Attaque au Mémorial de la Shoah de Berlin : vers un procès pour le suspect
Arrêté le soir des faits et en détention provisoire depuis, le suspect "partage" l'idéologie de l'organisation État islamique, affirme le parquet

Le suspect syrien de l’attaque au couteau du Mémorial de la Shoah à Berlin, qui avait fait un blessé grave fin février, a été renvoyé devant les tribunaux, a indiqué mardi le parquet fédéral allemand.
Le suspect, présenté comme Wassim AI M., un réfugié syrien âgé de 19 ans au moment des faits, est notamment soupçonné de tentative de meurtre et de blessures graves, a précisé le parquet, compétent pour les affaires de terrorisme, dans un communiqué.
Arrêté le soir même et en détention provisoire depuis, le suspect « partage » l’idéologie du groupe terroriste sunnite État islamique (EI), affirme le parquet.
C’est cette vision « islamiste et antisémite » qui l’a amené, selon la même source, à se rendre le 21 février de Leipzig (est) à Berlin pour « y commettre une attaque au couteau contre des personnes qu’il considère comme des ‘infidèles' ».
Avant de passer à l’acte, il a envoyé une photo de lui, via une application de messagerie, à des membres de l’EI « pour permettre à l’organisation de revendiquer l’acte », détaille encore le ministère public.
Dans le Mémorial ouvert qui commémore, avec plus de deux mille stèles de béton, le souvenir des millions de juifs exterminés par le IIIᵉ Reich, Wassim AI M. avait agressé par derrière un touriste espagnol de 30 ans, le blessant grièvement au cou. La victime a eu la vie sauve après une opération d’urgence.
Le suspect avait pris la fuite avant de revenir trois heures plus tard sur les lieux de l’agression où il a été arrêté.
L’agression avait été commise deux jours avant les élections législatives en Allemagne, dans un climat tendu par une série d’attaques meurtrières commises par des étrangers.
Depuis, le gouvernement du chancelier conservateur Friedrich Merz, en fonction depuis mai, a multiplié les signaux de durcissement de la politique migratoire.
Le gouvernement a expulsé mi-juillet 81 Afghans condamnés par la justice, une initiative aussitôt dénoncée par l’ONU pour qui certains risquaient « d’être persécutés » par les talibans dans leur pays.
L’Allemagne souhaite également pouvoir procéder à des expulsions vers la Syrie.







