Attentat de la rue Copernic: l’avocat canadien du suspect interpelle Trudeau
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Attentat de la rue Copernic: l’avocat canadien du suspect interpelle Trudeau

"Tout cela se passe en raison de l'intense lobbying de groupes importants et influents en France", a dit Don Bayne, soutenu par plusieurs associations dont Amnesty International

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau. (Justin Tang/The Canadian Press via AP)
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau. (Justin Tang/The Canadian Press via AP)

L’avocat canadien de l’unique suspect de l’attentat de la rue Copernic, à Paris en 1980, a appelé mercredi le Premier ministre Justin Trudeau à ne pas autoriser une deuxième extradition de son client vers la France s’il devait finalement être renvoyé aux assises.

L’avocat du Libano-Canadien Hassan Diab, Don Bayne, soutenu par plusieurs associations dont Amnesty International, a une nouvelle fois dénoncé les accusations « d’un illogisme kafkaïen » contre son client, lors d’un point presse à Ottawa.

La Cour de cassation française avait annoncé quelques heures plus tôt qu’elle rendrait sa décision le 19 mai sur le pourvoi de M. Diab, qui conteste son renvoi devant les assises.

« Nous appelons le gouvernement canadien à respecter la parole du Premier ministre (Trudeau) et à assurer au Dr Diab et aux Canadiens que, quelle que soit la décision prise par la France mercredi prochain, il ne participera pas à une nouvelle injustice, à une nouvelle extradition injustifiée du Dr Diab », a plaidé M. Bayne.

Hassan Diab, universitaire libano-canadien de 67 ans qui vit à Ottawa, est suspecté d’avoir posé une bombe devant une synagogue du XVIe arrondissement de Paris, qui avait fait quatre morts et 46 blessés. Il n’a cessé de clamer son innocence et avait bénéficié d’un non-lieu en 2018.

L’extradition vers la France de M. Diab avait finalement été autorisée fin 2014 par le Canada à l’issue d’une longue bataille judiciaire.

Cette photo prise le 24 mai 2016 montre Hassan Diab, arrêté en novembre 2008 pour son rôle présumé dans l’attentat de la synagogue de la rue Copernic en 1980 au palais de justice de Paris, en France. (Crédit : AFP PHOTO / BERTRAND GUAY)

Hassan Diab avait été placé en détention provisoire pendant trois ans avant d’être libéré en janvier 2018 suite à l’abandon des poursuites. Les juges avaient considéré que les charges réunies contre lui n’étaient « pas suffisamment probantes ».

En juin 2018, M. Trudeau avait apporté son soutien à l’universitaire installé à Ottawa, estimant que « ce qui lui est arrivé n’aurait jamais dû arriver ».

Mais fin janvier, la cour d’appel de Paris a infirmé le non-lieu en sa faveur et renvoyé M. Diab devant une cour d’assises. Ses avocats avaient immédiatement saisi la Cour de cassation, qui se prononcera mercredi.

« Même si la semaine prochaine, la Cour de cassation se range au bon sens des juges d’instruction français (…) par opposition à la fiction kafkaïenne de la cour d’appel », elle va « renvoyer l’affaire devant la cour d’appel, qui aura une deuxième chance », a prévenu M. Bayne.

« Tout cela se passe en raison de l’intense lobbying de groupes importants et influents en France », a-t-il ajouté. « Ils ont fait pression pour qu’un innocent soit jugé », selon lui.

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