Rechercher

Attentat des JO de Munich : la Bavière regrette le boycott des familles israéliennes

Les familles des 11 Israéliens tués ont "décliné l'invitation" aux commémorations et demandent des "excuses publiques" pour "toutes leurs erreurs" et une "juste compensation"

Markus Söder (Crédit : Wikimedia commons/CC BY SA 3.0)
Markus Söder (Crédit : Wikimedia commons/CC BY SA 3.0)

La Bavière a déploré vendredi que les familles des victimes israéliennes de l’attentat des Jeux Olympiques de Munich aient décidé de boycotter les commémorations marquant le 50e anniversaire de la tragédie en raison d’un conflit autour des compensations.

« Nous regrettons vivement cette réponse négative », a indiqué à l’AFP un porte-parole du cabinet de Markus Söder, dirigeant de la Bavière qui organise ces cérémonies prévues le 5 septembre dans la capitale de cet Etat régional allemand.

« Des négociations continuent d’être menées avec l’objectif de parvenir à un résultat positif », a-t-il ajouté.

Dans une lettre transmise au président de la Bavière Markus Söder, et dont l’AFP a obtenu une copie jeudi, les familles des 11 Israéliens tués lors des jeux de Munich en 1972 ont indiqué « décliner l’invitation à se rendre » aux commémorations.

The 11 Israeli Munich victims.
Les onze victimes israéliennes du massacre de Munich, pendant les Jeux olympiques d’été 1972. (Credit : Avec l’aimable autorisation)

Elles réclament aux autorités allemandes des « excuses publiques » pour « toutes leurs erreurs » et leurs « mensonges » dans cette affaire, « d’ouvrir toutes » leurs archives, ainsi qu’une « juste compensation ».

Le chargé des questions de compensations aux victimes au sein du gouvernement allemand, Pascal Kober, a demandé qu’une solution soit trouvée, soulignant « la responsabilité politique » de son pays.

« L’Allemagne porte une responsabilité politique que nous devons assumer, notamment eu égard à sa relation unique avec Israël », a-t-il souligné dans le magazine Der Spiegel.

Selon le quotidien Süddeutsche Zeitung, Berlin a fait une offre de compensations de 10 millions d’euros au total, dont les 4,6 millions déjà versés en 2002, pour un nouveau total d’environ 5,4 millions d’euros pour les 23 membres directs des victimes.

Mais les familles des victimes jugent ce montant trop faible.

Le 5 septembre 1972, huit membres de l’organisation palestinienne « Septembre noir » avaient pénétré dans un appartement de la délégation israélienne au village olympique, tuant deux athlètes israéliens et prenant neuf autres membres de la délégation en otage, dans l’espoir de les échanger contre 232 prisonniers palestiniens.

L’intervention des services de sécurité allemands sur la base militaire de Fürstenfeldbruck, à une trentaine de kilomètres de Munich, s’était achevée par la mort de tous les otages, ainsi que d’un policier ouest-allemand, un dénouement sanglant pour lequel les autorités ouest-allemandes ont été tenues en partie responsables. Cinq agresseurs palestiniens ont également été abattus.

Ankie Spitzer s’exprimant lors d’une cérémonie en hommage aux victimes du massacre des J.O. de Munich, survenu en 1972, le er août 2021. (Crédit : Capture d’écran Facebook)

La porte-parole des familles des victimes, Ankie Spitzer, a indiqué à l’AFP que les autorités allemandes avaient donné leur feu vert pour les deux premières demandes mais refusaient toujours d’accorder aux familles une compensation respectant les « normes internationales ».

« Ils nous ont dit qu’ils doivent respecter ce que les victimes allemandes de terrorisme reçoivent (…) mais dans notre cas il ne s’agit pas d’une affaire locale dans laquelle le gouvernement allemand n’est pas coupable », a déclaré Spitzer.

Selon elle, les familles se sont partagées l’équivalent de trois millions d’euros à titre de « geste humanitaire ».

« Accepter la responsabilité ce n’est pas seulement des mots, cela a aussi un prix. Nous serions allés à la cérémonie s’ils avaient ouvert leur cœur et dit (…) nous nous excusons et allons vous compenser pour 50 ans d’abus », a ajouté Spitzer, qualifiant « d’insulte » l’offre allemande.

Les familles des victimes ont demandé au président israélien Isaac Herzog de boycotter les cérémonies de Munich, a ajouté la veuve d’Andrei Spitzer, entraîneur de l’équipe d’Israël d’escrime mort dans l’attentat.

« Si les familles ne voyagent pas, il ne devrait pas voyager non plus car s’il est là, même pour déposer une couronne de fleurs, cela légitimera ce comportement allemand cruel », a-t-elle ajouté.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...