Au moins deux pays établiront des liens avec Israël d’ici janvier – Ron Dermer
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Au moins deux pays établiront des liens avec Israël d’ici janvier – Ron Dermer

L'ambassadeur israélien aux USA, qui va quitter son poste, dit que le point fort de son mandat aura été le discours de Netanyahu devant le Congrès sur l'accord nucléaire iranien

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

L'ambassadeur d'Israël aux États-Unis Ron Dermer prend la parole lors d'une réception à l'occasion de Hanoukka à la résidence de l'ambassadeur de Pologne à Washington, Piotr Wilczek, le 3 décembre 2018 (Capture d'écran : facebook.com/ambdermermer)
L'ambassadeur d'Israël aux États-Unis Ron Dermer prend la parole lors d'une réception à l'occasion de Hanoukka à la résidence de l'ambassadeur de Pologne à Washington, Piotr Wilczek, le 3 décembre 2018 (Capture d'écran : facebook.com/ambdermermer)

L’ambassadeur israélien aux Etats-Unis, Ron Dermer, a prédit vendredi qu’au moins deux Etats arabes suivraient l’exemple donné par les Emirats arabes unis et Bahreïn en normalisant leurs liens avec l’Etat juif au cours des prochains mois.

Dans une interview accordée au site d’information Jewish Insider, Dermer a déclaré que l’Etat juif « signera au moins deux traités de paix supplémentaires » avant l’expiration de son mandat d’ambassadeur en date du 21 janvier – un poste qu’il a occupé pendant sept ans.

Des officiels américains, notamment le président Donald Trump et son conseiller Jared Kushner, ont également dit s’attendre à ce que d’autres nations arabes normalisent leurs relations avec Israël dans un proche avenir.

Dermer a précisé que la signature des accords de paix, cette semaine, avait marqué l’apogée d’années de travail de la part du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

L’ambassadeur américain s’est souvenu de l’époque où il avait, pour la première fois, occupé les fonctions de conseiller du Premier ministre, il y a presque vingt ans, racontant que Netanyahu lui avait montré les images d’un discours dans lequel il mettait en exergue sa vision de « la paix à travers la force ».

« Voir cette trajectoire arriver à destination plus de vingt ans après – malgré un grand nombre de critiques, de cynisme et d’opposition – je pense que c’est très gratifiant », a continué Dermer.

Il a expliqué qu’au fil des années, Netanyahu a été « la voix esseulée, comme perdue dans le désert » à œuvrer ouvertement à la réalisation de ces accords qui ont finalement vu le jour cette semaine.

Ron Dermer (droite) et Barack Obama. (Crédit : Twitter/ Amb. Ron Dermer)

Dermer a supposé que les accords de normalisation auraient pu se conclure plus tôt « s’il y avait eu une plus grande compréhension et reconnaissance parmi les décisionnaires politiques et s’ils avaient compris l’opportunité qui se présentait », une pique apparente lancée à l’administration de l’ex-président américain Barack Obama.

« Beaucoup de gens ont dit : ‘Eh bien, il parle de ça seulement parce qu’il ne veut pas négocier avec les Palestiniens' », a poursuivi Dermer, en réponse à une séquence diffusée récemment montrant le secrétaire d’Etat américain John Kerry, en 2016, disant qu’Israël ne pourrait pas normaliser ses relations avec les Etats arabes sans faire au préalable la paix avec les Palestiniens.

« Mais bien sûr, c’était réel », a continué Dermer.

« Nous sommes parvenus à former un noyau relationnel avec un tout petit nombre de personnes… C’est ainsi que nous avons réussi », a-t-il dit, évoquant sa propre stratégie à Washington.

Dermer s’est dit optimiste concernant le fait que le traité de paix signé entraînera une « paix plus chaleureuse » que cela n’avait été le cas suite aux accords conclus avec l’Egypte et la Jordanie. « Il y a de nombreuses forces dans ces sociétés – des forces politiques, économiques et culturelles – qui luttent contre un tel état de fait. C’est quelque chose que je ne constate pas aux Emirats arabes unis », a-t-il commenté.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) avec l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis Ron Dermer, à la maison d’hôtes du président, à Washington, le 14 février 2017. (Avi Ohayon/GPO)

Peu d’affection pour Obama

Il a repris à son compte des propos tenus par des responsables de Trump, ces derniers jours, en affirmant que les derniers événements en date pouvaient marquer « le début de la fin du conflit arabo-palestinien ».

Et, concernant les Palestiniens, Dermer a admis que les Etats arabes qui ont fait la paix avec Israël pourraient ne pas être en mesure de trouver une solution au conflit mais que « ceux qui rejettent toute forme de compromis ou toute idée de paix avec Israël sont aujourd’hui complètement affaiblis ».

Lançant une nouvelle pique à Obama, Dermer, a affirmé qu’une « théorie » en cours dans l’administration américaine avait été que laisser passer « la lumière du jour » entre les Etats-Unis et l’Etat juif « entraînerait des résultats ».

