Au Musée des Terres de la Bible à Jérusalem, une belle expo sur les oiseaux
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Au Musée des Terres de la Bible à Jérusalem, une belle expo sur les oiseaux

Vous découvrirez comment les oiseaux de l'Antiquité étaient craints, vénérés ou simplement intégrés au quotidien ; les enfants profiteront également d'une aire de jeu interactive

  • Les enfants peuvent participer à une variété de projets interactifs à l'exposition "Early Birds" du Musée des Terres de la Bible. (Shmuel Bar-Am)
    Les enfants peuvent participer à une variété de projets interactifs à l'exposition "Early Birds" du Musée des Terres de la Bible. (Shmuel Bar-Am)
  • Une amphore grecque ancienne avec deux coqs exposée à l'exposition "Early Birds" du Bible Lands Museum. (Shmuel Bar-Am)
    Une amphore grecque ancienne avec deux coqs exposée à l'exposition "Early Birds" du Bible Lands Museum. (Shmuel Bar-Am)
  • Une maquette de bateau antique avec des oiseaux sur les côtés, exposée au Musée des Terres de la Bible dans le cadre de l'exposition "Early Birds". (Shmuel Bar-Am)
    Une maquette de bateau antique avec des oiseaux sur les côtés, exposée au Musée des Terres de la Bible dans le cadre de l'exposition "Early Birds". (Shmuel Bar-Am)
  • Un espace interactif pour les enfants à l'exposition "Early Birds" du Musée des Terres de la Bible. (Shmuel Bar-Am)
    Un espace interactif pour les enfants à l'exposition "Early Birds" du Musée des Terres de la Bible. (Shmuel Bar-Am)
  • Cet ancien sarcophage égyptien pour une momie de maïs avec une tête de faucon est exposé à l'exposition "Early Birds" du Bible Lands Museum. (Shmuel Bar-Am)
    Cet ancien sarcophage égyptien pour une momie de maïs avec une tête de faucon est exposé à l'exposition "Early Birds" du Bible Lands Museum. (Shmuel Bar-Am)
  • Les enfants peuvent participer à une variété de projets interactifs à l'exposition "Early Birds" du Bible Lands Museum. (Shmuel Bar-Am)
    Les enfants peuvent participer à une variété de projets interactifs à l'exposition "Early Birds" du Bible Lands Museum. (Shmuel Bar-Am)
  • La section "ciel" de l'exposition "Early Birds" du Musée des Terres de la Bible. (Shmuel Bar-Am)


Poids antique d'Iran à l'exposition "Early Birds" du Musée des Terres de la Bible. (Shmuel Bar-Am)
    La section "ciel" de l'exposition "Early Birds" du Musée des Terres de la Bible. (Shmuel Bar-Am) Poids antique d'Iran à l'exposition "Early Birds" du Musée des Terres de la Bible. (Shmuel Bar-Am)
  • Un krater iranien à l'exposition "Early Birds" du Bible Lands Museum. (Shmuel Bar-Am)
    Un krater iranien à l'exposition "Early Birds" du Bible Lands Museum. (Shmuel Bar-Am)
  • Poids antique d'Iran à l'exposition "Early Birds" du Musée des Terres de la Bible. (Shmuel Bar-Am)
    Poids antique d'Iran à l'exposition "Early Birds" du Musée des Terres de la Bible. (Shmuel Bar-Am)
  • Un montant de porte de l'Egypte ancienne utilise un hiéroglyphe de canard pour le mot "fils". Il est exposé à l'exposition "Early Birds" du Musée des Terres de la Bible. (Shmuel Bar-Am)
    Un montant de porte de l'Egypte ancienne utilise un hiéroglyphe de canard pour le mot "fils". Il est exposé à l'exposition "Early Birds" du Musée des Terres de la Bible. (Shmuel Bar-Am)
  • Une broche italienne de 2 600 ans représentant une famille de canards attaquée par un prédateur, exposée au Musée des Terres de la Bible dans le cadre de l'exposition "Early Birds". (Shmuel Bar-Am)
    Une broche italienne de 2 600 ans représentant une famille de canards attaquée par un prédateur, exposée au Musée des Terres de la Bible dans le cadre de l'exposition "Early Birds". (Shmuel Bar-Am)
  • Un ibis dans la cour de l'exposition "Early Birds" du Bible Lands Museum. (Shmuel Bar-Am)
    Un ibis dans la cour de l'exposition "Early Birds" du Bible Lands Museum. (Shmuel Bar-Am)

En l’an 390 avant notre ère, les Gaulois avaient envahi le nord de l’Italie. Ils avaient vaincu l’armée romaine à plusieurs reprises, pour finalement brûler et mettre à sac la ville de Rome elle-même. Ils s’étaient ensuite dirigés vers le Capitole, où se trouvait le temple de Jupiter – l’épicentre de l’Empire romain.

