Avec 7 sièges, Bennett veut rejoindre le bloc anti-Bibi seulement s’il le dirige
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Avec 7 sièges, Bennett veut rejoindre le bloc anti-Bibi seulement s’il le dirige

Le chef de Yamina aurait refusé d'échanger avec Lapid, fort de 17 sièges ; Netanyahu aurait contacté le chef de Raam

Naftali Bennett, chef du parti Yamina, arrive à son bureau de vote de Raanana lors des élections législatives israéliennes, le 23 mars 2021. (Crédit : Gili Yaari / Flash90)
Naftali Bennett, chef du parti Yamina, arrive à son bureau de vote de Raanana lors des élections législatives israéliennes, le 23 mars 2021. (Crédit : Gili Yaari / Flash90)

Naftali Bennett, chef du parti de droite Yamina, aurait refusé de s’entretenir avec Yair Lapid, chef du parti centriste Yesh Atid, plus grand parti du « bloc du changement » – des factions opposées à Benjamin Netanyahu.

Bennett refuse de s’engager à évincer Netanyahu à moins qu’il n’obtienne le poste principal, que Lapid ne cédera pas, a rapporté lundi la Treizième chaîne.

Malgré son ambitieuse demande, Bennett a déclaré à ses collègues membres du parti et à ses proches militants qu’il maintenait son engagement à faire en sorte qu’Israël ne se dirige pas vers une cinquième élection en deux ans, a rapporté la Douzième chaine.

Yesh Atid a remporté 17 sièges aux élections la semaine dernière, tandis que Yamina n’en a obtenu que sept.

Yair Lapid, chef de Yesh Atid, et son épouse Lihi ont voté dans un bureau de vote à Tel Aviv, le 23 mars 2021. (Crédit : Noam Revkin Fenton / Flash90)

Lapid pourrait recevoir un coup de pouce dans sa nomination à la fonction de Premier ministre grâce à la Liste arabe unie, dont cinq des six députés devraient le recommander pour le rôle, a rapporté lundi Kan.

Cependant, la faction nationaliste Balad de la Liste arabe ne recommandera en aucun cas Lapid comme Premier ministre, et son chef ne devrait pas assister à une réunion plus tard cette semaine entre les chefs de la Liste et Lapid, a rapporté la radio militaire.

Le député Ahmad Tibi, chef de la faction Taal sur la Liste arabe, a déclaré à la Treizième chaîne qu’il rencontrerait Lapid cette semaine, notant que son parti ne recommandera jamais Netanyahu.

« Pour nous, ça reviendrait à franchir une ligne rouge », a déclaré Tibi, faisant référence aux partenaires de Netanyahu, Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, du Parti sioniste religieux d’extrême droite.

Ahmad Tibi, membre de la Liste arabe unie, s’exprime lors d’une conférence de presse présentant la campagne électorale en hébreu de la Liste arabe unie à Tel Aviv, le 23 février 2021. (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Le Parti sioniste religieux a remporté six sièges aux élections, ce qui en fait un élément clé pour Netanyahu et sa coalition pour qu’il reste au pouvoir.

Un point d’interrogation persistant dans les efforts de construction de cette coalition est Mansour Abbas, le chef du parti islamiste Raam, qui s’est séparé de la Liste arabe unie lors de l’élection et qui se retrouve faiseur de roi. Abbas, bien qu’il ait indiqué qu’il pouvait soutenir Netanyahu, a déclaré qu’il ne le ferait pas si le Parti sioniste religieux faisait partie de la coalition.

Abbas prévoit de faire une déclaration à la presse, très attendue, dans les prochains jours. La Douzième chaîne a rapporté qu’il avait l’intention de s’engager à nouveau à soutenir une coopération avec la majorité juive d’Israël, et de chercher à légitimer davantage l’option de son parti de faire partie d’une coalition au pouvoir.

Le président du parti Raam et député de la Liste arabe unie, Mansour Abbas, à la Knesset à Jérusalem, le 11 novembre 2020. (Crédit : Hadas Parush/ Flash90)

De nombreux politiciens clés, y compris Netanyahu, Bennett de Yamina, Gideon Saar de Tikva Hadasha et Bezalel Smotrich du Parti sioniste religieux, ont exclu ces dernières semaines toute coopération avec Raam.

Cependant, certains députés du Likud ont envisagé l’option de s’associer avec Raam après les élections de la semaine dernière, au cours desquelles le Premier ministre et ses alliés religieux de droite n’ont pas atteint une majorité de 61 sièges.

Lapid a rencontré dimanche soir Benny Gantz, qui dirige le parti centriste Kakhol lavan, alors qu’il poursuivait ses efforts pour construire une coalition.

Gantz et Lapid ont discuté des moyens de former un nouveau gouvernement, selon un communiqué de Yesh Atid. Ils doivent tenir de nouveaux pourparlers dans les jours à venir.

Les dirigeants de Kakhol lavan de l’époque, Benny Gantz (à droite) et Yair Lapid, lors d’une réunion de faction à la Knesset, le 18 novembre 2019. (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

Si les deux responsables étaient des alliés réunis au sein de Kakhol lavan, leur alliance a pris fin l’année dernière, quand Gantz a décidé de rejoindre Netanyahu dans un gouvernement d’unité, invoquant la nécessité d’un gouvernement fonctionnel pendant la pandémie, mais rompant son engagement de campagne anti-Netanyahu. Lapid a alors pris les rênes de l’opposition.

Leur réunion de dimanche était la première depuis cette scission.

Gantz a affirmé lundi que lui, Lapid, Saar et Bennett devaient se rencontrer afin de trouver un moyen de former un nouveau gouvernement sans Netanyahu. « J’ai appelé les dirigeants du bloc du changement à s’asseoir [ensemble] dès que possible, afin que nous puissions établir un gouvernement honnête et mettre fin au régime de Netanyahu », a déclaré Gantz.

Lundi soir, Lapid, Saar et Bennett n’avaient pas encore répondu à l’appel de Gantz, a rapporté la Douzième chaine.

De l’autre côté du spectre politique et affaiblissant davantage les perspectives de Netanyahu de pouvoir former une coalition, la moitié des députés du parti ultra-orthodoxe Yahadut Hatorah, longtemps allié fidèle du Premier ministre, aurait refusé de lui déclarer leur soutien.

Netanyahu s’est tourné dimanche vers Moshe Gafni, chef de la faction Degel HaTorah de Yahadout HaTorah, et lui a demandé son soutien. Gafni a répondu qu’il avait besoin de « temps pour réfléchir », a rapporté Kan.

Des membres et des dirigeants de Yahadut Hatorah au siège du parti à Bnei Brak, le soir des élections, le 23 mars 2021. (Crédit : Yaakov Lederman / Flash90)

Pourtant, le député Yaakov Litzman, qui dirige la faction Agudat Yisrael au sein de Yahadout HaTorah, a noté que les affiches de son parti « avaient informé le public avant les élections que nous irions avec Netanyahu, il n’y a donc pas de question à ce sujet ».

Il a ajouté que l’objectif de son parti était « d’établir une coalition de droite pour tous les citoyens israéliens. Tout le reste est superficiel ».

Ni le bloc pro ou anti-Netanyahu ne dispose d’une voie claire pour former une coalition majoritaire après le vote de mardi, la quatrième élection nationale en deux ans. Cependant, la perspective d’une cinquième élection a suscité des spéculations selon lesquelles des alliances improbables pourraient se former dans le but d’évincer Netanyahu ou lui permettre de conserver le pouvoir.

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