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Autrefois sans abri, une athlète paralympique trouve un « refuge » aux Maccabiades

Freya Levy a déjoué le destin en participant à des compétitions internationales de basket-ball en fauteuil roulant : "J'essaie d'en faire autant que je peux, tant que je le peux"

Freya Levy. (Crédit : Capture d'écran/Twitter)
Freya Levy. (Crédit : Capture d'écran/Twitter)

Il y a tout juste six ans, Freya Levy vivait dans sa voiture dans la ville côtière de Southend, dans le sud de la Grande-Bretagne. Aujourd’hui âgée de 26 ans, Levy a surmonté d’incroyables obstacles pour devenir l’une des athlètes multisports les plus impressionnantes du sport paralympique, en compétition aux Maccabiades de cette année.

En 2010, Levy, 14 ans, jouait au football pour l’équipe de son école lorsqu’elle est tombée et n’a pas pu se relever.

« C’est à ce moment-là que j’ai compris que je ne pourrais plus faire que du sport paralympique », a-t-elle confié au Times of Israel. On lui diagnostiquera plus tard une dystrophie musculaire, une maladie qui érode progressivement les muscles du corps et qui est, à ce jour, incurable.

« Je suis incapable de marcher, de lever les bras au-dessus de ma poitrine, j’ai un diaphragme faible et je finirai par perdre jusqu’à ma capacité de sourire ou de fermer mes yeux la nuit pour dormir », a déclaré Levy.

Alors que son propre corps semblait l’abandonner, Levy n’a pas renoncé au sport. Elle a, au contraire, redoublé d’efforts.

Après cette première chute, Levy a déclaré qu’elle était « rentrée chez elle ce soir-là et a découvert le basket-ball en fauteuil roulant ». Cette même année, elle a rejoint une équipe locale, puis a joué pour l’équipe de Grande-Bretagne au championnat européen de basket-ball en fauteuil roulant à trois reprises et a remporté de nombreuses médailles.

« Mon handicap est ma plus grande motivation », a-t-elle déclaré. « L’avenir est incertain. Je ne sais pas jusqu’où ira mon handicap ni même si je pourrai pratiquer du sport encore longtemps, alors j’essaie d’en faire autant que je peux, tant que je le peux. »

En 2016, alors âgée de 20 ans, Levy a encaissé un autre coup dur lorsqu’elle s’est retrouvée sans domicile après que son propriétaire a vendu sa maison.

« C’était difficile de continuer à faire des compétitions et à m’entraîner alors que je devais dormir dans ma voiture », a déclaré Levy, ajoutant que cette expérience traumatisante l’a motivée à devenir une défenseure du logement public au Royaume-Uni.

La mairie lui a d’abord accordé un logement d’urgence dans un appartement mais l’ascenseur y était en panne. Elle a donc dû déménager dans un immeuble, normalement réservé par le gouvernement aux personnes âgées.

En raison des ordonnances locales concernant les logements protégés par le gouvernement, Levy n’a pas pu faire partie de l’équipe de basket-ball en fauteuil roulant de la Grande-Bretagne aux Jeux paralympiques de 2016, car elle avait l’obligation de dormir dans l’appartement toutes les nuits et ne pouvait donc pas s’entraîner avec l’équipe.

Tout cela a eu un énorme impact émotionnel et physique sur elle. « J’ai mis toute mon énergie pour trouver un endroit où dormir cette nuit-là, puis un autre endroit pour du long terme », a déclaré Levy au Guardian à l’époque.

Malgré cet obstacle, elle s’est d’autant plus investie dans le sport paralympique, s’intéressant au rugby et même au hockey sur glace. « J’adore jouer au hockey sur glace parce que, contrairement au basket-ball en fauteuil roulant et au rugby, nous jouons en luge, ce qui me donne l’occasion de sortir de mon fauteuil tout en participant à des compétitions et en étant physiquement active », a déclaré Levy.

« C’est un sport brutal, mais j’en suis folle. »

C’est ce genre de cran qui a attiré l’attention de Michael Johnson, quatre fois médaillé d’or olympique. En 2016, Levy a été nommée, tout comme Michael Johnson, Young Leader par sa fondation, un honneur remis aux athlètes qui font preuve de persévérance et de qualités de leadership.

« Michael Johnson est une inspiration incroyable du fait de ce qu’il a d’abord accompli pendant sa carrière d’athlète mais aussi après », a déclaré Levy. Elle s’inspire même de la stratégie de Johnson et envisage une carrière de commentatrice sportive.

Levy participe aux Maccabiades de cette année dans le tournoi de basket-ball en fauteuil roulant, au sein d’une équipe mixte composée de joueurs du monde entier, contre trois équipes formées d’un mélange d’athlètes paralympiques israéliens.

Être une athlète juive, dit-elle, peut présenter certains inconvénients. « J’ai eu la chance de ne pas faire l’expérience de l’antisémitisme dans le sport, mais bien sûr, il y a toujours cette idée que les Juifs ne peuvent pas être bons dans le sport », a-t-elle déclaré.

« J’ai fait l’expérience de l’antisémitisme quand j’étais plus jeune. On s’est moqué de moi et on m’a dit ‘range ton étoile de David, espèce de juive' », se souvient-elle. « Je pense que c’est pour cela que j’aime tant venir en Israël. On est en sécurité ici.  »

Son équipe a fait le buzz, lors du dernier match du groupe. Son coéquipier Alon Dorron a lancé un tir à trois points depuis la moitié du terrain, scellant ainsi la victoire de son équipe (35-34). Dans un geste qui ne sera certainement jamais reproduit ailleurs, les deux équipes ont applaudi le dernier tir.

Alors que Levy espérait remporter la médaille d’or, son équipe a échoué et a finalement terminé à la quatrième place. Mais Levy s’est dite honorée d’y avoir, malgré tout, participé.

« C’est un grand honneur de voir à nouveau les athlètes paralympiques participer aux jeux », a-t-elle déclaré, « et j’espère que cela incitera d’autres athlètes à participer aux futurs jeux. »

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