Incapables de prendre la colline en plein jour, les Gaulois avaient attendu la nuit et ils avaient escaladé furtivement les murs. Même les chiens n’avaient pas prêté garde aux envahisseurs – les oies du temple, pour leur part, avaient fait tellement de bruit avec leur caquetage qu’elles avaient réveillé les gardes. Les Gaulois avaient été repoussés et, selon la légende, les oies de Rome avaient sauvé la situation.

Aujourd’hui, les visiteurs du Musée des Terres de la Bible de Jérusalem peuvent avoir un aperçu fascinant de la façon dont les êtres humains ont considéré les oiseaux au fil des âges dans « Early Birds : Soaring With the Ancients », la dernière exposition du musée. Ouverte à la fin du mois dernier, l’exposition durera jusqu’à la fin du mois d’avril 2022.

Des objets liés aux oiseaux dans le ciel, sur terre, dans l’eau et même outre-tombe – pays mythique des morts – sont exposés sur des plates-formes en forme d’ailes. Des fresques romaines originales sur le thème des oiseaux sont installées sur les murs extérieurs, tandis que de magnifiques mosaïques de l’époque byzantine présentent à la curiosité des visiteurs quatre espèces ornithologiques. Une bande sonore diffusant le chant apaisant des oiseaux (ainsi que les caquetages susmentionnés) ajoute à l’atmosphère aviaire.

Dans la mythologie grecque, Zeus – le dieu du ciel et du tonnerre, et père de tous les dieux et de tous les hommes – est souvent symbolisé par un aigle, comme on peut le voir sur certaines des pièces de monnaie présentées. Sur une pierre romaine frappée au 3e siècle de notre ère, un Jules César mort dont l’âme est transportée par un aigle vers les cieux.

Parmi les fresques murales de l’époque romaine, notre préférée représente Zeus qui apparaît sous la forme d’un aigle portant un jeune garçon. Selon la légende, il était tombé amoureux d’un garçon nommé Ganymède, l’avait enlevé et l’avait porté jusqu’au mont Olympe pour devenir l’échanson des dieux – et l’amant de Zeus. La fresque date de l’an 60 de l’ère commune – soit 10 ans avant la chute du second Temple de Jérusalem.

La section « Eau » de l’exposition « Early Birds » du Musée des Terres de la Bible. (Shmuel Bar-Am

Une figurine en bronze vieille de 2 400 ans, découverte en Mongolie, était probablement posée sur le casque d’un guerrier et, d’après sa grande envergure, elle a été créée sur le modèle du martinet noir. Bien que l’origine géographique de la figurine se situe bien au-delà des lieux qui ont été décrits dans la Bible, elle reste liée à Israël, puisque le martinet est l’un des plus de 500 millions d’oiseaux migrateurs qui traversent l’État juif chaque année.

Pendant environ 3 000 ans, le dieu Horus à tête de faucon a été le symbole de l’Égypte. Encore populaire aujourd’hui, Horus apparaît sur les avions égyptiens et son image figure souvent dans les hôtels égyptiens. Amazon vend même des housses de meubles à l’effigie de Horus et de sa fameuse tête de faucon. Des momies de faucons étaient offertes à Horus dans les temples par les fidèles qui espéraient que le dieu répondrait à leurs prières – il n’est donc pas surprenant que des millions de momies de faucons remplissent les tombes égyptiennes.

Parfois, des momies d’autres rapaces – qui comme les éperviers ou les autours, appartiennent à la famille des Hawks, des oiseaux de proie qui ressemblent beaucoup au faucon – ont pu être utilisés en substitut. Une momie de ce type est exposée au Musée des terres bibliques. Les chercheurs ont passé l’oiseau momifié aux rayons X pour déterminer s’il s’agissait d’un faucon ou d’un hawk, et ses longues pattes les ont amenés à conclure qu’il s’agissait d’un hawk.

Cet ancien sarcophage égyptien pour une momie de maïs avec une tête de faucon est exposé à l’exposition « Early Birds » du Bible Lands Museum. (Shmuel Bar-Am)

Les Égyptiens de l’Antiquité nourrissaient une obsession pour la mort et les rituels d’inhumation et certaines de leurs momies n’étaient ni des oiseaux, ni des êtres humains. Un autre artefact exposé est le couvercle d’un sarcophage contenant une momie de maïs. Dans l’Égypte ancienne, le maïs était enveloppé de manière à représenter le dieu Osiris, roi du monde souterrain. La tête du couvercle du sarcophage a la forme d’un faucon, et des faucons couronnés sont représentés sur ses épaules.

Une plume d’autruche en cuivre doré, exposée, fait référence à Maat, déesse égyptienne de la vérité et de la justice. Dans l’Antiquité, les défunts étaient jugés d’après le poids de leur cœur : si leur cœur était plus léger qu’une plume, ils montaient au ciel, mais malheur à celui ou celle dont le cœur était trop lourd.

L’eau et les oiseaux aquatiques étaient au cœur des récits égyptiens de la création. L’un de ces récits parle d’un oiseau divin appelé Bennu, probablement un héron gris, dont le cri avait brisé le silence primitif de la non-existence et annoncé la création du monde. L’exposition est l’occasion de découvrir une amulette en forme de cœur datant des 15e-13e siècles avant notre ère et représentant Bennu.

