Attentat AMIA : Les familles des victimes réclament justice, 26 ans après
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Attentat AMIA : Les familles des victimes réclament justice, 26 ans après

L'attentat du 18 juillet 1994 à Buenos Aires contre l'Association mutuelle israélite argentine avait fait 85 morts et 300 blessé

Un homme rend hommage lors de la commémoration du 26ème anniversaire d'une attaque à la bombe qui a fait 85 victimes et 300 blessés au centre communautaire juif AMIA, à Buenos Aires le 18 juillet 2020. (Photo par Alejandro PAGNI / AFP)
Un homme rend hommage lors de la commémoration du 26ème anniversaire d'une attaque à la bombe qui a fait 85 victimes et 300 blessés au centre communautaire juif AMIA, à Buenos Aires le 18 juillet 2020. (Photo par Alejandro PAGNI / AFP)

Les familles des victimes de l’attentat du 18 juillet 1994 à Buenos Aires contre l’Amia (Association mutuelle israélite argentine), qui avait fait 85 morts et 300 blessé, ont demandé justice samedi pour des faits restés impunis.

L’organisation Memoria Activa, qui regroupe ces familles, a dénoncé une « dissimulation manifeste » et un « secret d’Etat » qui « a toujours été au service de l’impunité », dans une vidéo diffusée sur Facebook.

Cette organisation affirme que le gouvernement de l’ex-président Carlos Menem (1989-1999) et la direction de la communauté juive argentine elle-même ont participé à occulter la vérité.

Memoria Activa affirme avoir été reçue par des membres du gouvernement actuel, dirigé par Alberto Fernandez, qui auraient assuré avoir mis la cause de l’Amia à son agenda en restructurant le ministère compétent pour le rendre plus diligent.

Le président argentin Alberto Fernandez, à droite, rencontre le chef du groupe juif AMIA et le père d’une victime de l’attentat à la bombe de l’AMIA à Buenos Aires, le 14 juillet 2020. (Autorisation AMIA/ via JTA)

« Bien que la proposition nous soit positive, nous n’avons pas encore constaté de progrès à cet égard. Et, si nous comprenons le contexte déconcertant d’une pandémie, nous savons aussi que la cause de l’Amia compte 26 ans d’impunité et qu’elle ne peut être davantage retardée », a déclaré l’organisation.

Plus tôt, le chef de l’Etat avait commémoré la date et réclamé la vérité. « Pour la mémoire des 85 victimes de l’attentat contre l’Amia, la recherche de la vérité et de la justice est un impératif moral qui doit tous nous unir contre l’impunité », a-t-il écrit sur Twitter à 09h53 locales, l’heure à laquelle le 18 juillet 1994, l’immeuble abritant les institutions juives d’Argentine avait explosé sous le coup d’un camion chargé d’explosifs.

Les dégâts de l’attentat à la bombe contre l’Association mutuelle israélite argentine (AMIA) à Buenos Aires, Argentine, 18 juillet 1994. (Autorisation)

L’Argentine a attribué l’attaque à d’anciens hauts responsables iraniens, dont l’ancien président Ali Rafsandjani, et au mouvement terroriste chiite libanais du Hezbollah, une hypothèse soutenue par les dirigeants juifs argentins et par Israël.

Mais l’enquête judiciaire s’est empêtrée dans un enchevêtrement de plaintes, et 26 ans plus tard, il n’y a pas de détenu pour l’attaque la plus sanglante de l’histoire argentine. L’Argentine compte la plus grande communauté juive d’Amérique latine, avec quelque 300.000 personnes.

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