Belgique : « Auschwitz. camp. », la nouvelle exposition de la Kazerne Dossin
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Belgique : « Auschwitz. camp. », la nouvelle exposition de la Kazerne Dossin

Camp de concentration et d’extermination avant tout, devenu symbole de la Shoah, Auschwitz avait aussi un autre rôle : celui de devenir une ville nazie "modèle"

La Kazerne Dossin, en Belgique, transformée en camp de transit par les nazis. (Crédit : Wasily/Wikimedia Commons)
La Kazerne Dossin, en Belgique, transformée en camp de transit par les nazis. (Crédit : Wasily/Wikimedia Commons)

Du 24 octobre 2019 au 25 juin 2020, la Kazerne Dossin – mémorial, musée et centre de documentation sur l’Holocauste et les droits de l’homme – située à Malines, en Belgique, à proximité d’un ancien camp de transit, accueille l’exposition « Auschwitz. camp. ».

Camp de concentration et d’extermination avant tout, devenu symbole de la Shoah, Auschwitz avait aussi un autre rôle : celui de devenir une ville nazie « modèle ».

« Barbelés, mauvais traitements, crimes de masse… Mais derrière l’horreur se décline un vaste projet », expliquent les commissaires de l’exposition.

« Auschwitz faisait partie du projet de colonisation allemand avec une ‘expansion vers l’est’. À la recherche d’un Lebensraum, les SS souhaitaient développer un immense territoire avec Auschwitz comme métropole centrale. »

Outre ses camps, la ville polonaise comptait ainsi des voies ferrées, des quartiers d’habitation ou encore des usines, et notamment un important complexe de biochimie d’IG Farben, dans lequel travaillaient nombre de déportés.

L’exposition tente de répondre à plusieurs questions : « Comment un camp de travaux forcés est-il devenu un centre de mise à mort pourvu de chambres à gaz ? Comment le colonialisme, les pensées racistes et la politique d’extermination ont-ils mené à l’un des événements les plus tragiques de notre histoire récente ? »

Décrit comme un « empire nazi en pleine construction », Auschwitz fonctionnait à partir de rouages « complexes et méconnus », expliqués dans l’exposition.

Le magazine d’entreprise d’IG Farben, avec des nazis en couverture. (Crédit : Kazerne Dossin)

« L’idée ici est de montrer Auschwitz dans toute son envergure. Parce que, évidemment, on connaît l’histoire concentrationnaire, beaucoup de gens pensent que le centre de mise à mort est situé à Auschwitz même, alors qu’il se trouve à Birkenau ; beaucoup de gens ont l’image symbolique de l’entrée du camp avec ‘Arbeit macht frei’ comme on l’a repris ici, et aussi les rails qui rentrent à l’intérieur du camp de concentration de Birkenau », a expliqué Laurence Schram, historienne à la Kazerne Dossin, à la RTBF.

« Cette exposition permet de visualiser géographiquement l’ampleur du projet nazi, mais aussi de pouvoir visionner où se trouve chacun des éléments. Car Auschwitz est une histoire compliquée : c’est un endroit où il y a, à la fois, un centre de mise à mort et plusieurs camps de concentration puisqu’on a plusieurs dizaines de commandos qui dépendant d’Auschwitz, donc de camps annexes. Et Birkenau est le camp des femmes, le camp des Tziganes, mais aussi, en dehors de ça, en périphérie du lieu, nous avons les chambres à gaz crématoires et les deux petites chambres à gaz, Bunker 1 et Bunker 2, qui font, elles, partie intégrante du centre de mise à mort », ajoute-t-elle.

« On montre le développement géographique du projet. À ma connaissance, il n’y a pas d’autres expos qui ont fait ce genre de chose. De permettre aux gens de clairement localiser les lieux, de comprendre l’imbrication entre cette histoire d’extermination et d’exploitation jusqu’à la mort d’une main-d’œuvre qui ne coûte rien. »

L’exposition présente des séries de photos, notamment plusieurs extraites de l’album de l’officier SS Höcker, ainsi que des cartes et des objets. Une grande maquette, œuvre centrale de l’exposition, est aussi présentée.

L’exposition est ouverte tous les jours sauf le mercredi. Le tarif d’entrée est de 9 euros pour les visiteurs individuels. Plus d’informations sur le site de la Kazerne Dossin.

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