Attentat de Saint-Pétersbourg : 14 morts et 49 blessés
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Attentat de Saint-Pétersbourg : 14 morts et 49 blessés

Saint-Pétersbourg était en deuil et ses drapeaux en berne mardi, au lendemain d'un attentat dans le métro attribué à un kamikaze né au Kirghizstan et d'un second déjoué de justesse

Saint-Pétersbourg était en deuil et ses drapeaux en berne mardi, au lendemain d’un attentat dans le métro attribué à un kamikaze né au Kirghizstan et d’un second déjoué de justesse dans une station du centre historique de la deuxième ville de Russie.

Selon un dernier bilan mardi matin de la ministre de la Santé Veronika Skvortsova, 14 personnes ont péri dans l’explosion et 49 ont été blessées. Les autorités ne précisent pas si un éventuel kamikaze est au nombre des morts.

Mardi, les services secrets du Kirghizstan, ex-république soviétique d’Asie centrale, ont affirmé à l’AFP que l’attentat avait été commis par un « kamikaze » et que cet homme était né dans la région kirghize d’Och, une zone qui a fourni un fort contingent de jihadistes kirghizes à l’organisation Etat islamique (EI).

« Le kamikaze dans le métro de Saint-Pétersbourg était un ressortissant kirghiz, Akbarjon Djalilov […], né en 1995 », a assuré à l’AFP le porte-parole des services de sécurité kirghizes (GKNB), Rakhat Saoulaïmanov. « Il est probable qu’il a acquis la nationalité russe », a-t-il ajouté en précisant que ses services étaient en contact « étroit » avec leurs homologues des services de renseignement russes du FSB.

Cette information n’a pas pour l’heure été confirmée par les autorités russes.

Hommage aux victimes de l'attentat du métro de Saint-Pétersbourg, le 3 avril 2017. (Crédit : Olga Maltseva/AFP)
Hommage aux victimes de l’attentat du métro de Saint-Pétersbourg, le 3 avril 2017. (Crédit : Olga Maltseva/AFP)

Le Comité d’enquête a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « acte terroriste », tout en précisant que « toutes les autres pistes » seraient examinées.

L’attentat, qui n’a pas été revendiqué, intervient alors que l’Etat islamique (EI) a appelé à frapper la Russie après son intervention en soutien aux forces de Bashar el-Assad en Syrie, fin septembre 2015.

Quelques 600 ressortissants kirghizes ont rejoint les groupes terroristes en Irak et en Syrie, notamment au sein de l’EI, selon le ministère de l’Intérieur du Kirghizstan.

Mardi, après une nuit de choc et de recueillement, le quartier de l’attentat a retrouvé un semblant de vie, mais les événements de la veille restent présents dans les esprits alors que trois jours de deuil ont été décrétés dans l’ancienne capitale impériale.

Le drapeau russe en berne sur l'Assemblée législative de Saint-Pétersbourg après un attentat dans le métro qui a fait au moins 14 morts, le 4 avril 2017. (Crédit : Olga Maltseva/AFP)
Le drapeau russe en berne sur l’Assemblée législative de Saint-Pétersbourg après un attentat dans le métro qui a fait au moins 14 morts, le 4 avril 2017. (Crédit : Olga Maltseva/AFP)

« Bien sûr, tous le monde dans le métro ne pense qu’à ça. Ce n’est pas agréable, mais j’ai surtout peur pour mes enfants, lorsqu’ils le prennent tous seuls », raconte Svetlana Goloubeva, 45 ans, avant de prendre le métro où la présence policière a été considérablement renforcée, tout comme dans celui de Moscou.

Selon le FSB, l’explosion a eu lieu à 14h40 dans une rame circulant entre deux stations d’une ligne fréquentée qui traverse le centre-ville, Sennaïa Plochtchad et Tekhnologuitcheski Institout.

Des policiers devant une station après l'attentat du métro de Saint-Pétersbourg, le 3 avril 2017. (Crédit : Olga Maltseva/AFP)
Des policiers devant une station après l’attentat du métro de Saint-Pétersbourg, le 3 avril 2017. (Crédit : Olga Maltseva/AFP)

Les images diffusées sur les réseaux sociaux et par les télévisions russes montraient une rame de métro soufflée et de nombreux voyageurs tentant de sortir des victimes des décombres.

Peu après, une bombe artisanale avait été « découverte et désamorcée à temps » dans une autre station du centre-ville, Plochtchad Vosstaniïa.

‘Absolument horrible’

Le président Vladimir Poutine a déposé dans la soirée un bouquet de fleurs rouges devant la station où s’est immobilisée la rame visée. Il avait auparavant dirigé une réunion avec des représentants du FSB, des services de secours et du ministère de l’Intérieur.

Le président russe Vladimir Poutine dépose des fleurs en mémoire des victimes de l'attentat du métro de Saint-Pétersbourg, le 3 avril 2017. (Crédit : AFP/STR)
Le président russe Vladimir Poutine dépose des fleurs en mémoire des victimes de l’attentat du métro de Saint-Pétersbourg, le 3 avril 2017. (Crédit : AFP/STR)

Le pays n’avait pas été aussi durement touché depuis l’explosion en plein vol le 31 octobre 2015 d’un avion reliant l’Egypte à la Russie avec 224 personnes à bord, un attentat revendiqué par l’EI.

Depuis, plusieurs attaques ont touché les instables républiques russes du Caucase et les services de sécurité russes ont annoncé à plusieurs reprises avoir démantelé des cellules jihadistes s’apprêtant à frapper Moscou et Saint-Pétersbourg.

Les autorités ont annoncé le renforcement des mesures de sécurité dans le métro de Moscou et les aéroports.

La chef de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini, a envoyé ses condoléances à « tous les Russes, en particulier ceux qui ont perdu leurs proches ». Le président français François Hollande a exprimé « sa solidarité avec le peuple russe », tandis que la chancelière allemande Angela Merkel a fait part de son « effroi » face à cet « acte barbare ».

Le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné fermement un « attentat terroriste barbare et lâche ».

Le président américain Donald Trump a pour sa part dénoncé un attentat « absolument horrible ».

Il a ensuite, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue russe, assuré Poutine du « soutien total » de Washington à la réponse qu’apportera Moscou à cette attaque, selon un communiqué de la Maison Blanche.

Ils « ont convenu que le terrorisme devait être définitivement et rapidement vaincu », affirme le communiqué.

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