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Analyse

Aux 5e élections, Yair Lapid l’équilibriste

La campagne du Premier ministre est truffée de paradoxes politiques. Pour commencer, comment faire pour renforcer son parti sans affaiblir ses alliés ?

Haviv Rettig Gur

Haviv Rettig Gur est l'analyste du Times of Israël

Le Premier ministre Yair Lapid donne un briefing aux journalistes au bureau du Premier ministre à Jérusalem le 12 octobre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le Premier ministre Yair Lapid donne un briefing aux journalistes au bureau du Premier ministre à Jérusalem le 12 octobre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le Premier ministre Yair Lapid est quelque part la figure tragique de cette élection. Sa tâche est presque impossible. Et les sondages, têtus, semblent indiquer que l’on s’achemine vers la même impasse que lors des quatre derniers scrutins, Benjamin Netanyahu n’étant pas assuré de la victoire.

Mais si l’on réfléchit plus attentivement, on s’aperçoit vite que cette apparente égalité des armes avantage en fait grandement la droite.

Sur la question du taux de participation ou de la composition d’une coalition post-électorale, Lapid est clairement désavantagé.

Ce n’est pas que l’on s’attende à ce que le taux de participation soit très élevé parmi les partisans du Likud, même si Netanyahu a des raisons d’espérer que 18 mois dans l’opposition auront redynamisé sa base.

Le problème majeur de Lapid se trouve dans son propre camp.

Pour dire les choses simplement : environ un tiers de son camp, soit environ 18 sièges (sur 60) se trouve du côté du Meretz, d’Avoda, Raam et Hadash-Taal, qui flirtent tous avec le seuil de 3,25 % des voix.

(Ces données sont issues de la moyenne des estimations des principaux sondages suivis par TheMadad.com.)

Même une légère baisse du taux de participation suffirait à sortir l’un – sinon plusieurs de ces partis – de la Knesset.

En vertu du système proportionnel israélien, les sièges du Parlement laissés vacants par des partis sous le seuil sont distribués aux partis les plus représentés. Le camp de Netanyahu obtiendrait alors les deux derniers sièges dont il a besoin pour l’emporter.

Rien à craindre de ce côté-la pour l’alliance droite-religieuse de Netanyahu, dont le parti le moins bien placé dans les sondages, Yahadout HaTorah, est certain d’obtenir sept sièges au moins.

Ayman Odeh (à gauche) et Ahmad Tibi des factions Hadash et Taal déposent séparément leur liste de candidats auprès de la Commission électorale centrale à la Knesset, le 15 septembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le camp de Lapid est donc à la merci de la moindre baisse du taux de participation de l’électorat de gauche ou arabe. Des partis sont en jeu. Et les estimations les plus fiables sont inquiétantes.

On ne peut pas dire que les partis arabes, à l’exception discutable de Raam, appartiennent au camp de Lapid. Lapid et Hadash-Taal, la principale liste à majorité arabe, se sont engagés à ne pas siéger ensemble dans le cadre d’une possible coalition. Ils se sont toutefois dits prêts à coopérer sur un point : éviter le retour de Netanyahu. Lapid s’inquiète naturellement d’une baisse du taux de participation de l’électorat arabe.

Il existe une règle empirique en matière de politique arabe en Israël : une liste arabe unie se traduit, dans les faits, par un taux de participation plus élevé de l’électorat arabe (comme en témoignent les élections de 2015, septembre 2019 et mars 2020), alors qu’un scrutin autour de partis concurrents l’abaisse mécaniquement (ce qui fut le cas lors des élections d’avril 2019 et mars 2021).

Les partis arabes sont aujourd’hui plus divisés que jamais, tout du moins si l’on considère ces dix dernières années.

Il est probable que le parti nationaliste-laïc Balad réunisse bien moins de suffrages que les fatidiques 3,25 %. Mardi, un sondage de la Douzième chaîne le créditait de 1,2 % et un autre, cette fois conduit par le radiodiffuseur public Kan, le mettait à 2,0 %. Aucun sondage réalisé ne le voit accéder à la Knesset.

