Israël en guerre - Jour 286

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Barak prédit de potentielles victimes parmi les manifestants, pas de guerre civile

"Nous gagnerons, avec les protestations les plus pacifiques ; Netanyahu n'a ni troupes, ni volonté, ni capacité de mener une guerre civile," a déclaré l'ex-Premier ministre à CBS

L'ancien premier ministre Ehud Barak participe à une manifestation contre la réforme judiciaire prévue par le gouvernement, le 25 février 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
L'ancien premier ministre Ehud Barak participe à une manifestation contre la réforme judiciaire prévue par le gouvernement, le 25 février 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

L’ancien Premier ministre Ehud Barak a prévenu qu’il pourrait y avoir des victimes parmi les manifestants opposés à la refonte du système judiciaire proposée par le gouvernement, mais il affirme que les tensions qui secouent actuellement le pays au sujet des mesures proposées par le gouvernement pour limiter les pouvoirs du système judiciaire ne dégénéreront pas en guerre civile.

Dans une interview mardi à New York, où le Premier ministre Benjamin Netanyahu est en visite pour assister à l’Assemblée générale des Nations unies, Barak a déclaré qu’Israël entrait dans une période de « désobéissance civile non-violente », et a fait l’éloge des manifestations de masse hebdomadaires organisées depuis le début de l’année pour protester contre le remaniement du système judiciaire envisagé par le gouvernement.

« Le mouvement de protestation ne se relâchera pas. Nous allons bloquer cette attaque contre la démocratie israélienne et nous gagnerons cette bataille », a déclaré Barak à la chaîne de télévision CBS. « Cela pourrait prendre du temps, et certaines personnes pourraient y laisser leur vie. J’ai prévenu le public que cette lutte serait laborieuse, pleine de sueur et de larmes, qu’il n’y aurait pas de sang, mais qu’elle pourrait être violente, une violence venant toujours de la droite. »

« Nous vaincrons, quel que soit le prix à payer », a-t-il ajouté.

Bien que Barak ait prédit la poursuite des troubles, l’ancien chef du parti Avoda s’est dit « convaincu que, malgré toutes les mises en garde, il n’y aura pas de guerre civile en Israël ».

« Ce n’est pas possible. Bibi Netanyahu n’a ni les troupes, ni la volonté, ni la capacité de le faire. Nous triompherons, grâce aux manifestations les plus pacifiques jamais organisées », a-t-il déclaré, en utilisant le surnom de son ancien partenaire et rival politique.

Barak, qui est devenu un critique virulent de Netanyahu ces dernières années, est une figure emblématique des manifestations et a déjà appelé à la désobéissance civile, ce qui lui a valu des dénonciations enflammées de la part des membres de la coalition. Certains ont demandé qu’il soit mis en prison, et un membre du Likud, le parti au pouvoir, a même déclaré que « dans d’autres pays, une telle personne serait pendue ».

Dans son interview, Barak a laissé entendre qu’Israël deviendrait « une dictature de facto » si la refonte était adoptée – en l’état -, mais il a juré que cela n’arriverait pas.

« Je ne veux même pas y penser. Nous n’allons pas devenir une dictature de facto, que ce soit la version polonaise, la version hongroise ou la version turque », a-t-il déclaré. « Nous, le peuple, défendons notre démocratie contre une tentative de la détruire de l’intérieur (…). La démocratie devrait être capable de se défendre. »

« Il ne s’agit pas d’une refonte judiciaire », a poursuivi Barak, affirmant que le remaniement était au contraire une tentative de saper l’indépendance du système judiciaire et « d’éjecter Israël de la famille des démocraties ».

Barak a également critiqué les partenaires d’extrême-droite de Netanyahu, le ministre des Finances Bezalel Smotrich (HaTzionout HaDatit) et le ministre de la Sécurité intérieure Itamar Ben Gvir (Otzma Yehudit), en comparant leurs nominations à l’idée que des dirigeants du groupe d’extrême-droite Proud Boys soient nommés à la tête du Trésor américain et du ministère de la Sécurité intérieure. Il a accusé Netanyahu de s’être allié à eux pour tenter de mettre fin aux poursuites pour corruption en cours contre lui, et pour lesquelles le Premier ministre nie tout acte répréhensible.

« Voilà ce contre quoi nous, le peuple, nous nous dressons fermement », a-t-il déclaré.

De gauche à droite : le leader d’Otzma Yehudit, le député Itamar Ben Gvir, le chef de l’opposition et leader du Likud, Benjamin Netanyahu, et le chef de HaTzionout HaDatit, le député Bezalel Smotrich. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Conformément aux résultats de récents sondages, Barak a noté que la plupart des Israéliens s’opposent aux propositions de refonte du système judiciaire et que la question du remaniement du système judiciaire n’avait jamais été au cœur de la campagne de Netanyahu avant les élections législatives de novembre dernier, au cours desquelles son bloc (droite, religieux et extrême-droite) a remporté une majorité de sièges – 64 sur les 120 sièges de la Knesset.

« Netanyahu est très isolé, désespéré, presque déconcentré et déséquilibré, et son gouvernement est clairement illégitime et, à mon humble avis, même illégal dans sa tentative de changer le système lui-même », a accusé Barak.

Les opposants à la refonte affirment que le projet législatif portera atteinte à la démocratie et aux droits d’Israël et menacera la sécurité, l’économie et la réputation internationale du pays. Les partisans du remaniement affirment qu’il permettra de contrôler un système judiciaire jugé trop « activiste » et de restituer le pouvoir aux représentants élus.

Au cours des huit derniers mois, des centaines de milliers de personnes issues de tous les secteurs de la société israélienne ont participé à des manifestations contre la refonte, depuis les universitaires, les chefs d’entreprise, les avocats, les experts de l’armée et de la sécurité, les réservistes et les membres des services de sécurité et jusqu’au secteur de la high-tech.

À l’étranger, des militants expatriés se sont montrés particulièrement efficaces pour gêner les ministres du gouvernement et les membres de la Knesset lors de leurs récentes visites à New York et dans d’autres villes américaines, en utilisant un réseau de sympathisants pour suivre les législateurs, comme lors de la visite de Netanyahu cette semaine.

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