Attentat de la rue des Rosiers : 2 suspects se pourvoient en cassation
Par cette manœuvre, ils entendent ainsi contester leur renvoi en procès devant les assises spéciales de Paris

Deux suspects mis en examen en France pour l’attentat antisémite de la rue des Rosiers à Paris en 1982 se pourvoient en cassation pour contester leur renvoi devant la cour d’assises spéciale, ont annoncé leurs avocats à l’AFP, mercredi 26 novembre. Lundi, la cour d’appel de Paris avait balayé un recours de ces mêmes personnes, confirmant le renvoi en procès devant les assises spéciales de Paris.
« Nous le dirons jusqu’au bout, ce dossier doit être jugé par les citoyens de notre pays », a déclaré à l’AFP Romain Ruiz, l’avocat du principal suspect Abou Zayed, saisi du dossier avec Bruno Gendrin et Raphaël Kempf. Ces conseils souhaitent que leur client soient jugés par une cour d’assises lambda, un des points majeurs de leur pourvoi. « Ce dossier est une partie de notre histoire, née avant les lois antiterroristes et la justice d’exception qui se les accaparent depuis trop longtemps », poursuivent ces avocats.
L’arrêt de la cour d’appel de lundi « soulève de sérieuses interrogations sur sa rigueur juridique et sa cohérence avec les principes fondamentaux du droit », a indiqué de son côté à l’AFP Yassine Bouzrou, l’avocat de Hazza Taha, autre suspect. « Son manque de fondement et sa qualité discutable m’amènent à exercer un pourvoi en cassation, afin que la plus haute juridiction puisse en apprécier la conformité », a développé ce conseil.
Fin juillet, des juges d’instruction antiterroristes avaient ordonné ce procès contre six hommes suspectés d’être impliqués dans cet attentat qui avait fait six morts à Paris en 1982. Deux suspects ont été mis en examen en France. Abou Zayed, Norvégien d’origine palestinienne âgé de 67 ans, est considéré comme l’un des tireurs et est détenu en France depuis 2020. Hazza Taha, né en Cisjordanie, 65 ans aujourd’hui, est lui soupçonné d’avoir caché des armes à l’époque. Les quatre autres suspects font l’objet de longue date de mandats d’arrêt.
Le 9 août 1982, six personnes ont été tuées et 22 blessées dans le quartier juif du Marais à Paris, dans l’explosion d’une grenade dans le restaurant Jo Goldenberg puis dans une fusillade perpétrée par un commando de trois à cinq hommes. L’attentat a été attribué au Fatah-Conseil révolutionnaire d’Abou Nidal, groupe palestinien dissident de l’Organisation de libération de la Palestine.
Ce dossier a connu de nombreux rebondissements. Le dernier en date s’est produit en septembre, lorsque les autorités palestiniennes ont annoncé l’arrestation du Palestinien Hicham Harb, superviseur allégué de l’attentat. Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a promis récemment dans Le Figaro une extradition rapide, « la reconnaissance de l’État de Palestine par la France ayant créé un cadre approprié pour cette demande française ».







