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Avigdor Liberman suggère de reporter le vote du projet de loi sur les implantations

Gideon Saar a lui insisté pour que le vote soit maintenu lundi ; il a qualifié quiconque qui s'y opposerait "d'opposition au sein de la coalition"

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

Le ministre des Finances, Avigdor Liberman prenant la parole lors d'une réunion de la faction Yisrael Beytenu à la Knesset, le 30 mai 2022. (Crédit: Olivier Fitoussi/Flash90)
Le ministre des Finances, Avigdor Liberman prenant la parole lors d'une réunion de la faction Yisrael Beytenu à la Knesset, le 30 mai 2022. (Crédit: Olivier Fitoussi/Flash90)

Alors que la coalition fait face à un vote crucial lundi sur la loi israélienne en Cisjordanie, il n’était toujours pas certain si elle serait en mesure d’obtenir les votes nécessaires pour adopter le projet de loi qui pourrait être la clef de sa survie.

Le projet de loi renouvellerait une mesure de longue date étendant la loi israélienne aux citoyens vivant en Cisjordanie. Cette mesure doit être renouvelée tous les cinq ans et son échec pourrait avoir des conséquences considérables sur les résidents d’implantations.

Le ministre des Finances Avigdor Liberman s’en est pris au chef de l’opposition Benjamin Netanyahu et à son parti, le Likud, pour avoir refusé de soutenir le projet de loi renouvelant l’application du droit civil et pénal israélien aux Israéliens vivant dans les implantations de Cisjordanie, qui doit être voté par la Knesset dans la journée de lundi.

« Je pense que la position de Netanyahu et de ses amis ne surprend personne », a déclaré Liberman lors d’une réunion de faction de son parti Yisrael Beytenu.

« La députée Miri Regev ne se soucie de rien. Pas des viols, pas des soldats, et bien sûr pas des implantations », a-t-il ajouté, en référence aux commentaires récemment enregistrés de la législatrice du Likud sur l’opposition au gouvernement. « Au nom du pouvoir, tout lui est permis. »

Liberman a également affirmé qu’un vote sur le projet de loi ne devait pas nécessairement être organisé lundi, la coalition semblant actuellement manquer d’une majorité pour adopter une prolongation de la « mesure d’urgence ».

« Nous avons du temps jusqu’à la fin du mois de juin… Nous devons nous organiser, nous devons être intelligents. Et à la fin de la journée, nous adopterons la loi sur la réglementation de la Judée et de la Samarie comme toutes les autres lois », a-t-il dit.

Le ministre de la Justice, Gideon Saar, a lui mis en garde contre les conséquences d’un défaut d’adoption de la législation renouvelant le droit israélien pour les Israéliens vivant en Cisjordanie, insistant sur le fait que le projet de loi sera soumis au vote lundi, bien que la coalition semble actuellement manquer de majorité.

Le projet de loi étend le droit pénal israélien et certaines lois civiles déterminantes – telles que l’impôt sur le revenu et l’assurance-maladie – aux Israéliens vivant en Cisjordanie. Bien qu’Israël n’ait pas annexé la Cisjordanie, la mesure garantit que les résidents d’implantations qui y vivent soient traités comme s’ils vivaient en Israël dans la plupart des domaines, sans étendre ces mêmes dispositions juridiques aux Palestiniens.

Promulguée à l’origine au lendemain de la guerre des Six jours de 1967, la loi reste une « mesure d’urgence » qui doit être renouvelée tous les cinq ans. Adoptée pour la dernière fois en 2017, elle doit expirer à la fin du mois de juin.

Le ministre de la Justice Gideon Saar dirigeant une réunion de la faction Tikva Hadasha à la Knesset, le 6 juin 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Saar a critiqué le refus du leader de l’opposition Benjamin Netanyahu de soutenir le projet de loi comme « un coup porté au cœur de l’intérêt national ».

Il a également déclaré, lors d’une réunion de faction de son parti Tikva Hadasha, que tous les membres de la coalition devaient soutenir le projet de loi, qualifiant quiconque refuse de le faire « d’opposition au sein de la coalition ».

« Un membre de la Knesset issu de la coalition qui ne soutient pas une loi aussi fondamentale travaille activement à sa dissolution », a-t-il ajouté. « Un pays ne peut pas être dirigé de cette manière. »

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