Les autres partis à majorité arabe devraient parvenir à passer le cap des 3,25 %, mais sans doute de peu.

Les sondages internes des partis auprès des électeurs arabes font état d’une déception généralisée, augurant un faible taux de participation, de l’ordre de 40 %.

A gauche, Avoda et le Meretz sont mieux positionnés, avec cinq sièges chacun dans la plupart des sondages, mais la marge demeure faible.

La cheffe du parti travailliste Merav Michaeli salue des électeurs à Tel Aviv le 1er novembre 2022. (Crédit : Raanan Cohen/Avoda)

Trop de succès

Le problème de Lapid est plus profond.

Il a jusqu’à présent mené une campagne réussie, portant son parti Yesh Atid de 22/23 sièges le mois dernier à 25 sièges et même davantage au cours de la dernière semaine. Mais ce résultat est très vraisemblablement obtenu aux dépens de ses alliés Avoda et Meretz.

Les sondages qui le créditaient de 22 sièges – comme ceux de Kan ou de la Quatorzième chaîne en août et septembre dernier – donnaient généralement cinq à six sièges chacun à Avoda et au Meretz.

Lorsque Yesh Atid a gagné des sièges, Avoda et le Meretz en ont perdu et sont retombés à quatre.

Les sondages les plus récents sont les meilleurs de Lapid et, quelque part, les pires.

Un sondage de la Treizième chaîne publié mardi donne à Lapid 27 sièges, soit quatre de moins que les 31 du Likud.

Mais ce gain a un coût, puisque les quatre partis de gauche et arabes culminent alors à quatre sièges, soit quelques dixièmes seulement au-dessus du seuil de l’oubli politique.

Le gain est amer et la défaite se situe aux deux extrémités du spectre.

Une mauvaise campagne et il ne parvient pas à rallier son électorat ; une très bonne campagne, et il cannibalise son propre camp.

Les pièges de la diversité

Ce n’est pas un hasard si le camp de Netanyahu est organisé autour de grands partis, à l’abri du seuil des 3,25 %.

Netanyahu a appris de ses échecs lors des quatre derniers scrutins : il a fait en sorte qu’aucun parti de droite ne tombe en dessous du seuil. Il s’est démené pour inciter les plus petits partis, les plus radicaux aussi, à s’unir dans le cadre de partis plus importants afin de garantir que les voix de droite ne soient pas perdues.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, avec les dirigeants de ses partis alliés, le ministre du Logement de l’époque, Yaakov Litzman (à gauche), le leader du Judaïsme unifié de la Torah, le député Moshe Gafni (2eme a gauche), le ministre de l’Intérieur de l’époque, Aryeh Deri (à droite), ainsi que le président de la Knesset de l’époque, Yariv Levin, dans le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 6 mai 2021. (Crédit : Likud)

De son côté, Lapid ne peut pas compter sur cette carte.

Son « camp » est un doux euphémisme, qui désigne un ensemble complexe et mal assorti de factions souvent antagonistes.

Les divisions politiques, culturelles, ethniques et religieuses entre Yisrael Beytenu, le Meretz progressiste ou les islamistes de Raam sont insurmontables, qu’il soit fait usage du bâton ou de la carotte.

L’une des carottes, utilisées par Netanyahu pour unir Otsma Yehudit et HaTzionout HaDatit, a consisté à leur promettre des postes ministériels.

Dans cette diversité réside la deuxième leçon, toute en ironie et amertume, pour Lapid.

Même si sa campagne – nous l’avons évoqué plus haut – est vraiment une réussite, même s’il parvient à mobiliser les électeurs de Yesh Atid sans affaiblir – voire faire disparaître – les plus petits partis, il ne parviendra qu’à empêcher la victoire de Netanyahu, sans doute pas à former un gouvernement.

La formation d’une coalition parlementaire comporte deux étapes.

