Assemblée de l’ONU : Les Etats-Unis « noteront les noms » des pays opposés à sa décision sur Jérusalem
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Assemblée de l’ONU : Les Etats-Unis « noteront les noms » des pays opposés à sa décision sur Jérusalem

Nikki Haley a dénoncé la réunion d'urgence de cet organe fort de 193 nations "critiquant notre choix" et menace de répercussions ceux qui ont voté contre

Le président américain Donald Trump lors de la 72ème Assemblée générale de l'ONU à New York, le 19 septembre 2017 (Crédit :  AFP PHOTO / DON EMMERT)
Le président américain Donald Trump lors de la 72ème Assemblée générale de l'ONU à New York, le 19 septembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / DON EMMERT)

L’ambassadrice américaine aux Nations unies Nikki Haley a indiqué que les Etats-Unis « prendront les noms » des pays soutenant un projet de résolution qui rejette la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale israélienne et qui sera soumis au vote de l’Assemblée générale jeudi.

La Turquie et le Yémen ont réclamé cette session d’urgence du forum constitué de 193 nations au nom du groupe des pays arabes et de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) après que les Etats-Unis ont usé de leur droit de veto contre la mesure au Conseil de sécurité. Les deux pays ont fait circuler un projet de résolution qui reprend la mesure rejetée, réaffirmant que toute décision prise sur le statut de Jérusalem doit être abrogée et n’a aucun effet juridique.

C’est l’Egypte qui avait initialement avancé ce projet qui a été finalement soutenu par les 14 autres membres du Conseil de sécurité lundi à l’occasion d’un vote. Comme le projet égyptien, le texte présenté devant l’assemblée ne mentionne pas explicitement la décision de Trump mais exprime « son profond regret face aux décisions récentes prises sur le statut de Jérusalem ».

Haley a réagi avec colère à cette initiative, twittant que « jeudi, il y aura un vote critiquant notre choix. Les Etats-Unis prendront les noms ».

Dans un courrier envoyé à plusieurs ambassadeurs de l’ONU, Haley a averti qu’elle ferait savoir à Trump quels étaient les pays ayant soutenu le projet de résolution.

« Le président observera ce vote avec beaucoup d’attention et il a demandé que je lui fasse savoir quels sont les pays qui voteront contre nous », a-t-elle écrit. « Nous prendrons note de tous les votes sur cette question ».

Dans un discours prononcé à la Maison Blanche le 6 décembre, Trump avait défié les avertissements venant du monde entier et avait insisté sur le fait qu’après avoir échoué à réaliser la paix à de multiples reprises, il fallait opter pour une « nouvelle approche », qualifiant sa décision de reconnaître Jérusalem comme étant le siège du gouvernement israélien comme simplement basée sur la réalité. Il avait également annoncé la relocalisation de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, mais n’avait pas avancé de calendrier précis.

Trump avait souligné qu’il ne précisait pas les frontières à apporter à la souveraineté israélienne dans la ville, et demandé à ce que le statu-quo soit maintenu dans les Lieux saints.

Les agents de police affrontent les émeutiers palestiniens durant des affrontements à proximité du poste de contrôle de Qalandiya en Cisjordanie, aux abords de Ramallah, le 15 décembre 2017 (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Cette initiative avait été saluée par Netanyahu et par les leaders d’une grande partie des formations politiques israéliennes – excepté les partis arabes regroupés au sein de la Liste arabe unie.

Elle avait été critiquée par de nombreux pays, condamnée par le monde arabe et avait entraîné la colère des Palestiniens qui avaient organisé des manifestations violentes pendant plusieurs jours en Cisjordanie et à la frontière entre Israël et la bande de Gaza.

L’observateur permanent palestinien aux Nations unies, Riyad Mansour, a indiqué s’attendre à un « soutien écrasant » lors du vote à l’Assemblée générale, affirmant que Jérusalem est une question « qui doit être résolue par le biais de négociations » entre Israël et les Palestiniens.

« L’Assemblée générale va dire, sans crainte d’un veto, que la communauté internationale refuse d’accepter la position unilatérale des Etats-Unis », a expliqué Mansour aux journalistes.

Aucun pays n’a de droit de veto au sein de l’assemblée de 193 nations, contrairement au Conseil de sécurité où les Etats-Unis, aux côtés du Royaume-Uni, de la Chine, de la France et de la Russie ont la capacité de bloquer les résolutions.

Des alliés essentiels des Américains, le Royaume-Uni, la France, l’Italie, le Japon et l’Ukraine ont figuré parmi les 14 pays du conseil constitué de 15 états-membres qui ont voté en faveur de la mesure.

L’ambassadrice Haley a qualifié ce vote de 14 voix contre une « d’insulte », avertissant qu’il « ne sera pas oublié ».

L’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley s’exprime durant une rencontre du Conseil de sécurité au Moyen Orient le 18 décembre 2017 au siège des Nations unies à New York (Crédit : AFP Photo/Kena Betancur)

Elle est allée plus loin lundi en avertissant dans son tweet : « A l’ONU, on nous demande toujours de faire plus et de donner plus. Et lorsque nous prenons une décision basée sur la volonté des Américains sur l’endroit où doit se trouver NOTRE ambassade, nous ne nous attendons pas à être attaqués par ceux que nous avons aidés ».

Dans une note envoyée à ses missions à travers le monde, mardi, le ministère des Affaires étrangères israélien a demandé aux diplomates d’encourager leurs pays hôtes à s’opposer à la résolution présentée à l’Assemblée générale. Dans les cas où ces pays s’apprêteraient à soutenir cette résolution, il a été vivement recommandé aux diplomates d’encourager leurs homologues locaux à au moins s’abstenir et de ne pas exprimer un soutien public à la proposition.

Il a été également conseillé aux diplomates israéliens de souligner que la résolution est partiale et qu’elle nuira aux perspectives de paix en sapant Trump et qu’elle pourrait aussi entraîner plus de violences dans la région.

Israël a conquis Jérusalem-Est au cours de la guerre des Six Jours de 1967 et considère tout Jérusalem comme sa capitale indivisible, tandis que les Palestiniens veulent que Jérusalem-Est devienne la capitale de leur futur état.

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