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Au moins trois morts dans des manifestations au Kurdistan iranien

Les forces gouvernementales ont réprimé des manifestations qui ont eu lieu à travers le pays pour rendre hommage aux victimes de la répression meurtrière de novembre 2019

Au moins trois protestataires ont été tués par les forces gouvernementales au Kurdistan iranien, selon une ONG, lors de manifestations ont eu lieu à travers le pays pour rendre hommage aux victimes de la répression meurtrière de novembre 2019, le 15 novembre 2022. (Capture d'écran Twtter)
Au moins trois protestataires ont été tués par les forces gouvernementales au Kurdistan iranien, selon une ONG, lors de manifestations ont eu lieu à travers le pays pour rendre hommage aux victimes de la répression meurtrière de novembre 2019, le 15 novembre 2022. (Capture d'écran Twtter)

Au moins trois protestataires ont été tués mardi par les forces gouvernementales au Kurdistan iranien, selon une ONG, alors que des manifestations ont eu lieu à travers le pays pour rendre hommage aux victimes de la répression meurtrière de novembre 2019 liée à une hausse du prix du carburant.

Un mouvement de protestation, réprimé lui aussi, secoue la République islamique depuis la mort, il y a deux mois, de Mahsa Amini, une femme de 22 ans originaire du Kurdistan iranien arrêtée pour infraction au code vestimentaire strict qui oblige les femmes à porter le voile islamique en public.

« Les forces du gouvernement ont ouvert le feu (sur des manifestants) dans la plupart des villes où ont eu lieu des insurrections, comme à Sanandaj, Kamyaran et Kermanshah », dans le nord-ouest du pays, a déclaré à l’AFP l’ONG de défense des droits Hengaw, basée à Oslo.

« Trois personnes ont été tuées jusqu’ici, deux à Sanandaj et une à Kamyaran » par des tirs directs des forces du gouvernement, a fait savoir l’ONG, ajoutant qu’elle essayait de confirmer des informations sur la mort d’autres personnes.

A Téhéran, des manifestants ont bloqué un grand rond-point, scandant « Liberté, liberté », selon des vidéos vérifiées par l’AFP.

Alors que la nuit tombait, certains se sont réunis autour de feux, scandant « Mort au dictateur », un slogan visant le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, selon une vidéo publiée par le média en ligne 1500tasvir.

Des gens ont défilé dans d’autres villes, notamment Bandar Abbas (sud) et Chiraz (sud), où l’on a vu des femmes en train de brandir leur foulard au-dessus de leur tête.

Un appel à la grève avait été aussi lancé dans le pays.

Des magasins ont fermé dans le Grand Bazar de Téhéran, ainsi que dans les villes de Kerman (sud-est), Mahabad (nord-ouest), Chiraz et Yazd (centre), selon des vidéos publiées par 1500tasvir.

L’agence iranienne Mehr a fait état de la fermeture de la majorité des magasins dans le Grand Bazar, mais a cité un employé disant qu’ils avaient fermé après que des manifestants « ont menacé de (les) brûler ».

Un porte-parole de la police a affirmé que 11 personnes avaient été arrêtées pour avoir « menacé » des commerçants au Grand Bazar dont ils voulaient qu’ils ferment leurs boutiques, dans des déclarations à la télévision d’Etat.

Selon Hengaw, des arrêts de travail ont été observés dans la majeure partie du Kurdistan.

L’appel à manifester mardi a été lancé pour marquer le troisième anniversaire du début des manifestations déclenchées en novembre 2019 par la hausse des prix du carburant, à l’origine de violences sanglantes dans de nombreuses villes du pays. Des postes de police avaient été attaqués, des magasins pillés, des banques et des stations-service incendiées.

Selon Amnesty International, au moins 304 personnes avaient été tuées au cours de ces violences. Et d’après les témoignages d’experts rapportés fin septembre devant un tribunal de Londres, le nombre de morts a même pu atteindre 1.515.

Depuis la colère déclenchée par la mort de Mahsa Amini le 16 septembre, les manifestations en Iran se sont multipliées puis transformées en un vaste mouvement contre le régime qui dirige le pays depuis la Révolution islamique de 1979.

Nouvelles sanctions

Au moins 326 manifestants ont été tués dans la répression du mouvement, selon un bilan établi samedi par Iran Human Rights (IHR), une ONG basée à Oslo.

Ce chiffre comprend au moins 123 personnes tuées depuis le 30 septembre dans la province du Sistan-Baloutchistan (sud-est), après des manifestations provoquées par le viol présumé d’une jeune fille par un policier.

Les actions de protestation ne montrent aucun signe d’apaisement malgré la violente répression face à des manifestants largement pacifiques, selon des ONG de défense des droits humains, et une campagne d’arrestations massives incluant des militants, des journalistes et des avocats.

Illustration : Une moto de Basic, milice paramilitaire iranienne, incendiée lors d’une manifestation après la mort de Mahsa Amini, suite à une détention par la police des mœurs, à Téhéran, le 10 octobre 2022. (Crédit : AP Photo/Middle East Images)

Parmi eux figure Hossein Ronaghi, défenseur de la liberté d’expression en grève de la faim, hospitalisé dimanche puis retourné en prison lundi soir après l’amélioration de son état de santé.

Le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU a réclamé mardi la libération « immédiate » des milliers de personnes arrêtées pour avoir participé aux manifestations et dénoncé des peines de plus en plus sévères, comme une récente condamnation à la peine de mort d’un manifestant.

Lundi, l’Union européenne avait annoncé de nouvelles sanctions visant 29 responsables iraniens parmi lesquels le ministre de l’Intérieur, Ahmad Vahidi, et trois institutions, notamment la chaîne publique Press TV, accusée d’avoir diffusé « les aveux forcés » de détenus après la répression de manifestations contre la mort de Mahsa Amini.

L’Iran a vivement critiqué mardi ces nouvelles sanctions et annoncé qu’il se réservait le droit d’y répondre « avec force ».

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