Australie : interpellation d’un nouveau suspect de l’incendie criminel d’une synagogue de Melbourne
Un homme de 20 ans a été inculpé pour l'attentat à la bombe incendiaire perpétré en décembre dernier contre la synagogue Adass - un tournant pour la communauté juive australienne

La police australienne a annoncé l’arrestation d’une deuxième personne soupçonnée d’avoir pris part à l’incendie criminel contre la synagogue Adass Israel de Melbourne, en décembre dernier, qui a placé sous les projecteurs internationaux l’antisémitisme qui a gagné l’Australie.
Un homme de 20 ans originaire de Meadow Heights a donc été arrêté à la mi-août par le service conjoint de lutte contre le terrorisme de l’État de Victoria (JCTT) pour son rôle présumé dans l’attentat à la bombe incendiaire, qui a blessé deux personnes et détruit une grande partie des bâtiments. La police a annoncé l’arrestation jeudi dernier, lorsque l’homme a été accusé d’incendie criminel, conduite mettant la vie en danger et vol d’un véhicule à moteur.
Le chef d’incendie criminel est passible d’une peine maximale de 15 ans de prison et les deux autres, d’une peine maximale de 10 ans, ont indiqué la police fédérale australienne, la police de Victoria et l’Australian Security Intelligence Organisation par voie de communiqué conjoint.
Il s’agit de la seconde arrestation liée à cet incident, après qu’un homme agé de 21 ans, originaire de Melbourne, a été détenu et inculpé fin juillet. Aucune annonce n’a été faite au sujet de l’implication d’une troisième personne.
« L’AFP, en collaboration avec la police de Victoria dans le cadre du JCTT, redit que ces crimes présumés ne resteront pas impunis. L’arrestation d’aujourd’hui est le signe que nous continuons de travailler à l’identification des responsables, pour qu’ils rendent des comptes au sujet de cette attque », a déclaré par voie de communiqué le chef adjoint par intérim de l’AFP chargé de la lutte contre le terrorisme et des enquêtes spéciales, Nick Read.
« Cette enquête est l’une des principales priorités du JCTT. Je tiens à rassurer la communauté – en particulier la communauté juive – : l’AFP, en collaboration avec la police de Victoria et l’ASIO, travaille sans relâche pour mener cette enquête à son terme. »
Jusqu’à présent, la communauté juive australienne a eu la dent dure envers les forces de l’ordre, jugées incapables d’identifier les suspects de cette affaire qui, pour beaucoup, a constitué un important tournant dans la lutte contre l’antisémitisme.
Plus de 220 agents des forces de l’ordre ont consacré au total plus de 50 000 heures de travail à cette enquête, ont annoncé les autorités en juillet dernier.
Les Juifs australiens se disent déçus par ce qu’ils estiment être l’impuissance du Premier ministre, Anthony Albanese, et de son gouvernement à contenir les attaques et discours violents, mais espèrent timidement qu’il en fera à l’avenir plus pour protéger la communauté juive depuis que son parti – le Parti travailliste – et lui ont été réélus à la tête du pays en mai dernier.
En Australie, les actes antisémites ont explosé lors de l’année qui a suivi le déclenchement de la guerre par les terroristes du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023. Selon les chiffres du Conseil exécutif de la communauté juive australienne (ECAJ), ce ne sont pas moins de 2 062 incidents qui ont été enregistrés entre octobre 2023 et septembre 2024, contre 495 un an plus tôt.
Ces derniers mois, des synagogues, des écoles et des maisons appartenant ou fréquentés par des Juifs ont été incendiées, deux infirmiers ont menacé de tuer des patients juifs dans leur hôpital et on a découvert une remorque remplie d’explosifs manifestement destinés à un attentat de grande ampleur dans une synagogue de Sydney.
La récente décision des autorités australiennes de reconnaître un État palestinien à l’Assemblée générale des Nations Unies, en septembre prochain, n’a fait qu’aggraver le sentiment d’aliénation ressenti par la communauté juive locale, forte de 120 000 personnes, et déclenché de vifs accrochages entre le gouvernement d’Albanese et les autorités israéliennes.