Il faut d’abord priver votre adversaire de la possibilité de former une coalition. Ensuite, à vous de vous débrouiller pour en rassembler une.

Ces deux étapes sur le chemin de la victoire façonnent profondément les élections israéliennes.

Les deux camps – pro et anti-Netanyahou – se sont constitués dans le cadre d’alliances parfois inattendues pour une seule raison : unis, ils ont plus de chances de priver l’autre camp de la possibilité de former une coalition.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au centre, avec les dirigeants de ses partis alliés, le ministre du Logement de l’époque, Yaakov Litzman (à gauche), le leader du Judaïsme unifié de la Torah, le député Moshe Gafni (2eme a gauche), le ministre de l’Intérieur de l’époque, Aryeh Deri (à droite), ainsi que le président de la Knesset de l’époque, Yariv Levin, dans le bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 6 mai 2021. (Crédit : Likud)

L’enjeu, pour ceux qui ne parviennent pas à empêcher leurs alliés de déserter, a été rappelé par Naftali Bennett l’an dernier, lorsqu’il a quitté l’alliance de droite pour former un gouvernement d’unité avec Lapid.

Sa pire « trahison », selon le Likud, n’a pas été la promesse non tenue envers ses électeurs de ne pas former de gouvernement avec Lapid. Le Likud lui-même a souvent fait des promesses qu’il n’a pas honorées, comme beaucoup d’autres partis.

Par trahison, le Likud entend ce qui a amené Bennett à renoncer au principe de solidarité de la droite que le Likud tentait de faire respecter, et qui avait réussi à priver l’autre camp d’une victoire jusque-là.

En l’espèce également, le problème de Lapid est on ne peut plus clair et important. Si les sondages s’avèrent exacts, si les camps pro-Netanyahu et pro-Lapid (ou du moins anti-Netanyahu) rassemblent chacun 60 sièges, Netanyahu sera le seul à pouvoir compter sur son alliance de 60 sièges dans le cadre d’une coalition. Il lui suffira d’attirer un seul député de l’autre camp pour s’assurer une victoire absolue. Lapid, en revanche, aura besoin de beaucoup plus que cela.

Hadash n’est pas disposé à faire plus que d’empêcher la victoire de Netanyahu. Il ne fera pas partie d’une coalition aux côtés de Lapid.

Pour obtenir les voix dont il aura besoin pour obtenir la majorité, Lapid devra attirer un nombre important de députés de l’autre camp, sans doute six au bas mot.

C’est un défi de taille.

Le simple fait que le chemin de Lapid vers la victoire soit semé d’embûches joue clairement contre lui.

Si un parti du camp de Lapid – Kakhol lavan peut-être ? Sinon Raam ? – ou même un seul député concluait que les alliés de Netanyahu ne feront jamais défection, il pourrait préférer changer de camp pour épargner au pays de nouvelles élections.

Si le résultat du 1er novembre est effectivement de 60-60, Lapid lui-même pourrait essayer, comme Netanyahu l’a fait avant lui, de dissoudre la Knesset et convoquer rapidement un nouveau – sixième – scrutin.

Après tout, si aucun camp n’est en mesure de former de coalition, Lapid restera Premier ministre le temps d’organiser de nouvelles élections et même au-delà, jusqu’à ce qu’une nouvelle coalition gouvernementale soit effectivement formée.

Le Premier ministre Yair Lapid, à droite, et le ministre de la Défense Benny Gantz lors d’une cérémonie commémorative officielle en hommage aux soldats tombés au combat lors de la guerre du Kippour, dans la salle commémorative du cimetière militaire du mont Herzl, le 6 octobre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Faire campagne ou ne pas faire campagne

Toutes ces difficultés ont façonné la campagne de Yesh Atid, ou plutôt l’ont entravée.