L’ambassadeur a souligné la manière dont les derniers accords ont été conclus – à l’issue d’une série de gestes de Trump à l’égard d’Israël, avec sa reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’Etat juif, le transfert de son ambassade dans la Ville Sainte, la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan et le dévoilement « d’un traité de paix avec lequel Israël peut tout à fait vivre ».

Il a rejeté les critiques qui ont pu dire que de telles initiatives n’avaient pu qu’éloigner toute perspective de paix, ajoutant que ces politiques « ont aidé à renforcer Israël et ont ancré notre légitimité dans la région ».

« Je pense que les chances de voir se réaliser une paix israélo-palestinienne sont devenues finalement bien plus importantes. Je ne peux pas vous dire s’ils se décideront à traverser ce Rubicon, mais les chances qu’ils le fassent sont bien plus grandes. »

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry (à gauche) et l’ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis Ron Dermer après la signature de l’accord d’aide militaire israélo-américain au département d’Etat, le 14 septembre 2016. (Crédit : Ambassade israélienne à Washington)

Sur le gel de l’annexion

Interrogé sur la décision prise par Netanyahu de renoncer à son plan d’annexion de certains territoires de la Cisjordanie dans le cadre de l’accord de normalisation conclu avec les EAU, Dermer a déclaré que cette initiative avait résulté d’un compromis avec l’administration Trump.

Le Times of Israël avait rapporté que l’administration Trump s’était engagée auprès des EAU, au cours des négociations de normalisation, à ne pas reconnaître une annexion israélienne avant – au plus tôt – 2024.

« Ce que nous avons dit dès le départ… C’est que nous mettrions ce projet en vigueur exclusivement avec le soutien des Etats-Unis », a dit Dermer.

Lorsque l’administration Trump s’est rapprochée d’Israël en lui offrant l’opportunité de conclure un accord de normalisation, Netanyahu, a raconté Dermer, a été dans l’obligation de prendre une décision : soit aller « à l’encontre du souhait des Etats-Unis, en se lançant sans leur soutien en quelque sorte tête baissée dans l’initiative », soit « saisir cette opportunité historique en s’alignant aux côtés des Etats-Unis et en signant un traité de paix avec les Emirats, puis un autre, puis encore un autre… puis, avec un peu de chance, commencer à pouvoir mettre un terme au conflit israélo-palestinien ».

« Et je pense qu’il a pris la bonne décision, celle au nom de l’intérêt du pays », a confié Dermer au Jewish Insider.

L’ambassadeur américain aux Etats-Unis s’est enorgueilli du fait que les membres du Congrès des deux bords ont exprimé leur soutien aux accords récents de normalisation, exprimant l’espoir qu’ils continueraient « indépendamment de ceux qui seront désignés par les Américains pour la prochaine administration ».

Le président américain Donald Trump (à gauche) se tourne pour donner un stylo au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (au centre) à la Maison Blanche à Washington, le 25 mars 2019, après avoir signé le décret officiel reconnaissant formellement la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan. De gauche à droite : Jared Kushner, conseiller de la Maison Blanche, Jason Greenblatt, envoyé spécial des États-Unis, David Friedman, ambassadeur des États-Unis en Israël, Ron Dermer, ambassadeur d’Israël aux États-Unis et Mike Pompeo, secrétaire d’État. (AP/Susan Walsh)

Le point fort de la carrière d’un ambassadeur israélien à Washington

Interrogé sur le moment le plus fort de son mandat passé à Washington, Dermer a rapidement évoqué le discours prononcé en 2015 par Netanyahu devant le Congrès, dans lequel il avait mis en garde contre l’accord sur le nucléaire avec l’Iran sur lequel travaillait l’administration Obama.

Dermer avait été impliqué dans une grande partie du travail en coulisses qui avait mené à cette allocution du Premier ministre israélien, parvenant à la garder secrète et à maintenir les responsables de l’administration Obama dans l’ignorance de ce qui se préparait.

L’ambassadeur a fait référence au discours en évoquant « l’un des moments critiques ayant le plus contribué à l’avancée réalisée » avec les Etats du Golfe – dont un grand nombre partagent la même animosité qu’Israël à l’encontre de Téhéran.

Dermer s’est souvenu avoir dit, à l’époque, que « d’ici dix ou vingt ans, les gens parleront d’une brèche faite au protocole dans le cadre d’un discours, parce qu’à ce moment-là, j’ai la certitude que l’Iran n’aura jamais été en mesure de développer une arme nucléaire ».

« J’ai le sentiment que la relation entre Israël et les Etats-Unis est meilleure que lorsque je suis arrivé et j’ai la conviction que mon successeur l’amènera encore à un niveau supérieur parce que nous nous trouvons dans cette trajectoire ascendante formidable et que je suis sûr qu’il va faire un travail fantastique », a-t-il continué.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant le Congrès des Etats-Unis, à Washington, le 3 mars 2015. (Crédit : Amos Ben Gershom/Flash90/GPO)
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