Baisse du taux de morbidité – qui reste parmi les plus élevés – chez les Haredim
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Baisse du taux de morbidité – qui reste parmi les plus élevés – chez les Haredim

Le nombre de cas a baissé de 20 à 40% à Jérusalem, Bnei Bak, Beit Shemesh, Modiin Illit et Beitar Illit, la semaine dernière ; il augmente légèrement à Tel Aviv

Un personnel soignant fait un test au coronavirus sur un ultra-orthodoxe à Safed, le 10 février 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)
Un personnel soignant fait un test au coronavirus sur un ultra-orthodoxe à Safed, le 10 février 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Les villes ultra-orthodoxes de tout l’Etat juif – qui ont été les plus durement touchées par la pandémie – commencent à connaître une baisse significative du taux de positivité aux tests de dépistage au coronavirus, selon des données qui ont été transmises vendredi par le ministère de la Santé.

A Jérusalem, où environ 500 000 résidents ultra-orthodoxes constituent plus de 40 % de la population de la ville, le pourcentage de tests positifs, au cours de la semaine dernière, est resté à 14 % – ce qui représente une chute de 25 % par rapport à la semaine précédente.

La ville est encore à la première place du classement dans le pays en nombre de cas actifs – il y en a actuellement 9 084 – et son pourcentage de tests positifs est plus du double du pourcentage national. La capitale est catégorisée, selon le programme dit « de signalisation » mis en vigueur par le gouvernement, comme une ville « orange », ce qui signifie qu’elle est soumise à des directives sanitaires plus strictes.

Il a été interdit aux villes « rouges » et « orange » de rouvrir partiellement les écoles, jeudi dernier, comme l’ont fait les villes « vertes » et « jaunes » – même si Jérusalem est divisée par quartier, ce qui a permis à certains élèves de reprendre le chemin des écoles.

Comme Jérusalem, Bnei Brak a aussi connu une chute de son taux de positivité hebdomadaire, qui est passé de 45 % à 15 %, la semaine dernière. Vendredi matin, il y avait 2 971 cas actifs dans la ville qui est passée de la catégorie « rouge » à la catégorie « orange ».

Dans les implantations haredim de Modiin Illit et de Beitar Illit, les taux hebdomadaires de positivité des tests ont chuté de 42 % et de 22 % respectivement. A Beit Shemesh, où plus de 50 % des 150 000 habitants appartiennent à la communauté ultra-orthodoxe, le même taux a baissé de 37 %, ont révélé des données du ministère de la Santé.

Pendant ce temps, dans la ville largement laïque de Tel Aviv, une augmentation de 8 % a été enregistrée dans le taux de positivité hebdomadaire. La ville compte actuellement 2 660 cas actifs dans sa population de presque un demi-million de personnes.

Des milliers de Juifs ultra-orthodoxes participent aux funérailles de l’éminent rabbin Meshulam Dovid Soloveitchik, à Jérusalem, le 31 janvier 2021. (Crédit : AP / Ariel Schalit)

Ces chiffres prometteurs enregistrés dans la communauté haredi surviennent alors que cette population a payé un tribut particulièrement lourd à la pandémie.

Selon un article publié lundi par l’organisation à but non-lucratif Shomrim, spécialisée dans le journalisme d’investigation, un ultra-orthodoxe sur 73, âgé de plus de 65 ans, est mort de la COVID-19 – soit plus de quatre fois le chiffre enregistré dans le reste de la population pour cette catégorie d’âge.

L’article a établi que 1,3 % des ultra-orthodoxes âgés de plus de 65 ans avait succombé des suites de la COVID-19 contre 0,27 % – ou un sur 373 – dans la population générale.

Shomrim a attribué cette disparité à la décision prise par le ministère de ne pas prendre en compte les décès survenus dans les villes où se côtoient résidents ultra-orthodoxes et non-haredim dans le nombre total des morts attribuables au coronavirus au sein de cette communauté particulière – Shomrim ayant fait le choix, pour sa part, de les comptabiliser.

Indépendamment de la disparité apparaissant dans les chiffres, le taux de mortalité parmi les ultra-orthodoxes israéliens établit clairement le degré de l’impact de la maladie au sein de la communauté, même si une partie de cette dernière continue à mener ses activités quotidiennes sans restrictions et refuse encore de porter le masque ou de respecter les mesures de distanciation sociale.

La colère du public israélien est allée croissante au cours de la pandémie face aux violations fréquentes et à grande échelle des règles de confinement dans certains pans de la population ultra-orthodoxe, un sentiment d’indignation accru par la réticence apparemment affichée par le gouvernement à faire appliquer la loi au sein de la communauté.

Il y a eu de nombreuses violations des directives de confinement induites par le coronavirus dans le pays, mais les plus flagrantes d’entre elles ont eu lieu dans certaines parties de la communauté ultra-orthodoxe. Certains groupes haredim ont largement adhéré aux restrictions mais d’autres les ont tout simplement ignorées, notamment en ouvrant les écoles et en organisant des cérémonies de funérailles massives.

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