Pour priver Netanyahu d’une victoire facile, Lapid doit à tout prix empêcher un effondrement du taux de participation de l’électorat arabe qui ne vote pas pour lui ou ne l’écoute pas, créer un sentiment d’urgence à gauche sans faire campagne trop à gauche ni risquer de perdre ses électeurs de droite, et faire les deux sans pour autant rallier la base déjà inquiète de Netanyahu le jour des élections.

Il lui faut empêcher la victoire de Netanyahu avec une marge suffisamment élevée pour réduire les risques de défection de son côté et augmenter ses chances avec l’autre camp.

Et il doit le faire dans le cadre d’une campagne d’autant plus passionnante qu’elle pousse le fragile Meretz ou Avoda sous le seuil et flirte avec le précipice.

Cette tâche quasi impossible a conduit Yesh Atid, connu pour son énergie, à mener une campagne étonnamment terne.

La présence de Yesh Atid sur le terrain, ces dernières années, a été des plus énergiques et des mieux organisées.

Pas cette fois.

Ni message clair, ni rassemblements sur les ponts enjambant les principales autoroutes israéliennes ou aux principales intersections du pays. Les vidéos de la campagne ont été mises en sourdine. On a le sentiment, au sein de la base, que Lapid marche sur des œufs.

Certains commentateurs, comme Daphna Liel de la Douzième chaîne, ont souligné le caractère étonnamment calme de cette campagne, expliquant que Lapid avait sans doute du mal à trouver le juste équilibre, avec en plus les exigences de ses fonctions de Premier ministre.

Il serait tout simplement trop occupé.

Le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, lors d’une tournée de campagne électorale à Hod Hasharon, le 19 mars 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Mais Lapid a toujours été un militant passionné et talentueux. Cela va être déterminant aujourd’hui.

Il y a sans doute une autre explication que la charge de travail à cette prudence de Lapid. Il fait très attention.

Participation de l’électorat arabe

Comme il ne peut pas agir sur le message des partis arabes, Yesh Atid a lancé sa propre campagne auprès de l’électorat arabe fin septembre, dans l’espoir d’assurer les quelque suffrages arabes susceptibles de s’exprimer en faveur d’un parti centriste à majorité juive. Il l’a fait en axant sa communication et son message sur la lutte contre la violence endémique et la sécurisation des ressources des communautés arabes.

Cela paraît purement incantatoire, mais cela s’explique.

Une étude (lien en hébreu) commandée par le groupe Abraham Initiatives à propos des intentions de vote de l’électorat arabe estime à 12 points – de 54 % à 66 % – la hausse du nombre des électeurs se disant disposés à se rendre aux urnes « après avoir été exposés au message d’un dirigeant centriste renforçant leur conviction de leur rôle déterminant dans les élections et des avantages de voter pour la communauté arabe ».

En d’autres termes, quand on dit aux Arabes israéliens que leur voix compte, même si le message vient de politiciens juifs dont ils ne partagent pas les idées, ils sont plus susceptibles d’aller voter. Lapid n’a pas besoin d’être un politicien arabe ou de prétendre bien comprendre la communauté arabe ou ses problèmes pour avoir une influence sur son comportement de vote, suggère l’étude. Il a simplement besoin de dire aux électeurs arabes que leur voix compte, qu’ils ont une influence sur le résultat du scrutin et qu’on ne les oubliera pas après le scrutin.

Une jeune fille arabe israélienne dépose le bulletin de vote de sa mère dans un bureau de vote d’Umm al-Fahm, dans le nord d’Israël, le 17 mars 2015. (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)

Dans une vidéo datée du 3 octobre, on le voit en train de se livrer à cet exercice.

La vidéo est très simple : Lapid, assis, regarde la caméra et des sous-titres en arabe traduisent ses propos simultanément.

« Après des années de négligence, les citoyens arabes d’Israël méritent un gouvernement qui fasse quelque chose pour eux », dit-il avec fermeté.

Aucun signe ici de son légendaire charisme, pas de discours dramatique ni de visuels divertissants.

Le fond – sa vision du monde – comme la forme – faite d’humilité – se passent de toute fioriture.

