Ayman Odeh : Gantz a besoin de nous ; je serai meilleur à la Culture que Regev
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Ayman Odeh : Gantz a besoin de nous ; je serai meilleur à la Culture que Regev

Pour le chef de la Liste arabe unie, les idées du chef de Kakhol lavan sont loin des siennes et il ne rejoindra pas son gouvernement ; et contrairement à Regev, il a lu Tchekhov

Le président de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, pendant une réunion de faction à la Knesset, le Parlement israélien à Jérusalem, le 18 novembre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le président de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, pendant une réunion de faction à la Knesset, le Parlement israélien à Jérusalem, le 18 novembre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Samedi, le chef de la Liste arabe unie Ayman Odeh a déclaré que le dirigeant du parti Kakhol lavan Benny Gantz ne serait pas en mesure de former une coalition sans l’alliance à prédominance arabe. Il a ajouté qu’il briguerait le poste de ministre de la Culture s’il devait un jour entrer dans un gouvernement qu’il pourrait accepter.

« Je ne serai pas ministre dans le gouvernement israélien – Benny Gantz est loin de mes positions, a déclaré Odeh. Mais s’il devait se former un gouvernement que je souhaite, je serais ministre de la Culture. »

« Je serais meilleur que [Miri] Regev, sans aucun doute, a-t-il dit, en référence à l’actuelle ministre de la Culture du parti du Likud. La culture est quelque chose d’important, de stratégique et de constructif. »

« Bien sur, j’ai lu Tchekhov. La culture globale et ces valeurs me sont proches », a-t-il déclaré lors de l’événement à Beer Sheva.

La ministre de la Culture et des Sports Miri Regev s’exprime lors d’un programme sur le chaine de tv mobile du Likud dans le cadre de la campagne électorale du parti, à Méron, dans le nord d’Israël, le 22 août 2019. (Crédit : David Cohen/Flash90)

La ministre de la Culture Miri Regev avait déclaré lors d’un entretien en 2015 qu’elle n’avait jamais lu aucune des œuvres du dramaturge russe. Dans le passé, Odeh s’est confronté verbalement à la ministre du Likud pour sa rhétorique anti-arabe.

Sans le soutien de la Liste arabe unie, Gantz ne devrait pas être en mesure d’avoir assez d’élus pour tenter de former un gouvernement après le vote du 2 mars. Il espère détrôner le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Les sondages continuent à placer Netanyahu en tête d’un bloc de députés de droite et religieux qui est plus important que le bloc d’opposition que Gantz peut rassembler, sans la Liste arabe unie.

Alors que la Liste arabe unie après les précédentes élections de septembre avait recommandé au président Reuven Rivlin de confier à Gantz la charge de négocier une coalition, Odeh a déclaré mardi « qu’il n’y avait aucune chance qu’il le soutienne ou qu’il le recommande encore s’il ne se prononce pas contre ce [plan de Trump] ».

Odeh a exclu de rejoindre tout gouvernement qui inclurait Avidgor Liberman et son parti Yisrael Beytenu.

Le président du parti Kakhol lavan, le député Benny Gantz (à droite), et le président du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman font une déclaration commune aux médias après une réunion pour les négociations de coalition à l’hôtel Kfar Maccabia à Ramat Gan, le 14 novembre 2019. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Mardi, Gantz a déclaré qu’il appliquerait le plan de paix de l’administration Trump s’il était élu suite au prochain scrutin national, même s’il n’était pas favorable aux provisions de l’accord de la Maison Blanche qui verraient des villes arabes israéliennes faire partie d’un futur Etat palestinien.

En tournée dans les communautés arabes israéliennes du nord du pays, Gantz a rejeté la perspective d’un partenariat avec l’alliance de quatre partis à majorité arabe dans un futur gouvernement.

Netanyahu a répondu mardi, affirmant dans un post sur Twitter que Gantz « trompait le public ». Sans le soutien à la Knesset des [députés] Ahmad Tibi, Ayman Odeh et de la Liste arabe unie, Gantz ne pourra pas former un gouvernement. Les électeurs de Kakhol lavan se tournent vers le Likud parce qu’ils savent que seul le Likud sous ma direction peut former un gouvernement de droite fort et sûr ».

Les commentaires de Gantz sont survenus après une déclaration d’Odeh, mardi, selon laquelle il ne soutiendra pas Gantz en tant que Premier ministre à moins qu’il n’ait fait une déclaration claire excluant publiquement des éléments du plan de paix américain, à savoir le transfert de certaines villes arabes israéliennes à un État palestinien et l’extension de la souveraineté israélienne à la vallée du Jourdain et à d’autres régions de Cisjordanie.

Quelques heures plus tard, Gantz a déclaré qu’il s’opposait à la première problématique mais n’a pas commenté la seconde.

« Je veux retirer cette question de la table des négociations et déclarer qu’aucun citoyen israélien, Juif ou Arabe, ne sera contraint d’aller dans un autre pays », a déclaré M. Gantz.

Gantz a souligné qu’il « a l’intention de mettre en œuvre le plan de paix du président Trump, en coordination avec tous les éléments de la région, et le considère comme une étape importante ».

Après la présentation du plan par le président américain Donald Trump à la Maison Blanche le 28 janvier, Gantz a déclaré qu’il soumettrait la proposition à l’approbation de la Knesset s’il était élu Premier ministre. Netanyahu a lui adopté la proposition, tandis que les Palestiniens l’ont entièrement rejetée.

Le président américain Donald Trump (à droite) lors d’une réunion bilatérale élargie avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 27 janvier 2020, dans le bureau ovale de la Maison Blanche. (Photo officielle de la Maison Blanche par D. Myles Cullen)

Le plan permet à Israël d’étendre sa souveraineté à la vallée du Jourdain et à ses implantations en Cisjordanie – des zones que les Palestiniens réclament pour un futur État. Une autre proposition controversée consiste à redessiner les frontières d’Israël pour que de multiples villes arabes de la zone dite du Triangle soient incluses dans un futur État palestinien.

Netanyahu a déclaré que Gantz pourrait former un gouvernement minoritaire « qui s’appuie sur ceux qui rejettent Israël en tant qu’État juif et démocratique et qui glorifient les terroristes qui assassinent nos soldats et nos citoyens », une affirmation que Gantz a rejetée.

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