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Avec l’opposition, la loi sur le retrait de la citoyenneté des terroristes progresse

Cette initiative est nécessaire pour que cesse la vénération des terroristes par les Arabes israéliens, a déclaré Ofir Katz

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

L'Arabe israélien Karim Younis porté par des amis et par des proches suite à sa libération après 40 années passées en prison pour avoir kidnappé et assassiné un soldat israélien à Ara, une ville du nord d'Israël, le 5 janvier 2023. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
L'Arabe israélien Karim Younis porté par des amis et par des proches suite à sa libération après 40 années passées en prison pour avoir kidnappé et assassiné un soldat israélien à Ara, une ville du nord d'Israël, le 5 janvier 2023. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Bénéficiant du soutien de plus de 70 législateurs, le projet de loi prévoyant la révocation de la citoyenneté ou de la résidence des terroristes condamnés qui sont rémunérés par l’Autorité palestinienne (AP) a été adopté en première lecture par la Knesset mercredi.

Le projet de loi s’applique à la fois aux citoyens israéliens et aux résidents permanents incarcérés à la suite d’une condamnation pour terrorisme. L’AP verse des allocations régulières aux terroristes condamnés ; le projet de loi s’applique également aux organisations qui versent des allocations au nom de l’AP.

Les législateurs de l’opposition centriste et de droite ont rejoint les députés de la coalition pour soumettre sept projets de loi similaires sur la révocation de la citoyenneté, qui seront regroupés en une proposition unifiée lors du processus d’examen en commission.

Premier des quatre votes nécessaires avant de devenir une loi, la lecture préliminaire a fait suite à la libération la semaine dernière de Karim Younis, le plus ancien condamné pour terrorisme en Israël, qui a passé 40 ans en prison.

Le député du Likud Ofir Katz, qui a présenté le texte principal, a expliqué que cette initiative était destinée à faire cesser le culte du terroriste comme un héros parmi les Arabes israéliens. Younis, qui a tué le soldat de Tsahal Avraham Bromberg en 1980, a reçu un accueil triomphal dans son village natal de Ara.

« Nous avons tous vu ces célébrations et il n’y a pas un Israélien dont l’estomac n’a pas été retourné. Nous devons mettre fin à ces célébrations. Bien que nous ne puissions pas ramener les personnes assassinées, nous pouvons au moins épargner aux familles endeuillées la douleur de ces célébrations. Ceux qui viendront ensuite sauront que la fête est terminée ; ils ne reviendront pas ici mais iront à Ramallah ou à Gaza », a déclaré Katz.

Ofir Katz assiste à une réunion de la commission des Lois et de la Constitution, le 26 juin 2022. (Crédit : Olivier FItoussi/Flash90)

Lors de son intervention en séance plénière à la place du ministre de l’Intérieur Aryeh Deri, dont le ministère est le plus lié au nouveau projet de loi, la ministre des Transports Miri Regev a déclaré que « les terroristes devraient pourrir en prison sans aucun droit. »

« Qui peut imaginer qu’un terroriste jouisse des droits de l’État, de la sécurité sociale, de l’aide au revenu, des études ? Cela n’existe dans aucun pays du monde », a affirmé Mme Regev.

Le législateur Ahmad Tibi, représentant de l’alliance arabe radicale Hadash-Taal, a toutefois déclaré que le projet de loi sur la révocation de la citoyenneté était « raciste » et conçu pour s’appliquer uniquement aux Arabes.

« Il y a une ruse dans ce projet de loi qui a été conçue pour ne s’appliquer qu’aux Arabes. Aucun d’entre vous n’a pensé à appliquer la loi au tueur de [l’ancien Premier ministre Yitzhak] Rabin ou aux assassins de la famille Dawabsha ou d’Abu Khdeir », a déclaré Tibi, désignant trois meurtres à motivation nationaliste commis par des terroristes juifs.

Le député Ahmad Tibi prenant la parole en séance plénière lors d’une cérémonie commémorative marquant les 27 ans de l’assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin, à la Knesset, le 6 novembre 2022. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

« C’est une loi fondamentalement raciste », a ajouté Tibi.

« La citoyenneté est un traité entre l’État et le citoyen, et les paiements ne sont pas une raison pour révoquer la citoyenneté. En cas de meurtre, il existe un tribunal pour juger les gens », a insisté Tibi, ancien conseiller de Yasser Arafat, alors chef de l’AP, et législateur de longue date à la Knesset.

« Je ne ressens absolument pas le besoin de me justifier pour le fait qu’en ce qui me concerne et dans un État juif, j’accorde ma préférence aux Juifs. Oui, Ahmad Tibi, je préfère les meurtriers juifs aux meurtriers arabes », avait dit Hanoch Milwidsky alors que Tibi exprimait son incompréhension.

« Et de manière générale, je préfère les Juifs aux Arabes déloyaux. On ne s’excusera plus pour ça », avait ajouté Milwidsky, empruntant la rhétorique utilisée par le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, disciple de feu le rabbin raciste Meir Kahane.

Le député du Likud a affirmé que l’indignation exprimée par Tibi était malhonnête dans la mesure où il a récemment salué Younis. Tibi a assuré que Younis regrettait son attaque mais qu’il défendait son positionnement de principe en faveur de la fin du contrôle militaire israélien sur les Palestiniens.

Les cousins Maher et Karim Younis, originaires de la ville arabe de Ara dans le nord d’Israël, ont tué le caporal Avraham Bromberg en 1980. Les auteurs du meurtre avaient offert au soldat, qui rentrait chez lui depuis sa base militaire sur le plateau du Golan, de le ramener en voiture, avant de le maîtriser, de lui tirer une balle dans la tête et de lui voler son arme. Ils l’ont laissé sur le bord d’une route où il a été retrouvé et amené à l’hôpital, mais il est mort quelques jours plus tard.

Maher devrait être libéré dans deux semaines. Les deux cousins avaient écopé d’une peine de prison à vie, mais leurs peines ont été commuées en 2012 par le président de l’époque, Shimon Peres.

Traditionnel keffieh noir et blanc sur les épaules, l’ex-prisonnier, brandissant un drapeau palestinien, a été accueilli en héros par ses proches et des centaines de personnes à Ara.

« Chaque histoire de prisonnier est l’histoire de tout un peuple et je suis fier de faire partie de ceux qui se sont sacrifiés pour la Palestine », a déclaré Karim Younis. « Ses cheveux et ses rides ont changé mais sa résilience s’est décuplée », a affirmé son frère Nadim Younis.

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