Un montant de porte de l’Egypte ancienne utilise un hiéroglyphe de canard pour le mot « fils ». Il est exposé à l’exposition « Early Birds » du Musée des Terres de la Bible. (Shmuel Bar-Am)

Un mur de la section de l’exposition consacrée à l’eau présente un montant de porte égyptien – similaire à ce que la Bible appelle mezuzah. Au fil du temps, ce mot a fini par désigner la petite boîte contenant des passages bibliques que les Juifs du monde entier placent sur les montants de porte. Ce montant de porte provient d’Égypte et porte le nom royal de Ramsès II, le grand pharaon du 13e siècle avant notre ère, avec le titre de « fils du dieu Rê ». Le mot pour « fils » est représenté par un hiéroglyphe de canard.

Il y a 2 600 ans, une femme vivant en Italie avait porté une magnifique broche en or qui est aujourd’hui également exposée. Elle représente une famille de canards dont la canne est attaquée, probablement par une loutre. A voir aussi, des modèles de bateaux de Sardaigne décorés de canards, et, tout à côté, des masses en forme de canard de Mésopotamie. Ces masses peuvent être liées à la déesse mésopotamienne Nanshe, déesse des poids et mesures, et qui a été représentée avec des canards sur une plaque d’argile du 21e siècle avant notre ère.

Une broche italienne de 2 600 ans représentant une famille de canards attaquée par un prédateur, exposée au Musée des Terres de la Bible dans le cadre de l’exposition « Early Birds ». (Shmuel Bar-Am)

Les poules et les coqs avaient été domestiqués en Asie du Sud-Est il y a environ 8 000 ans et ils avaient atteint la Mésopotamie 4 000 ans plus tard. À l’époque, les oiseaux n’étaient pas principalement utilisés pour nourrir les hommes mais ils étaient plutôt utilisés dans les combats de coqs. L’exposition présente un cachet phénicien du 9e siècle avant l’ère commune qui avait été découvert au Liban, représentant deux coqs en position de combat.

Le Talmud affirme que l’élevage de poulets et de coqs à Jérusalem était interdit pendant la période du Second Temple. Néanmoins, il est certain que l’on y trouvait des coqs, car dans les Évangiles – lorsque Pierre nie être l’un des disciples de Jésus – « à ce moment-là, un coq se mit à chanter » (Jean 18, 27). En raison du repentir ultérieur de Pierre, la tradition chrétienne a commencé à associer les coqs à l’expiation.

Un krater iranien à l’exposition « Early Birds » du Bible Lands Museum. (Shmuel Bar-Am)

Parmi les autres artéfacts précieux à découvrir, citons un flacon de parfum italien vieux de 1 500 ans dont le couvercle a la forme d’un coq, une amphore grecque colorée datant de la même époque et représentant deux coqs, et un krater iranien du XVIe siècle avant l’ère commune – un type de récipient originaire de la Grèce antique utilisé pour diluer le vin dans l’eau – qui est décoré d’images d’oiseaux.

Les hiboux ont également leur place dans l’exposition. Si nous les considérons aujourd’hui comme des symboles de sagesse, les anciens Mésopotamiens les voyaient comme des présages de mort.

En revanche, la dernière section de l’exposition est consacrée à la colombe de la paix. Si, dans le mythe mésopotamien du déluge, c’est le corbeau qui apporte la preuve que les eaux se sont retirées, c’est la colombe qui tient la vedette dans la version biblique du récit et, en fait, dans la plupart des récits du déluge. La colombe est si fortement liée à la notion de paix que Picasso l’a adoptée comme thème pour la lithographie qu’il a présentée à la première conférence internationale de la paix en 1949.

Un espace interactif pour les enfants à l’exposition « Early Birds » du Musée des Terres de la Bible. (Shmuel Bar-Am)

Les visiteurs peuvent parcourir l’exposition avec des écouteurs, prendre part à une visite guidée en groupe ou simplement se reporter aux explications complètes qui figurent près de chaque objet présenté. Dans la cour du musée se trouve un centre d’activités créé en partenariat avec le Keren Kayemeth LeIsrael – Fonds national juif. Les tout-petits et les plus grands peuvent passer un moment fantastique dans un énorme nid improvisé avec une grande variété de jeux, des énigmes qui les font entrer et sortir de l’exposition principale, des costumes pour se déguiser et des chaussures en forme de patte d’oiseau pour faire des traces dans le sable.

Un ibis dans la cour de l’exposition « Early Birds » du Bible Lands Museum. (Shmuel Bar-Am)

Des modèles d’oiseaux plus vrais que nature sont dispersés sur des piliers, dans des arbres, sur le sol et derrière des murs qui arborent des fenêtres transparentes. Et avec un peu de chance, en regardant à travers les fenêtres, on peut même apercevoir un véritable oiseau.

Nous remercions le Dr Yigal Bloch, conservateur du musée, qui nous a servi de guide lors de l’exposition.

Les informations concernant les prix, les heures d’ouverture et les règles sanitaires sont disponibles sur le site web du musée.

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