BAFTA: une cinéaste britano-palestinienne récompensée pour son court-métrage
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BAFTA: une cinéaste britano-palestinienne récompensée pour son court-métrage

Farah Nabulsi dédie sa récompense "au peuple de Palestine qui attend depuis trop longtemps la liberté et l'égalité" ; le film sera en compétition avec un film israélien aux Oscars

Farah Nabulsi accepte le prix BAFTA du court métrage britannique pour son film, The Present, le 10 avril 2021. (Capture d'écran : BAFTA/ Youtube)
Farah Nabulsi accepte le prix BAFTA du court métrage britannique pour son film, The Present, le 10 avril 2021. (Capture d'écran : BAFTA/ Youtube)

Le court-métrage britano-palestinien « The Present », qui relate le quotidien d’un père et sa fille en Cisjordanie a été sacré meilleur court-métrage lors de la 74e cérémonie des British Academy Film Awards samedi.

Farah Nabulsi, une cinéaste britano-palestinienne, a accepté cette distinction à distance, lors de la cérémonie qui a été retransmise depuis le Royal Albert Hall à Londres, et s’est déroulée sur deux jours, conformément aux directives liées à la Covid-19.

Dans son discours, Nabulsi a dédié sa récompense « au peuple de Palestine, qui attend depuis trop longtemps la liberté et l’égalité ».

Le film, également nominé aux Oscars, raconte l’histoire d’un Palestinien, Yusef, et de sa fille, qui souhaitent acheter un cadeau. Le film montre le duo se faire arrêter à un checkpoint, affronter des soldats israéliens et marcher dans des routes ségréguées.

« The Present » est le premier film réalisé par Nabulsi. En plus d’être la réalisatrice et la productrice du film, Nabulsi a co-écrit le scénario avec Hind Shoufani, poète et réalisatrice palestino-américaine, selon Al-Jazeera.

Le film met également en vedette Saleh Bakri, un célèbre acteur palestinien.

Nabulsi a parlé de certains de ses espoirs pour « The Present » lors d’une table ronde virtuelle organisée par Other Israel Film Festival – un festival dont les films présentent un « regard approfondi sur les sociétés israélienne et palestinienne et sur les populations sous-représentées en Israël ».

« Je veux que le public… réfléchisse à la vie que mènent les gens comme Yusef et Yasmine. Quand quelque chose de simple, quand le quotidien est délibérément et inutilement compliqué », a dit Nabulsi.

« Les Palestiniens veulent juste… vivre une vie de liberté et d’indépendance », a-t-elle ajouté.

Husam Zomlot, chef de la mission palestinienne au Royaume-Uni, a écrit sur Twitter que « ‘The Present' » capture la douleur d’une nation, qui dure depuis trop longtemps. Nous avons été les victimes de l’oppression et de l’oubli. Merci. »

Le film est disponible sur Netflix. Le 25 avril, il sera en lice pour l’Oscar du meilleur court-métrage.

« The Present » est en compétition avec le film israélien « White Eye » qui raconte l’histoire d’un homme, nommé Omer, qui se fait voler son vélo. Omer appelle la police pour dénoncer un migrant érythréen, Yunes, qu’il accuse d’avoir volé son vélo. Le film met en lumière les difficultés auxquelles sont confrontés les migrants et demandeurs d’asile en Israël.

Hymne à la gloire de hippies modernes sillonnant les Etats-Unis, « Nomadland » a récolté quatre prix : meilleur réalisateur (Chloé Zhao), meilleur film, meilleure actrice (l’Américaine Frances McDormand) et meilleure photographie, dimanche au cours de la cérémonie des Bafta, les récompenses britanniques du cinéma.

La réalisatrice Chloe Zhao, à gauche, apparaît avec l’actrice Frances McDormand sur le plateau de tournage de « Nomadland ». (Crédit : Searchlight Pictures via AP, FIle)

Emerald Fennell a reçu le prix du meilleur scénario original pour le thriller féministe « Promising young woman », qui a aussi obtenu le Bafta du meilleur film britannique.

Anthony Hopkins a été sacré meilleur acteur pour son interprétation d’un vieil homme sombrant dans la démence dans « The Father », du Français Florian Zeller, qui a aussi obtenu le prix du meilleur scénario adapté.

Le Bafta du meilleur second rôle féminin est allé à la Sud-coréenne Youn Yuh-jung, 73 ans, pour « Minari », qui évoque l’histoire d’une famille américaine d’origine sud-coréenne à la recherche d’une nouvelle vie à la campagne.

Le Britannique Daniel Kaluuya, 32 ans, a reçu le prix du meilleur second rôle masculin pour son interprétation de Fred Hampton, jeune leader du mouvement révolutionnaire noir Black Panther, dans le film « Judas and the Black Messiah ».

Le prix de l' »étoile montante » est revenu à Bukky Bakray pour « Rocks », qui met à l’honneur une bande d’adolescentes de divers horizons et faisant leurs premiers pas au cinéma. Elle y interprète une adolescente de 15 ans abandonnée par sa mère et qui tente de s’en sortir avec son jeune frère, soutenue par ses amies.

C’est le tout premier rôle de cette jeune fille à la double nationalité britannique et nigériane qui avait été repérée dans son cours de théâtre.

Des cris de joie ont retenti au domicile de l’actrice à cette annonce. « Merci mon dieu, merci à mes parents », a réagi la jeune fille.

Cette récompense constitue une consolation pour ce film qui avait cumulé sept nominations, autant que « Nomadland ». Mais son statut de favori outsider constituait tout un symbole pour des récompenses critiquées pour leur manque de diversité.

Chloe Zhao pose pour un portrait lors du festival du film Sundance à Park City, dans l’Utah, le 22 janvier 2018. (Crédit ; Photo Taylor Jewell/Invision/AP, Dossier)

Les nominations 2020 ne comportaient aucun acteur non blanc dans les quatre principales catégories et aucune réalisatrice n’avait été retenue, ce qui a poussé l’organisation à ajouter un tour de scrutin dans le but d’atteindre une plus grande diversité dans sa sélection.

Grâce à de nouvelles règles qui, entre autres, ont rendu obligatoire le visionnage de tous les films de la liste longue pour les électeurs de l’académie, la liste des nominés pour les rôles principaux de cette année était étonnamment plus diversifiée, et quatre des six cinéastes nommés pour le meilleur réalisateur étaient des femmes : Zhao, Sarah Gavron (« Rocks »), Shannon Murphy (« Babyteeth ») et Jasmila Zbanic (« Quo Vadis, Aida ? »).

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