Attentat de la rue des Rosiers : Paris se félicite de l’arrestation en Norvège
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Attentat de la rue des Rosiers : Paris se félicite de l’arrestation en Norvège

La France demande depuis plusieurs années l'extradition de Walid Abdulrahman Abou Zayed, établi en Norvège depuis 1991 et suspect dans l'attaque

Les secours et la police rue des Rosiers, à Paris, après un attentat qui a fait six morts et 22 blessés, le 9 août 1982. (Crédit : Jacques Demarthon/AFP)
Les secours et la police rue des Rosiers, à Paris, après un attentat qui a fait six morts et 22 blessés, le 9 août 1982. (Crédit : Jacques Demarthon/AFP)

Le ministère français des Affaires étrangères s’est félicité jeudi de l’arrestation en Norvège d’un suspect de l’attentat qui a fait six morts rue des Rosiers à Paris en 1982 et a promis de continuer à soutenir la justice française pour obtenir les autres arrestations réclamées.

« Nous nous félicitons de l’arrestation de Walid Abou Zayed par la police norvégienne, visé par un mandat d’arrêt, émis à la demande de la France », a déclaré le Quai d’Orsay, répondant à une question de l’AFP.

La France demande depuis plusieurs années l’extradition de Walid Abdulrahman Abou Zayed, établi en Norvège depuis 1991 et qui a, dans le passé, nié toute implication dans l’attaque attribuée au groupe palestinien Abou Nidal.

Arrêté mercredi à son domicile de Skien, dans le sud du pays, il a été placé jeudi en détention provisoire dans l’attente d’une décision sur une extradition vers la France à laquelle il s’oppose.

Au total, les juges d’instruction français en charge du dossier ont émis quatre mandats d’arrêt, l’un visant Walid Abdulrahman Abou Zayed, deux contre des personnes réfugiées en Jordanie, et un quatrième contre un suspect réputé se trouver en Cisjordanie.

Ils se sont heurtés à des refus réitérés de la justice jordanienne d’extrader deux des suspects, dont le cerveau présumé.

Le 9 août 1982, un commando a lancé une grenade dans le restaurant Jo Goldenberg dans le quartier juif historique de Paris, puis a ouvert le feu dans l’établissement et contre des passants. L’attaque a aussi fait 22 blessés.

Des pompiers et des infirmières s’occupent d’un blessé derrière le comptoir d’un restaurant juif Jo Goldenberg, situé dans la rue des Rosiers à Paris, après l’attaque terroriste perpétrée par des hommes armés dans le restaurant, le 9 août 1982. L’attaque a fait six morts et de nombreux blessés. (AP Photo/ Aulnay)

L’opération a été attribuée au Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR), appelé aussi Abou Nidal, un groupe palestinien dissident de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Selon des avocats de victimes, des documents provenant d’archives de Matignon accréditent l’idée d’un accord secret passé dans les années 1980 entre les renseignements français et le groupe Abou Nidal, garantissant à celui-ci l’absence de poursuites en France en échange de son engagement à ne plus y commettre d’attentats.

Au vu de ces révélations, un avocat des victimes, Me Avi Betton, a dit craindre que le gouvernement n’exerce pas la pression diplomatique nécessaire.

« Le président (Emmanuel Macron) avait rappelé que tout serait mis en œuvre pour que cette enquête se poursuive et aille à son terme », a souligné pour sa part le ministère des Affaires étrangères.

« À ce titre, les autorités politiques françaises, et le ministre (des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian), personnellement, ont régulièrement évoqué ce dossier auprès de leurs interlocuteurs, afin d’appuyer les demandes émises par la justice française et continueront d’appuyer ces démarches », a-t-il assuré.

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