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Avignon : La fresque antisémite avec Jacques Attali et Emmanuel Macron effacée

La fresque, qui a été recouverte de peinture, représentait le président français en marionnette manipulée par l'économiste

La fresque antisémite du graffeur « Lekto », en juin 2022. (Crédit : Capture d'écran Instagram Lekto)
La fresque antisémite du graffeur « Lekto », en juin 2022. (Crédit : Capture d'écran Instagram Lekto)

Depuis ces derniers jours, une large peinture murale à Avignon a provoqué une large polémique dans la ville et sur les réseaux sociaux. En cause : son caractère antisémite, que certains, dont la mairie d’Avignon et la collectivité locale, ont initialement refusé de reconnaitre.

La fresque, intitulée « La Bête 2 » et réalisée par le graffeur « Lekto », représentait Emmanuel Macron en marionnette manipulée par l’économiste Jacques Attali, qui est Juif, reprenant ainsi les vieux poncifs antisémites voyant les Juifs comme dirigeant le monde.

Dès la publication de photos de la peinture sur les réseaux sociaux, plusieurs associations juives, responsables politiques et internautes ont dénoncé le caractère antisémite et complotiste de la peinture et demandé son retrait.

Dans un premier temps, la mairie d’Avignon avait demandé l’effacement de la peinture au Grand Avignon, propriétaire du bâtiment sur lequel elle a été peinte, au parking des Italiens.

Mais le Grand Avignon et la ville d’Avignon ont finalement estimé que « chacun pouvait interpréter l’image comme il veut, puisqu’il n’y a pas de mot sur ce mur », et qu’il n’y avait donc pas lieu de procéder à son effacement. Le Grand Avignon et la ville ont dit « vouloir ainsi respecter la liberté d’expression », alors que la fachosphère applaudissait la décision.

« Il faut vraiment ne jamais avoir ouvert un livre d’Histoire pour ne pas voir à quel point cette image reprend tous les codes de la propagande antisémite et de l’iconographie fasciste. Refuser de l’effacer au nom de la ‘liberté d’expression’ est un scandale », avait lui réagi l’eurodéputé Raphaël Glucksmann sur Twitter.

Finalement, la fresque antisémite a été recouverte de peinture hier soir par des jeunes de la ville, a rapporté sur Twitter Amine El-Khatmi, président du mouvement le Printemps républicain.

Face à la polémique, elle a enfin été effacée dans les règles de l’art, et recouverte de blanc, ce vendredi matin par une entreprise mandatée par le Grand Avignon, comme l’avait annoncé hier soir sur la chaine i24News le président du Grand Avignon, Joël Guin.

« À la suite des réactions d’émotion et de la polémique grandissante suscitées par la fresque du graffeur Lekto située sur le parking des Italiens à Avignon, le préfet de Vaucluse a échangé hier avec le président du Grand Avignon, propriétaire des lieux, afin de convenir de l’effacement de cette fresque. Cette opération a été réalisée ce matin même », a indiqué la préfecture dans un courriel à l’AFP.

« Face aux très nombreuses réactions suscitées par la fresque de l’artiste de rue Lekto, faisant subitement l’objet d’une polémique très largement relayée par les réseaux sociaux, la Communauté d’agglomération du Grand Avignon a, dès hier après-midi, pris la décision de recouvrir la façade du bâtiment concerné qui lui appartient », avait quelques instants auparavant annoncé dans un communiqué l’agglomération avignonnaise.

Contacté par l’AFP, le parquet d’Avignon n’a pas souhaité faire de commentaire sur cette affaire et confirmer ou infirmer l’éventuelle ouverture d’une procédure judiciaire.

L’AFP a participé à cet article.

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