Autriche: les incidents antisémites à un niveau record malgré les confinements
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Autriche: les incidents antisémites à un niveau record malgré les confinements

585 incidents ont été répertoriés en 2020, ce qui représente une hausse de 6 % par rapport à l'année précédente ; les agressions physiques ont presque doublé

Une barrière érigée devant la statut de l'ancien maire antisémite de Vienne Karl Lueger, dans la capitale autrichienne, le 6 octobre 2020. (Crédit :  Joe Klamar/AFP via Getty Images)
Une barrière érigée devant la statut de l'ancien maire antisémite de Vienne Karl Lueger, dans la capitale autrichienne, le 6 octobre 2020. (Crédit : Joe Klamar/AFP via Getty Images)

JTA — L’Autriche a enregistré un nombre record d’incidents antisémites en 2020 malgré de multiples confinements imposés dans la lutte contre le coronavirus.

Les 585 incidents répertoriés représentent une hausse de 6 % par rapport à 2019, a déclaré la Communauté juive de Vienne, une organisation à but non-lucratif qui représente les intérêts des Juifs autrichiens, dans un rapport annuel qui a été publié lundi. Le nombre d’agressions physiques a presque été multiplié par deux, passant de six à onze.

Cela fait 19 ans que l’organisation contrôle l’occurrence des crimes de haine antisémites, selon le rapport.

Les actes de vandalisme antisémites ont baissé – il y en a eu 53 en 2020 contre 78 en 2019 – mais les menaces ont augmenté, en passant de 18 cas à 22. Les insultes, dans les rues, connaissent une augmentation spectaculaire : 364 incidents de ce type ont été répertoriés en 2020 contre 239 en 2019.

« Les mensonges antisémites se sont particulièrement propagés par le biais d’internet et à l’occasion de nombreuses manifestations », a commenté dans un communiqué accompagnant le rapport Oskar Deutsch, président du groupe Communauté juive de Vienne. « De tels propos peuvent entraîner un embrasement des actes antijuifs si nous ne nous en préoccupons pas ».

Dans 40% des cas enregistrés l’année dernière, la motivation des agresseurs reste inconnue. Dans les 60% de cas où la motivation a pu être établie, 54% ont été attribués à des agresseurs « d’extrême-droite », 24% à des agresseurs « de gauche » et 20% à des « islamistes », a noté le rapport.

Au cours d’un incident survenu au mois de mars 2020, un homme qui se rendait à la synagogue et qui portait une kippa avait été attaqué aux abords de sa voiture, à Vienne, par un homme qui avait cassé ses lunettes, le frappant et le qualifiant de « cochon juif », a précisé le rapport.

Dans un autre incident qui avait eu lieu à la fin du même mois, deux adolescents, à Grav, avaient agressé physiquement un jeune Juif de 16 ans qui portait un pendentif sous forme d’étoile de David, le taxant de « sale Juif ».

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