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Avignon : L’auteur de la fresque antisémite avec J. Attali convoqué par la justice

Le graffeur Lekto, qui avait représenté Emmanuel Macron manipulé par Jacques Attali, est poursuivi pour antisémitisme

La fresque antisémite du graffeur « Lekto », en juin 2022. (Crédit : Capture d'écran Instagram Lekto)
La fresque antisémite du graffeur « Lekto », en juin 2022. (Crédit : Capture d'écran Instagram Lekto)

En juin dernier, une large fresque représentant Emmanuel Macron en marionnette manipulée par l’économiste Jacques Attali, qui est Juif, reprenant ainsi les vieux poncifs antisémites, voyant les Juifs comme dirigeant le monde, était apparue sur le mur d’un parking d’Avignon (Vaucluse).

Suite à une en­quê­te de la po­lice ju­di­ciaire, la pro­cu­reure d’Avi­gnon, Flo­rence Gal­tier, a pris la décision de pour­suivre le graf­feur Lekto, à l’origine de la peinture. L’homme sera ainsi jugé pour pro­vo­ca­tion à la dis­cri­mi­na­tion, à la vio­lence, à la haine par un pro­pos à ca­rac­tère an­ti­sé­mite, a rapporté le journal Le Dauphiné.

La fresque était intitulée « La Bête 2 ». Elle avait été effacée le 24 juin dernier, recouverte de peinture blanche. Un dessin de chaton est venu recouvrir cette couche fin août.

Jacques Attali avait déposé plainte le 30 juin pour « provocation à la haine et à discrimination raciale » et pour « injure publique ».

« Ce dessin reprend tout ce que l’on a vu, avec la représentation du complot juif, du complot antisémite, qui fait référence à toute cette propagande qu’il y a eu en France, en Allemagne dans les années 1930 », s’était indigné son avocat. « Il faut vraiment être inculte pour ne pas voir que ce dessin est antisémite », avait-il ajouté.

Le graffeur sera ainsi convoqué de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel d’Avi­gnon le 31 oc­tobre. Il ne de­vrait tou­te­fois pas être jugé à cette date, cette pre­mière au­dience ayant pour but d’as­su­rer le main­tien des poursuites au-delà du délai de pres­crip­tion de trois mois ré­gis­sant les dé­lits de presse.

Dès la publication de photos de la peinture antisémite avec Jacques Attali sur les réseaux sociaux, plusieurs associations juives, responsables politiques et internautes avaient dénoncé le caractère discriminatoire et complotiste de la peinture et demandé son retrait.

Dans un premier temps, la mairie d’Avignon avait demandé l’effacement de la peinture au Grand Avignon, propriétaire du bâtiment sur lequel elle a été peinte, au parking des Italiens.

Mais le Grand Avignon et la ville d’Avignon avaient finalement estimé que « chacun pouvait interpréter l’image comme il veut, puisqu’il n’y a pas de mot sur ce mur », et qu’il n’y avait donc pas lieu de procéder à son effacement. Le Grand Avignon et la ville avaient dit « vouloir ainsi respecter la liberté d’expression », alors que la fachosphère applaudissait la décision.

Finalement, la fresque antisémite avait été recouverte de peinture par des jeunes de la ville, puis avait enfin été effacée dans les règles de l’art, et recouverte de blanc, par une entreprise mandatée par le Grand Avignon, avant la peinture de chaton fin août.

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