ONU : Le mémorial de la Shoah américain veut confronter l’Iran à son négationnisme
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ONU : Le mémorial de la Shoah américain veut confronter l’Iran à son négationnisme

Le musée appelle les dirigeants du monde à condamner Téhéran pour sa négation de la Shoah

Eric Cortellessa couvre la politique américaine pour le Times of Israël

Le président iranien Hassan Rouhani s'exprime devant le parlement après la levée des sanctions par l'accord nucléaire, à Téhéran, le 17 janvier 2016. (Crédit : Atta Kenare/AFP)
Le président iranien Hassan Rouhani s'exprime devant le parlement après la levée des sanctions par l'accord nucléaire, à Téhéran, le 17 janvier 2016. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

NEW YORK – Alors que le président iranien Hassan Rouhani s’apprêtait à s’adresser à l’Assemblée générale des Nations unies jeudi, le musée et mémorial de l’Holocauste américain a fait pression sur les dirigeants mondiaux pour qu’ils condamnent Téhéran pour son historique de promotion du négationnisme et fassent pression sur ses dirigeants pour qu’ils reconnaissent la réalité du génocide.

« Nous voulons être certains que les prochaines sessions à l’ONU seront informées de ces tentatives officielles de promouvoir la haine et l’extrémisme à travers le négationnisme de la Shoah », a déclaré mardi Ted Stahkne, directeur du département Négationnisme et Antisémitisme du musée.

« Le musée appelle les dirigeants internationaux à l’Assemblée générale à condamner la falsification de l’Holocauste [par l’Iran]. »

Sur une des pages du site internet du musée, l’histoire du négationnisme iranien du meurtre systématique de plus de six million de juifs par l’Allemagne nazie commence au Jour d’Al-Quds en 1998, quand le président iranien, Ali Akbar Hashemi Rafsanjani a qualifié cet évènement historique de « propagande sioniste ».

Un Iranien observe une caricature montrant Hitler, lors de la deuxième exposition internationale de dessins et caricatures sur l'Holocauste, à Téhéran, le 14 mai 2016. (Crédit : AFP/Atta Kenare)
Un Iranien observe une caricature montrant Hitler, lors de la deuxième exposition internationale de dessins et caricatures sur l’Holocauste, à Téhéran, le 14 mai 2016. (Crédit : AFP/Atta Kenare)

Plus récemment, en mai dernier, il y a eu un concours de caricatures sur le thème de l’Holocauste qui se moquait du massacre nazi. Le porte-parole du département d’Etat américain, Mark Toner, avait déclaré que les Etats-Unis étaient préoccupés que cette exposition soit utilisée comme « une plateforme du négationnisme et du révisionnisme de l’Holocauste, d’un discours antisémite flagrant, semblables à ceux du passé. »

Le ministre des affaires étrangères Zarif avait été interrogé sur cet épisode, mais a affirmé à plusieurs reprises que ce concours était organisé par une ONG et non par le gouvernement iranien.

Jon Stewart et Maziar Bahari (Crédit : capture d'écran YouTube)
Jon Stewart et Maziar Bahari (Crédit : capture d’écran YouTube)

Pendant un appel avec des journalistes mardi, Stahkne et Maziar Bahari, un réalisateur iranien militant, ont indiqué que le discours de Rouhani de jeudi serait son premier à l’ONU, et aux Etats-Unis depuis cet incident.

Ils ont également formulé des mises en garde à l’égard de ceux qui penseraient que Rouhani et Zarif sont des réformateurs modérés, et que le négationnisme en Iran ne provient pas du régime de Téhéran.

Les gens « pensent qu’ils peuvent dire que ‘le gouvernement iranien n’a pas nié l’Holocauste’, mais c’est un mensonge », a déclaré Bahari avant de proposer une explication de la dynamique politique à l’œuvre en Iran.

« Le négationnisme et l’antisémitisme sont devenus les armes de la ligne dure iranienne utilisées contre les réformateurs, a-t-il expliqué. Alors à chaque fois que la ligne dure veut faire pression sur les réformateurs, ils mettent en avant l’antisémitisme et nient l’Holocauste car ils savent exactement ce que cela voudra dire hors d’Iran. »

Sur la base d’un précédent discours de Rouhani à l’ONU et d’un récent éditorial du ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, Stahkne a prédit que le chef du gouvernement iranien utiliserait le forum pour dénoncer l’extrémisme, tout en s’en prenant à son rival régional, l’Arabie saoudite.

La campagne espère cependant tirer cette conversation des mains des Iraniens.

« Les dirigeants iraniens devraient être obligés de parler de leur négationnisme à l’Assemblée générale de l’ONU », a affirmé Bahari.

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