Avant sa visite, Netanyahu est déclaré “visiteur illustre” par Buenos Aires
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Avant sa visite, Netanyahu est déclaré “visiteur illustre” par Buenos Aires

La résolution qui souhaite la bienvenue au Premier ministre avant sa visite sans précédent, la semaine prochaine, souligne “un geste de la plus haute importance”

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans ses bureaux, à Jérusalem, le 3 septembre 2017. (Crédit : Abir Sultan/Pool/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la réunion hebdomadaire du cabinet dans ses bureaux, à Jérusalem, le 3 septembre 2017. (Crédit : Abir Sultan/Pool/AFP)

BUENOS AIRES — Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a été déclaré « visiteur illustre » par le corps législatif de la ville de Buenos Aires.

Cet honneur lui sera conféré le 12 septembre alors qu’il se trouvera à Buenos Aires, sur la place vide de la ville qui marque le lieu où se trouvait l’ambassade israélienne jusqu’à sa destruction lors d’un attentat à la voiture piégée au mois de mars 1992, qui avait fait 29 morts. Netanyahu visitera également des institutions juives et honorera la mémoire des victimes de l’attentat terroriste du 18 juillet 1994 commis contre le centre communautaire juif de l’AMIA, qui avait tué 85 personnes. Les enquêtes sur ces deux attentats n’ont jamais été résolues.

La motion a été proposée par Mercedes De Las Casas, du parti PRO, la formation politique dirigée par le président argentin Mauricio Macri.

Deux présidents israéliens s’étaient rendus en Argentine, Shimon Peres en 2009 et Chaim Herzog en 1989, mais la visite effectuée par Netanyahu sera la première d’un Premier ministre israélien en exercice depuis la création de l’Etat d’Israël en 1948. « C’est un geste de la plus haute importance », a noté la résolution adoptée jeudi par le corps législatif municipal.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu embarque dans l'avion pour se rendre en visite officielle en Pologne, le 12 juin 2013. Illustration. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu embarque dans l’avion pour se rendre en visite officielle en Pologne, le 12 juin 2013. Illustration. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)

Netanyahu devrait arriver dans la capitale de l’Argentine le 11 septembre, accompagné d’une trentaine d’hommes d’affaires israéliens, pour rencontrer les autorités gouvernementales nationales, les communautés locales juives et des acteurs économiques.

Il passera le temps de sa visite dans la capitale, Buenos Aires, où vivent 165 000 Juifs, un chiffre similaire à celui des populations juives combinées du Brésil, du Chili, du Mexique et de l’Uruguay. La communauté juive d’Argentine est la sixième plus importante au monde après Israël, les Etats-Unis, la France, le Canada et le Royaume-Uni, et avant la Russie. Selon le Congrès juif mondial, l’Argentine compte 230 000 Juifs.

« Ma visite en Argentine est une priorité israélienne », avait déclaré Netanyahu aux dirigeants du Congrès juif mondial à Jérusalem, au mois de septembre 2016. « J’ai reçu de nombreuses invitations pour visiter différents pays. Toutefois, ma visite en Argentine est une priorité », avait-il ajouté.

Au mois de janvier 2016, Marci avait rencontré Netanyahu au Forum économique mondial de Davos, en Suisse. Netanyahu avait alors salué les initiatives prises par Macri pour renforcer les relations entre l’Argentine et l’Etat juif. « Macri m’a dit sans équivoque : ‘Nous repartons sur un bon pied avec Israël. Nos intérêts et nos valeurs rendent ce partenariat nécessaire et nous entrons donc dans une nouvelle ère' », avait dit Netanyahu lors du début d’une réunion du cabinet qui avait suivi leur rencontre.

Le président argentin Mauricio Macri, à gauche, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au Forum économique mondial de Davos, le 21 janvier 2016. (Crédit : Haim Zach/GPO/Flash90)
Le président argentin Mauricio Macri, à gauche, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au Forum économique mondial de Davos, le 21 janvier 2016. (Crédit : Haim Zach/GPO/Flash90)

« La visite de Netanyahu en Argentine est sans aucun doute un tournant dans les relations bilatérales. Depuis l’établissement de relations diplomatiques et l’ouverture d’une ambassade de l’Argentine à Tel Aviv en 1949, sous l’administration de Juan Perón, les relations se sont développées dans tous les secteurs et dans tous les domaines. Ces liens, pour l’Argentine, ont à voir avec l’importance de la communauté juive dans le tissu social du pays ainsi qu’avec des considérations d’ordre géopolitique », a déclaré à JTA Ranaan Rein, vice-président de l’université de Tel Aviv et membre de l’Académie nationale d’histoire d’Argentine.

« Pour Israël, il s’agit de la diaspora juive qui est importante en Argentine, de la nécessité d’un soutien politique en Amérique latine et parfois, de questions commerciales. Les relations entre l’Argentine et l’Etat juif ont été suffisamment profondes pour survivre à tous les bouleversements politiques qui ont eu lieu dans les deux pays au cours des 70 dernières années. Il est néanmoins malheureux que le premier Premier à visiter l’Argentine se trouve actuellement impliqué dans des scandales de corruption, avec un avenir politique incertain », a ajouté Rein.

Le nouveau président argentin, Mauricio Macri, s'adressant à la presse de la résidence présidentielle Olivos, à Buenos Aires, où il est arrivé pour rencontrer la présidente sortante, Cristina Fernandez de Kirchne, le 24 novembre 2015 (Crédit : Juan Mabromata / AFP)
Le nouveau président argentin, Mauricio Macri, s’adressant à la presse de la résidence présidentielle Olivos, à Buenos Aires, où il est arrivé pour rencontrer la présidente sortante, Cristina Fernandez de Kirchne, le 24 novembre 2015 (Crédit : Juan Mabromata / AFP)

Les liens israéliens avec l’Argentine se sont considérablement améliorés depuis que Macri a remporté la présidence en 2015. Les signes d’amitié lancés par le président argentin actuel en Israël avaient commencé avant que Macri ne soit élu. Au mois de juin 2014, alors qu’il était maire de Buenos Aires, il s’était rendu en Israël et avait condamné l’enlèvement par des Palestiniens de trois jeunes Israéliens en Cisjordanie, qui plus tard avaient été retrouvés morts.

Lorsque Macri avait remporté les élections en novembre 2015, Netanyahu l’avait appelé pour le féliciter de sa victoire. « Macri m’a dit que les relations entre l’Argentine et Israël vont maintenant faire des progrès », avait écrit Netanyahu dans un post publié sur Facebook.

Israël avait critiqué le protocole d’accord que l’Argentine avait signé avec l’Iran au mois de janvier 2013, pour enquêter conjointement sur l’attentat à la bombe qui avait eu lieu au centre communautaire juif de l’AMIA en 1994. Macri a annulé cette convention dès sa première semaine de président.

« C’est un changement de direction bienvenu et j’espère que nous verrons une amélioration significative des relations entre l’Argentine et Israël, ainsi que des progrès dans les relations avec les autres pays d’Amérique du sud au cours des prochaines années », avait dit Netanyahu à l’époque.

Macri a rencontré en 2017 des survivants et des familles de victimes israéliennes de l’attentat terroriste perpétré en 1992 contre l’ambassade israélienne de Buenos Aires. C’est la première fois qu’un président argentin effectue une telle démarche envers les survivants de l’attentat.

Suite à sa visite en Argentine, jusqu’au 13 septembre, Netanyahu se rendra au nord, vers la Colombie pour quelques heures, puis partira pour le Mexique. Il ira ensuite à New York pour prendre la parole devant l’Assemblée générale des Nations unies, le 19 septembre.

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