BarakaCity: l’Intérieur invoque des messages « apologiques » du terrorisme
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BarakaCity: l’Intérieur invoque des messages « apologiques » du terrorisme

Les autorités ont engagé une procédure de dissolution visant l'ONG, dans le collimateur des autorités depuis l'assassinat de Samuel Paty, en raison de ses tendances radicales

Stand de BarakaCity lors de la 34e Rencontre annuelle des musulmans de France en 2017. (Crédit : Wikimedia Commons)
Stand de BarakaCity lors de la 34e Rencontre annuelle des musulmans de France en 2017. (Crédit : Wikimedia Commons)

Les autorités ont officiellement engagé une procédure de dissolution visant l’ONG BarakaCity en raison de messages de son président qui peuvent être « caractérisés comme apologiques d’actes de terrorisme », selon un document du ministère de l’Intérieur obtenu par l’AFP.

Fondée en 2010, cette association fait partie des structures dans le collimateur des autorités depuis l’assassinat du professeur Samuel Paty, en raison de ses accointances avec l’islam radical.

La notification du ministère, envoyée mardi soir au président de l’association Driss Yemmou Sihamedi, donne à BarakaCity un délai de « cinq jours » pour contester la demande de dissolution administrative, qui devra être formellement actée par un décret en Conseil des ministres.

Dans un tweet mercredi, les avocats de l’ONG, William Bourdon et Vincent Brengarth, ont dénoncé « l’indigence des motifs construits de toutes pièces par l’administration pour discréditer l’association, à travers son président, ainsi que la célérité de cette décision », qui, selon eux « confirment le caractère totalement politique et opportuniste de cette mesure ».

Ils considèrent comme « frappant » que la notification « ne contien(ne) strictement aucun élément précis reprochable à l’association ».

Dans sa notification, l’Intérieur fait état de « messages publiés en ligne depuis les comptes de l’association ou (ceux de son président) » qui « provoquent de très nombreux commentaires hostiles à l’Occident, à la laïcité, aux francs-maçons ou encore aux musulmans qui ne partagent pas la conception de l’islam promue par l’association ». Il est également fait état de commentaires antisémites à la suite des ces messages.

Il est reproché aussi des déclarations et prises de positions publiques de la part du président, notamment « un refus de condamner clairement les agissements de l’Etat islamique » en janvier 2016 lors d’une émission de télévision. Et plus récemment, en septembre dernier, l’envoi de deux messages condamnant la republication des caricatures de Mahomet. « Le premier évoque un châtiment contre les caricaturistes et le second justifie clairement les attentats et comprend des propos qui peuvent être caractérisés comme apologiques d’actes de terrorisme ».

Dans un tweet, l’association a annoncé mercredi que ses avocats allaient saisir le défenseur des droits et la Commission nationale consultative des droits de l’homme « afin de contester cette mesure arbitraire « .

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