Avec la trêve, les Yéménites rêvent « d’un peu de tranquillité »
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Avec la trêve, les Yéménites rêvent « d’un peu de tranquillité »

La vie reprend peu à peu son cours à Sanaa même si dans le sud la peur règne toujours

Profitant de la trêve les habitants achètent des légumes sur un marché de la vieille ville dans le sud-ouest du Yémen à Taez, le 13 mai 2015 (Crédit :AFP PHOTO / Abdel Rahman ABDALLAH)
Profitant de la trêve les habitants achètent des légumes sur un marché de la vieille ville dans le sud-ouest du Yémen à Taez, le 13 mai 2015 (Crédit :AFP PHOTO / Abdel Rahman ABDALLAH)

« Le peuple est fatigué. Il veut un peu de tranquillité et de quoi manger », lance Ibrahim, un habitant de Sanaa, la capitale yéménite qui a retrouvé un peu d’animation au premier jour de la trêve.

Si l’heure est au soulagement à Sanaa, tenue par les rebelles chiites Houthis, la tension reste palpable dans le sud du pays, où les habitants craignent les tirs des insurgés.

D’habitude désertes, les rues de Sanaa se sont animées et de nombreuses voitures ont encombré les axes routiers en dépit de la sévère pénurie de carburant.

Pendant sept semaines, la capitale comme une bonne partie du Yémen a vécu au rythme des bombardements aériens de la coalition menée par l’Arabie saoudite contre les rebelles qui menaçaient de prendre le contrôle de l’ensemble du Yémen.

Les raids ont cessé dans la nuit de mardi à mercredi avec l’entrée en vigueur d’une trêve à l’initiative de Ryad.

« A charge maintenant aux pays amis de nous fournir du carburant et des vivres », indique Ibrahim al-Saïdali, un habitant, âgé de 32 ans.

Abou Hachem implore lui le ciel pour que « la trêve dure et pour que l’électricité et l’eau reviennent ».

En raison de la pénurie de carburant, le pompage de l’eau s’est arrêté et les robinets sont à sec chez les habitants qui passent des heures à patienter pour remplir, à prix d’or, un bidon chez un fournisseur privé.

De nombreux magasins situés près de camps et de positions de rebelles ont rouvert.

« Cela reprend », se félicite un vendeur de vêtements, Walid al-Alkami, 32 ans. « Les femmes ont été nombreuses à fréquenter le magasin et des familles entières sont venues acheter des habits ».

Les vendeurs de rue étalent à même le trottoir toutes sortes de produits.

« C’est la première fois depuis le début du conflit que j’ose sortir avec ma famille », témoigne Saddam al-Waïli, un fonctionnaire.

Certains ont même commencé à réparer les dégâts subis par leurs habitations et les ouvriers du bâtiment ont fait leur réapparition.

Des salves d’armes automatiques se font entendre parfois. Il s’agit de miliciens Houthis saluant l’arrivée, dans une demeure, de la dépouille de l’un de leurs tués.

Peur à Aden

A Aden, les combats entre Houthis et combattants favorables au président Abd Rabbo Mansour Hadi ont cessé mais la peur n’a pas disparu.

« On ne peut pas parler de trêve quand des tireurs Houthis restent postés sur les toits », peste Fawaz al-Hanchi, un habitant de la ville.

« Ils sont là sur les bâtiments de la rue Moalla et rien n’a changé même si les avions (de la coalition) ont disparu du ciel ».

Mohammed al-Mouazzai a pu rentrer à Aden après avoir été bloqué pendant trois semaines à Lahej, plus au nord.

« Il n’y a pas eu de véritable cessez-le-feu. Partout où on est passé, on a entendu des échanges de tirs ».

« Dans le quartier de Dar Saad, à l’entrée nord d’Aden, on a vu des familles fuir en affirmant vouloir ainsi échapper aux combats ».

La situation est aussi tendue à Taëz, grande ville du sud-ouest où des échanges sporadiques de tirs ont été entendus et où les rues sont restées désertes.

Contrairement à Sanaa qui n’a pas connu de combats de rue étant étroitement contrôlée par les Houthis, les villes d’autres centres urbains du sud ont été le théâtre de violents combats.

Des combattants hostiles aux Houthis se sont opposés armes en main à la tentative de ces rebelles venus de leur fief de Saada, dans le nord du Yémen, de s’implanter dans le sud.

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