Bahreïn soumet un projet de résolution à l’ONU pour utiliser la force dans le détroit d’Ormuz
La proposition de Bahreïn, soutenue par d'autres États arabes du Golfe et par les États-Unis, prône le recours à la force pour protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz
Bahreïn a présenté lundi un projet de résolution au Conseil de sécurité des Nations unies, qui autoriserait les États à recourir à « tous les moyens nécessaires » — une formulation diplomatique désignant le recours à la force — pour protéger la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz et autour de celui-ci, selon un texte consulté par Reuters.
Des diplomates ont indiqué que ce projet bénéficie du soutien d’autres États arabes du Golfe et des États-Unis, tout en précisant qu’il était peu probable qu’il soit adopté.
Cette proposition souligne l’inquiétude croissante dans la région face à la menace persistante que l’Iran fait peser sur le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique par lequel transite environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole, et qui sert de pilier aux économies du Golfe.
La fermeture du détroit constitue l’un des principaux objectifs de l’Iran. Le trafic maritime dans cette voie navigable est pratiquement au point mort après que l’Iran a frappé des navires dans le cadre de son conflit avec les États-Unis et Israël.
Le projet de résolution qualifie les actions de l’Iran de menace pour la paix et la sécurité internationales.
Aux termes de ce texte, les États, agissant seuls ou dans le cadre de coalitions navales multinationales volontaires, sont autorisés à recourir à « tous les moyens nécessaires » dans et autour du détroit d’Ormuz – et notamment dans les eaux territoriales des États riverains – pour garantir le passage et prévenir toute mesure visant à bloquer ou entraver la navigation internationale.
La résolution exprime également la volonté d’imposer des mesures, parmi lesquelles des sanctions ciblées.
Le projet de texte « exige que la République islamique d’Iran cesse immédiatement toutes les attaques contre les navires marchands et commerciaux, ainsi que toute tentative d’entraver le transit légal ou la liberté de navigation dans et autour du détroit d’Ormuz ».
Deux diplomates européens et un diplomate occidental estiment qu’une telle résolution n’a guère de chances d’être adoptée par le Conseil de sécurité. En effet, la Russie et la Chine, alliées de l’Iran, sont largement susceptibles d’opposer leur veto au texte si cela s’avère nécessaire.
Pour être adoptée par cet organe de 15 membres, une résolution doit recueillir au moins neuf voix favorables, et ne pas faire l’objet d’un veto de la part de la Russie, de la Chine, des États-Unis, de la Grande-Bretagne ou de la France.
Les diplomates ont par ailleurs fait savoir que la France travaillait également sur un projet de résolution alternatif, qui viserait à obtenir un mandat de l’ONU une fois la situation apaisée.








