Avant la publication du plan, Kushner utilise les big data sur les médias arabes
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Avant la publication du plan, Kushner utilise les big data sur les médias arabes

Un nouveau programme classerait les médias arabes en fonction de leur niveau d'influence, pour permettre à l'administration de mieux faire passer son message

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, cinquième de la gauche, et le Prince du Bahreïn Salman bin Hamad Al Khalifa, sixième de la gauche, écoutent le haut conseiller à la Maison Blanche Jared Kushner, debout, lors de la session d'ouverture de l'atelier "Paix pour la prospérité" à Manama, au Bahreïn, le 25 juin 2019. (Agence d'information du Bahreïn via AP)
Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, cinquième de la gauche, et le Prince du Bahreïn Salman bin Hamad Al Khalifa, sixième de la gauche, écoutent le haut conseiller à la Maison Blanche Jared Kushner, debout, lors de la session d'ouverture de l'atelier "Paix pour la prospérité" à Manama, au Bahreïn, le 25 juin 2019. (Agence d'information du Bahreïn via AP)

Les Etats-Unis ont commencé à classer les médias arabes selon leur niveau d’influence dans le cadre d’un projet de l’administration Trump visant à diffuser des messages avant la présentation finale de leur plan de paix pour le Moyen-Orient très attendu, a annoncé mardi McClatchy.

L’étude actuelle est une initiative de Jared Kushner, gendre et proche conseiller du président, qui a reçu la tâche par Donald Trump de proposer une solution au conflit israélo-palestinien.

Des hauts responsables, qui ont parlé à McClatchy sous condition d’anonymat, ont décrit l’effort pour améliorer leur compréhension de ce qui influence l’opinion publique arabe afin de mieux faire passer leur message.

« Nous voulions comprendre ce qui influence la rue. Nous voulions comprendre quels sont les médias et les voix influents, a expliqué un officiel cité. Alors nous avons mené des recherches, et nous les avons classés. Nous avons notamment découvert que beaucoup de médias qui ont été anti-Amérique ou anti-Israël dans le passé n’ont pas eu d’accès au gouvernement américain ».

Le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn Minister Khalid bin Ahmed Al Khalifa, à droite, parle avec Raphael Ahren, du Times of Israel, en marge du sommet Paix pour la prospérité de Manama, au Bahreïn, le 26 juin 2019 (Crédit : Raphael Ahren/Times of Israel)

Environ 50 groupes médiatiques ont été classés selon leur niveau de sentiment pro ou anti Amérique et la contenu de leur reportage sur les efforts de paix américains. Une découverte clef est que beaucoup de Palestiniens lisent les informations sur des appareils mobiles en faisant la queue aux points de contrôle israéliens.

Le programme, qui se base sur les efforts américains de longue date pour analyser les médias étrangers et qui a largement utilisé l’automatisation, se distingue des précédents efforts car, au lieu de considérer les données récoltées comme une simple source de renseignement, elles sont activement utilisées pour façonner la manière dont l’administration américaine va promouvoir son plan de paix pour le Moyen Orient. Les contenus des agences de presse sont automatiquement transcrits et on y recherche des mots clefs, a annoncé McClatchy.

Le rapport précisait également qu’il y a de réelles limites à ce type d’approche, particulièrement du fait que dans de nombreux pays du Moyen Orient, les médias sont contrôlés par le gouvernement et ils ne représentent pas l’opinion publique comme ce serait le cas dans un pays où la presse est libre.

Des manifestants défilent avec des pancartes montrant le Dôme du rocher et disant en arabe (de gauche à droite) « Jérusalem n’est pas à vendre » et « ne renonçons pas à nos droits » pendant la « marche de la colère » menant au siège de l’ambassade américaine à Amman, capitale de la Jordanie, le 21 juin 2019 (Crédit : Khalil MAZRAAWI / AFP)

Kushner et d’autres officiels américains doivent partir pour une visite régionale qui le conduira en Israël, en Egypte, en Jordanie, au Qatar, en Arabie Saoudite et aux Emirats arabes unis.

Le voyage de la délégation est perçu comme la conclusion de la première étape de la présentation du plan de paix, qui se focalisait sur des questions économiques, mais pas comme l’ouverture de la présentation de sa dimension politique. Les éléments politiques du plan de paix doivent être dévoilés après la formation du prochain gouvernement.

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