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Au Likud, Danny Danon s’apprête à défier Netanyahu et sa popularité déclinante

Le parti préparerait une motion de censure contre le Premier ministre et si des personnalités paraissent intéressées à l'idée de prendre la tête du Likud, l'ex-envoyé à l'ONU semble favori

Shalom Yerushalmi

Shalom Yerushalmi est analyste politique pour Zman Israël, le site en hébreu du Times of Israël sur l'actualité israélienne.

Le chef de l'opposition Yair Lapid et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, lors d'une séance plénière à la Knesset, le 16 octobre 2023. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
Le chef de l'opposition Yair Lapid et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, lors d'une séance plénière à la Knesset, le 16 octobre 2023. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Les membres du parti du Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu sont inquiets. En effet, ils craignent que si le chef du gouvernement ne présente pas sa démission à la fin de la guerre qui oppose actuellement Israël au groupe terroriste du Hamas, dans la bande de Gaza, les électeurs n’en tirent les leçons en écartant la formation du gouvernement au cours des prochaines décennies à venir – ce qui mettrait, dans les faits, un terme à leur carrière politique.

Dimanche, David Amsalem, ministre subalterne au sein du ministère de la Justice, a été le premier membre de la formation au pouvoir à exprimer ouvertement cette préoccupation, avertissant, au cours d’une réunion de la faction, que « si le Likud échoue aux élections, il ne reviendra pas au pouvoir pendant 20 ans ».

S’exprimant auprès de Zman Yisrael, le site d’information hébréophone du Times of Israel, un député du Likud a confirmé qu’Amsalem n’était pas le seul à avoir ce sentiment.

« Amsalem a raison », a indiqué le parlementaire qui a demandé à parler sous couvert d’anonymat. « Si Netanyahu reste à la tête du Likud, nous allons nous effondrer et nous ne reviendrons plus au pouvoir pendant quatre décennies ».

Les paroles prononcées par Amsalem – qui s’est aussi laissé aller à des mises en garde face à une éventuelle prise de pouvoir de « la gauche bolchévique » si le Likud devait flancher dans les urnes – a ravivé l’opposition interne au leadership de Netanyahu, entraînant un renforcement de la coordination entre plusieurs dissidents du parti qui, dans le passé, ne partageaient pas forcément les mêmes points de vue.

Pour les opposants à Netanyahu au sein du Likud, l’objectif est avant tout de faire adopter « une motion de censure constructive » à son encontre avec le soutien de 61 membres de la Knesset issus à la fois de la coalition et de l’opposition.

Un tel vote écarterait le Premier ministre du gouvernement sans pour autant l’exclure de son parti et il pourrait ainsi former une coalition alternative placée sous la direction d’un Premier ministre différent. Pour l’heure, plusieurs députés œuvrent à glaner des soutiens pour ce plan.

Il faudrait, pour que l’idée réussisse, que dix membres du Likud se prononcent en sa faveur et qu’ils se rallient à l’initiative – ce que de nombreuses personnes considèrent comme extrêmement improbable.

Parmi ceux qui espèrent remplacer Netanyahu maintenant et dans un avenir proche, il y a Nir Barkat, le ministre de l’Économie. Dans des conversations privées avec des députés variés, il a présenté des sondages détaillés qui indiquent que s’il devait prendre la barre du Likud, la formation remporterait jusqu’à 25 sièges à la Knesset aux prochaines élections.

Le ministre de l’Economie Nir Barkat lors d’une réunion avec des chefs du secteur des affaires en Israël à Tel Aviv, le 23 octobre 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Si le Likud occupe 32 sièges à la Knesset actuellement, de récents sondages ont révélé qu’il pourrait tomber à 18 sièges si Netanyahu devait rester son dirigeant.

Barkat a publiquement fait part de son mécontentement face au leadership du Premier ministre, ces dernières semaines, et il a annoncé qu’il ne voterait pas en faveur du budget adopté par le gouvernement dans le cadre de la guerre pour la fin de l’année 2023 lorsque ce dernier sera présenté à la Knesset, mercredi – à moins qu’une somme de 250 millions de shekels soit accordée à son bureau pour venir en aide aux entreprises situées dans les zones frontalières du nord et du sud du pays, en proie actuellement à d’énormes difficultés.

Néanmoins, si Barkat bénéficie du soutien de certains fonctionnaires et autres officiels, il lui manque un bloc solide de partisans au sein du parti, ce qui rend improbable la possibilité qu’il puisse trouver des partenaires pour l’appuyer s’il devait défier Netanyahu.

Le député Yuli Edelstein espère, lui aussi, être choisi comme nouveau chef si Netanyahu devait être écarté – mais ce n’est pas autour de lui que les membres de la formation se rassemblent. En effet, toute la besogne, au sein du Likud, se concentre autour de deux personnalités : les députés David Bitan et Danny Danon.

Les deux hommes politiques tenteraient, séparément et ensemble, de rallier les membres de la Knesset en vue de l’adoption d’une motion de censure constructive.

En plus d’essayer de convaincre les membres de la coalition de se rassembler contre Netanyahu, Bitan s’est engagé dans des discussions avec l’opposition et en particulier avec le chef de cette dernière, Yair Lapid, qui a déjà fait allusion à des pourparlers avec « des responsables du Likud ».

Le chef de l’opposition Yair Lapid et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, lors d’une séance plénière à la Knesset, le 16 octobre 2023. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Danon, ancien ambassadeur israélien aux Nations unies, a toujours été considéré comme un opposant au sein de la formation et il n’hésite jamais à faire part de positionnements qui, s’ils sont résolument de droite, conservent une certaine indépendance par rapport à la ligne du parti.

Suite à l’assaut perpétré par le Hamas, le 7 octobre, Danon a été l’un des seuls parlementaires du Likud à critiquer ouvertement le gouvernement et Netanyahu lors de ses apparitions dans les médias.

Au cours de la réunion de faction de dimanche, il s’en est pris à Netanyahu, l’accusant de se montrer trop hésitant dans la guerre contre le Hamas et d’avoir été incapable d’utiliser toute la puissance israélienne contre le groupe terroriste dans le sillage du 7 octobre, quand des milliers d’hommes armés avaient franchi la frontière qui sépare l’État juif et Gaza et qu’ils avaient semé la désolation dans le sud d’Israël, tuant plus de 1200 personnes et prenant plus de 240 personnes en otage.

« Si Naftali Bennett était encore Premier ministre – et là, cela fait deux mois que nous sommes en guerre – nous l’aurions attaqué pour ses avancées limitées », s’est emporté Danon.

Danon s’était déjà présenté au poste de leader du Likud en 2014 – il avait affronté Netanyahu, alors indéboulonnable – et il avait remporté 30 % des votes. Aujourd’hui, presque une décennie plus tard, il apparaît clairement qu’il se prépare à lui faire face encore une fois si le parti devait organiser des Primaires au lendemain de la guerre.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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