Avancée de projets de loi pour empêcher Netanyahu de former une coalition
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Avancée de projets de loi pour empêcher Netanyahu de former une coalition

Limites encadrant les mandats, interdiction faite aux personnalités mises en examen de former une coalition... Ces textes des députés sont soutenus par Raam, Yamina s'y oppose

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et Yair Lapid, à droite. (Crédit : Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et Yair Lapid, à droite. (Crédit : Flash90)

La commission des Arrangements de la Knesset a voté, lundi, l’accélération de l’avancée de projets de loi qui entraveraient les chances du Premier ministre Benjamin Netanyahu de former un nouveau gouvernement, une petite victoire politique pour le leader de Yesh Atid, Yair Lapid, qui est actuellement chargé de rassembler une coalition qui permettrait d’écarter du pouvoir le chef du Likud.

Le brouillage politique continue au lendemain d’un cessez-le-feu qui est venu clore onze jours de combat intenses contre les groupes terroristes de la bande de Gaza, vendredi. Il ne reste à Lapid que neuf jours avant l’expiration de son mandat, qui sera alors transféré à la Knesset pour trois semaines supplémentaires. Si aucun gouvernement n’est réuni dans cet intervalle, l’État juif sera tenu d’organiser son cinquième scrutin en l’espace de deux ans et demi.

Ces projets de loi établissent qu’un Premier ministre ne pourra pas servir pendant plus de deux mandats et qu’une personnalité mise en examen – comme c’est le cas de Netanyahu – ne pourra être choisie par le président pour former un gouvernement.

Ce texte permet néanmoins à 61 députés de recommander une personne inculpée au poste de Premier ministre quand le mandat se trouve entre les mains des députés du Parlement. Ce compromis a été fait pour s’assurer le soutien de la formation Tikva Hadasha, de Gideon Saar, selon la Douzième chaîne.

Tous les membres de la commission représentant le camp anti-Netanyahu ont soutenu cette proposition en plus de la faction Raam, arbitre potentiel de la formation du prochain gouvernement. Les membres du bloc pro-Netanyahu s’y sont opposés, comme l’a fait Yamina qui, comme Raam, n’a pas exclu d’intégrer un bloc ou l’autre.

La motion qui a été approuvée signifie que la loi peut être immédiatement présentée au vote en séance plénière de la Knesset sans attendre le délai qui, par défaut, est exigé par la législation en place en Israël.

Même si les chances de Lapid de former une coalition ont été gravement mises à mal depuis que Naftali Bennett, le chef de Yamina, a semblé exclure tout ralliement au « bloc du changement », la semaine dernière, il conserve l’espoir que les formations qui s’opposent à Netanyahu aideront à faire passer les lois qui limiteront les capacités du chef du Likud de se maintenir au pouvoir.

Les projets de loi doivent encore être soumis à un vote préliminaire en séance plénière et à trois lectures supplémentaires avant d’être définitivement adoptés.

Un texte avancé par Netanyahu et prônant des élections directes au poste de Premier ministre a échoué.

La députée Karin Elharar pendant une réunion de faction de Yesh Atid à la Knesset de Jérusalem, le 24 mai 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

La discussion de lundi qui a été présidée par la députée à la tête de la Commission des arrangements, Karine Elharrar (Yesh Atid), a été fréquemment interrompue par de vives altercations entre les parlementaires qui évoquaient aussi la présentation rapide d’autres textes, notamment d’un projet de loi qui était consacré à la formation d’une commission d’enquête d’État qui serait chargée d’examiner la catastrophe survenue, le mois dernier, sur le mont Meron, qui a entraîné la mort de 45 pèlerins ultra-orthodoxes pendant la fête de Lag BaOmer.

Quelques législateurs ont qualifié « d’agressif » le comportement d’Elharrar et May Golan a déploré une « dictature ».

Plusieurs députés – parmi lesquels l’extrémiste Itamar Ben Gvir – ont été temporairement exclus de la salle de discussion. D’autres membres du camp pro-Netanyahu ont quitté les lieux en signe de protestation avant de revenir pour le vote.

Lapid œuvre également à tenter de rassembler une coalition – même s’il a reconnu, lundi, que ses chances de réussir n’étaient pas élevées.

Yesh Atid a fait savoir, lundi, que la formation avait fait des « progrès significatifs » dans ses pourparlers avec Kakhol lavan et avec le parti Travailliste concernant la mise en place d’un gouvernement de coalition et que le travail allait continuer dans cet objectif.

Au cours de la réunion de faction de son parti, à la Knesset, Lapid a déclaré que « tant qu’il y aura une chance, même si elle est minuscule, nous remuerons ciel et terre pour former un gouvernement ».

« Ma porte est ouverte à tous ceux qui le souhaitent », a-t-il ajouté.

Pour obtenir une majorité à la Knesset, Lapid va avoir besoin, en plus de Kakhol lavan et des Travaillistes, du partenariat d’au moins Tikva Hadasha, à droite, et de Yamina. Même en s’appuyant sur ces deux formations, il échouera toutefois à avoir une majorité et il faudra qu’il s’assure du soutien Raam, le parti islamiste de Mansour Abbas, probablement depuis l’extérieur de la coalition.

Lapid aurait rencontré le leader de Tikva Hadasha, Gideon Saar, dimanche et les équipes de négociations des deux parties devraient encore discuter dans la semaine.

Le président de Tikva Hadasha Gideon Saar dirige une réunion de faction à la Knesset, le 26 avril 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

Dimanche, Naftali Bennett, à la tête du parti Yamina et personnalité déterminante dans l’initiative de formation d’une coalition de Lapid, a lancé une attaque cinglante contre Netanyahu et sa gestion de la pandémie de coronavirus ainsi que contre sa gestion du dernier conflit qui a opposé Israël au groupe terroriste du Hamas, dans la bande de Gaza.

Bennett a ensuite vivement recommandé – sans mentionner de noms – aux partenaires potentiels de coalition d’assouplir leurs positionnements de manière à permettre la formation d’un gouvernement.

« Le temps des boycotts est terminé. Il est temps de faire ce qui est nécessaire et de former un gouvernement qui pourra travailler », a-t-il expliqué, se référant à d’importants partis politiques qui ont exclu de rejoindre une coalition avec d’autres partenaires potentiels.

Bennett et Lapid étaient sur le point de trouver un accord de coalition avec le soutien du parti islamiste Raam quand les combats avec les groupes terroristes de Gaza ont commencé, entraînant le leader de Raam, Mansour Abbas, à faire marche arrière.

Bennett a déclaré ultérieurement que cette option n’était plus envisageable.

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