Il parle, clairement et brièvement, des questions qui, selon les sondages, préoccupent les électeurs arabes : « La lutte contre la criminalité au sein des communautés arabes est aujourd’hui un objectif central du gouvernement. C’est vrai aujourd’hui; Ce sera encore plus vrai après les élections. Nous travaillerons plus dur que quiconque pour assurer la sécurité personnelle des citoyens d’Israël, en mettant l’accent sur la communauté arabe. Ce gouvernement s’occupera des questions fondamentales qui sont importantes pour la communauté arabe: l’éducation de vos enfants, la création d’emplois, en particulier pour les jeunes, le zonage pour le logement, l’accès à la fonction publique. Je traiterai toutes ces questions, personnellement, et j’en ferai des priorités de l’État tout entier. »

C’est un message extraordinairement précis et calibré que Lapid doit faire passer : flatter l’électorat arabe sans alimenter la campagne du Likud qui veut le faire passer pour un homme politique à la merci des partis anti-sionistes.

Un homme d’Etat de stature mondiale

Lapid fait preuve de la même délicatesse pour courtiser les électeurs de centre-droit déconcertés par l’alliance du Likud avec l’extrême-droite.

Netanyahu se concentre comme un laser sur le retour de ces électeurs à ses côtés, tout comme Lapid.

Pour convaincre et attirer la droite sans perdre de soutien à gauche, Lapid a opté pour une communication centrée sur sa posture d’homme d’Etat. Il a travaillé dur pour cultiver cette image de successeur du talentueux Netanyahu, une sorte de nouvelle version, sans les compromis.

Un compte Twitter humoristique en hébreu a noté les ressemblances frappantes entre les photos publiées dans les médias par Netanyahu et Lapid ces dernières semaines, les présentant dos à dos. En août et septembre, les réseaux sociaux de Yesh Atid ont multiplié les photos de Lapid auprès des soldats et des installations militaires dans tout le pays. Comme Yesh Atid le sait bien, ces publications contreviennent aux lois électorales qui interdisent l’utilisation de soldats ou de Tsahal lors de la campagne.

Le parti n’y a mis fin que lorsque la Commission électorale centrale lui a ordonné de le faire, sous peine de payer une forte amende.

Le discours de Lapid du 22 septembre à l’Assemblée générale des Nations Unies relève de la même tactique.

Il a été soigneusement construit pour ressembler à du Netanyahu. L’anglais était basique, le message délibérément belliciste. Beaucoup ont relevé la déclaration de Lapid en faveur d’une solution à deux États, mais ses propos distinctement Netanyahu-esque sur l’Iran n’étaient pas moins importants dans son message à l’Assemblée générale et au public israélien, chez lui à une heure de grande écoute.

« La seule façon d’empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire », a-t-il déclaré aux téléspectateurs israéliens par-dessus la tête des dirigeants mondiaux, « est de mettre une menace militaire crédible sur la table. Et ensuite – et seulement alors – de négocier un accord solide avec eux… Il doit être clair pour l’Iran que s’il poursuit son programme nucléaire, le monde ne répondra pas par des mots, mais par la force militaire. »

Ces mots forts avaient été mis en évidence, avec d’autres, dans la transcription officielle publiée par le Cabinet du Premier ministre pour les journalistes.

Le message de Lapid aux Israéliens est le suivant : je peux être aussi fort que Netanyahu, sans les inconvénients.

Lapid mène maintenant une campagne conçue pour éviter les nombreux pièges qui jalonnent son chemin, obtenir le taux de participation dont il aura besoin s’il veut vaincre Netanyahu et créer les conditions pour l’emporter à la table des négociations de la coalition.

Cette campagne calme et calculée est loin de celles qu’il a menées par le passé. Compte tenu des circonstances, c’est peut-être la meilleure option qui s’offre à lui. Et ce seul fait suggère que cette élection, peut-être plus que les quatre dernières, sera perdue par Netanyahu.

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