHOTO / Benoit PEYRUCQ)

Le 1er juillet, en quelques minutes à peine, il s’était évadé de la prison de Réau, près de Melun, au sud-est de Paris, aidé par un commando armé qui avait auparavant pris en otage un pilote d’hélicoptère.

Deux hommes portant des cagoules et des brassards de police, équipés de fusils d’assaut de type Kalachnikov et de disqueuses, avaient sauté de l’appareil qui survolait la cour d’honneur du centre pénitentiaire de Réau, près de Melun. Après avoir scié plusieurs portes et lâché des fumigènes, ils avaient récupéré Redoine Faïd au parloir.

Inspiré par le film « Heat »

Sous le feu des critiques de l’opposition, la ministre de la Justice Nicole Belloubet avait reconnu, rapport d’inspection à l’appui, « une série de dysfonctionnements » à la prison de Réau. Des filins seront installés au-dessus de la cour d’honneur, où s’était posé l’hélicoptère, entre autres adaptations.

Dans son livre, Redoine Faïd avait expliqué avoir visionné des dizaines de fois le film « Heat », de Michael Mann, dans lequel un policier incarné par Al Pacino pourchasse un braqueur que joue Robert De Niro.

« Vous avez été mon conseiller technique », avait-il dit en 2009 à la Cinémathèque de Paris au réalisateur américain, interloqué, expliquant que le film l’avait inspiré pour sa série de braquages de fourgons blindés.

Il aimait raconter le trac avant le braquage « comme les acteurs » et certaines sources policières affirment qu’il a appris au contact d’anciens militaires en Israël, un pays où il était réfugié durant une première cavale et où il rêvait de s’installer un jour. Il y avait appris l’hébreu.

La porte forcée de l’appartement où Redoine Faid a été arrêté à Creil, dans l’Oise, au nord de la France, le 3 octobre 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Sarah BRETHES)

« Il avait réussi l’exploit de se fondre dans la masse avec une kippa », a récemment confié à l’AFP le journaliste Frédéric Ploquin, auteur de plusieurs ouvrages sur le banditisme et qui l’a rencontré des dizaines de fois. « Un malin, d’une intelligence au-dessus de la moyenne, capable de se transformer en mendiant ou en livreur de fruits ».

Le 24 juillet, Redoine Faïd avait échappé de peu aux forces de l’ordre dans le département du Val-d’Oise, près de Paris. Une course-poursuite avec des gendarmes s’est terminée dans le parking d’un centre commercial où le fugitif et un complice avaient abandonné leur voiture et réussi à s’enfuir. De fausses plaques d’immatriculation et des explosifs factices avaient été découverts dans le véhicule.

Faïd s’était déjà évadé le 13 avril 2013 en moins d’une demi-heure de la prison de Lille-Sequedin, dans le nord de la France, en prenant en otages quatre surveillants qu’il avait utilisés ensuite comme boucliers humains. Il avait été repris six semaines plus tard en région parisienne.

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