Attentat rue des Rosiers: un tribunal jordanien refuse d’extrader un suspect
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Attentat rue des Rosiers: un tribunal jordanien refuse d’extrader un suspect

Ce Jordanien, d'origine palestinienne et âgé de 57 ans, est soupçonné d'avoir fait partie du commando qui a perpétré l'attentat dans le quartier juif historique de la capitale

Les secours et la police rue des Rosiers, à Paris, après un attentat qui a fait six morts et 22 blessés, le 9 août 1982. (Crédit : Jacques Demarthon/AFP)
Les secours et la police rue des Rosiers, à Paris, après un attentat qui a fait six morts et 22 blessés, le 9 août 1982. (Crédit : Jacques Demarthon/AFP)

La Cour de cassation jordanienne a rejeté la demande d’extradition vers la France d’un suspect de l’attentat de la rue des Rosiers contre un restaurant juif à Paris en 1982, qui a fait 6 morts et 22 blessés, a indiqué mardi son avocat.

« La Cour de cassation a catégoriquement refusé de faire appel de la décision de rejeter l’extradition de mon client vers la France », a indiqué à l’AFP Mazan al-Tawil, l’avocat de Nizar Tawfiq Mussa Hamada.

La Cour de cassation est la plus haute juridiction du pays.

Ce Jordanien, d’origine palestinienne et aujourd’hui âgé de 57 ans, est soupçonné d’avoir fait partie du commando qui a perpétré l’attentat dans le quartier juif historique de la capitale française, le 9 août 1982.

« Le tribunal de première instance d’Amman avait décidé en février 2016 de ne pas l’extrader, car les conditions d’extradition n’étaient pas réunies et l’affaire, remontant à 30 ans, dépassait le délai de prescription », a ajouté l’avocat.

La loi jordanienne prévoit un délai de prescription de 20 ans.

Outre le cas de M. Hamada, la justice jordanienne avait rejeté en octobre 2015 l’extradition de Souhair Mouhamed Hassan Khalid al-Abassi, alias Amjad Atta, présenté comme le cerveau de l’attentat.

En 2015, le juge français antiterroriste Marc Trévidic avait délivré quatre mandats d’arrêt contre MM. Abassi et Hamada et d’autres membres présumés du commando qui avait mené l’attentat.

L’attentat avait été attribué à un groupe terroriste palestinien dissident de l’OLP, le Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d’Abou Nidal, décédé en 2002 dans des circonstances mystérieuses. Les suspects, identifiés grâce à des témoignages anonymes, sont soupçonnés d’avoir appartenu au groupe d’Abou Nidal.

Le 9 août 1982, une grenade avait été jetée dans le restaurant de Jo Goldenberg, explosant au milieu d’une cinquantaine de clients. Deux tueurs étaient ensuite entrés, ouvrant le feu.

Composé de trois à cinq hommes armés, le commando avait ensuite remonté la rue, vidant en direction des passants les chargeurs de leurs pistolets-mitrailleurs.

Un accord d’extradition entre Amman et Paris est entré en vigueur en août 2015. La Jordanie n’accepte que très rarement d’extrader ses citoyens vers d’autres pays.

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