Bar Siman Tov : les erreurs du gouvernement risquent de conduire à une 3e vague
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Bar Siman Tov : les erreurs du gouvernement risquent de conduire à une 3e vague

L'ancien directeur général du ministère de la Santé considère les programmes périscolaires comme dangereux et les confinements localisés inefficaces

Moshe Bar Siman-Tov, directeur-général du ministère de la Santé, lors d'une conférence de presse au sujet du coronavirus au ministère de la Santé de Jérusalem, le 31 mai 2020 (Crédit : Flash90)
Moshe Bar Siman-Tov, directeur-général du ministère de la Santé, lors d'une conférence de presse au sujet du coronavirus au ministère de la Santé de Jérusalem, le 31 mai 2020 (Crédit : Flash90)

L’ancien directeur général du ministère de la Santé Moshe Bar Siman-Tov a averti que les politiques du gouvernement sur le deuxième confinement national étaient mauvaises et pourraient conduire à une autre vague d’infections, la troisième depuis le début de la pandémie.

« La mortalité est croissante et nous répétons les erreurs de la dernière fois », a-t-il mis en garde, en référence à la sortie du premier confinement, qui a été suivie d’une seconde vague de contaminations, plus violente.

Bar Siman-Tov a démissionné du ministère de la Santé en mai après avoir mené la lutte contre le coronavirus lors de la première vague. Sa démission résultait d’un vote du cabinet en faveur d’un déconfinement à l’échelle nationale, ce à quoi il était opposé. Cette décision gouvernementale est désormais largement considérée comme une erreur.

Dans une interview accordée au quotidien Yedioth Ahronoth, l’expert a déclaré que la clé du succès était la mise au point d’une stratégie qui permettrait d’éviter la propagation du virus dans les écoles. Il a prédit qu’en dépit des essais encourageants, aucun vaccin ne sera disponible avant l’hiver.

Des extraits de l’entretien ont été publiés mercredi, et l’interview sera disponible dans son intégralité ce week-end.

Il y a des « signes qui indiquent qu’une troisième vague » de contaminations arrive, a dit Bar Siman-Tov. Il a suggéré aux autorités de trouver des moyens de maintenir le taux de propagation sous contrôle.

Il a estimé qu’un troisième confinement national était « très certainement » possible.

Des enfants portent des masques dans une salle de classe de l’école Kramim à Jérusalem lors de leur premier jour de rentrée des classes après le confinement national, le 1er novembre 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

« Le vecteur a été et reste le système éducatif », a-t-il souligné. Il a critiqué le plan actuel selon lequel les élèves du CP au CM1 étudient en petits groupes séparés, mais que dans les programmes périscolaires de l’après-midi, les groupes se retrouvent mélangés.

« C’est comme si nous ne faisions rien [pour garder les élèves séparés] », a-t-il dit.

« Le périscolaire est le maillon faible, parce que c’est là-bas qu’ils se mélangent », a-t-il indiqué. « À mon sens, c’est le plus important. »

La vague de contaminations qui a suivi le premier déconfinement a été largement attribuée à la reprise des cours.

Toute future ouverture du système éducatif doit être fait par petites capsules d’élèves, a conseillé Bar Siman-Tov.

En ce qui concerne le plan national de feux de circulation du responsable de la lutte contre le coronavirus Ronni Gamzu, qui consiste à diviser le pays en zones colorées en fonction des taux d’infection locaux et à appliquer ensuite des fermetures localisées en conséquence, Bar Siman-Tov a déclaré que cette méthode ne peut être que partiellement efficace, car les restrictions ne sont jamais hermétiques.

« À Jérusalem, de nombreux travailleurs en zone verte viennent de zones rouges », a-t-il dit. « C’est inévitable. À de nombreux égards, Israël est une cellule épidémiologique unique. Si demain le gouvernement autorise la présence de 50 convives à un mariage, ils viendront de toutes les régions confondues. »

Le directeur général du ministère de la Santé, Moshe Bar Siman Tov, lors d’une conférence de presse au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 11 mars 2020. (Flash90)

L’arrivée de l’hiver et de la grippe, qui a été sévère ces deux dernières années, risquent de surcharger le système de santé et impacter le « très bon voire excellent » niveau de soins dont bénéficient les patients atteints de coronavirus.

« Est-ce que l’hôpital risque d’être en difficulté ? S’il y a une grippe sévère qui vient s’ajouter au coronavirus, c’est possible », estime-t-il.

« L’hiver est le principal défi auquel fait face le système de santé », a-t-il souligné, prédisant qu’aucun vaccin contre le coronavirus ne sera disponible avant la fin de la saison.

Bar Siman-Tov a jugé encourageants les annonces du groupe pharmaceutique américain Pfizer, qui mène un essai clinique pour son vaccin.

« Nous avons l’espoir que quelque chose puisse changer », a-t-il dit.

« J’espère que les annonces resteront optimistes, mais parallèlement, il est important de comprendre que nous allons devoir passer l’hiver sans vaccin », a-t-il ajouté.

Le ministère de la Santé a diffusé mercredi les nouveaux chiffres : 663 cas de coronavirus ont été confirmés mardi, ce qui reste supérieur au seuil de 500 cas par jour que les autorités sanitaires se sont fixé pour passer à la prochaine étape du déconfinement.

Les Israéliens font du shopping à la réouverture des magasins à Jaffa Street, au centre de Jérusalem, le 8 novembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

On dénombre 8 105 cas actifs, dont 304 dans un état grave. Parmi eux, 126 sont sous respirateur. Au total, depuis le début de la pandémie, 320 846 personnes ont été contaminées et 2 683 sont décédées.

La baisse du nombre de nouveaux cas quotidiens, observée au cours du confinement national en cours, s’est récemment stabilisée dans un contexte de réouverture progressive, ce qui a conduit le Premier ministre Benjamin Netanyahu et les responsables de la santé à avertir que si les chiffres venaient à augmenter, il n’y aurait plus d’assouplissement des restrictions.

Israël a fortement réduit son taux de contamination, passant de quelque
8 000 à la mi-septembre à plusieurs centaines à la fin octobre, grâce au confinement, le deuxième depuis le début de la pandémie. Il est toutefois resté obstinément supérieur à 500 par jour, la plupart des jours avec 30 000 tests ou plus.

Le confinement a paralysé une grande partie de la vie publique et de l’économie, et a mis à l’arrêt tout le système éducatif. Le gouvernement a commencé à lever certaines restrictions il y a quelques semaines, en ouvrant les écoles maternelles et les jardins d’enfants, puis les classes du CP au CM1, et en permettant à certains commerces de reprendre leurs activités. Le reste du système scolaire fonctionne en distanciel.

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