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Belgique : L’imam interdit de séjour aurait appartenu à un réseau djihadiste

Mohamed Toujgani serait le troisième homme du réseau, qui aurait envoyé des jeunes combattre pour Al-Qaïda en Irak au milieu des années 2000

Mohamed Toujgani. (Capture d'écran : YouTube)
Mohamed Toujgani. (Capture d'écran : YouTube)

Mohamed Toujgani, l’imam principal de la mosquée Al Khalil de Molenbeek, expulsé la semaine dernière de Belgique, aurait appartenu il y a une quinzaine d’années à un réseau qui recrutait des jeunes pour rejoindre le groupe terroriste Al-Qaïda en Irak, ont rapporté les médias belges Het Laatste Nieuws et 7sur7.

L’information a pour origine un rapport confidentiel de 2007 de la division anti-terroriste de la police judiciaire de Bruxelles.

Dans celui-ci, un djihadiste repenti cite différents membres du réseau – certains dont les noms ont depuis figuré dans les dossiers des attentats de Bruxelles et Paris.

Parmi les dirigeants de ce réseau figureraient Bassam Ayachi, 75 ans, ancien dirigeant du « Centre islamique belge », responsable du départ de plusieurs jeunes en Irak, parti lui-même combattre en Syrie en 2013. Son bras droit, Abdelkader Chouaa, 67 ans, aurait entretenu des liens avec le Hofstadgroup, cellule terroriste à laquelle appartenait l’homme qui a assassiné le réalisateur néerlandais Theo van Gogh en 2004. L’homme a également été accusé de recruter des jeunes pour le djihad en Syrie en 2015. Son frère aurait aidé les terroristes qui ont visé Paris en novembre 2015.

Mohamed Toujgani serait le troisième homme du réseau. Selon le rapport, il se serait rendu au moins deux fois en Allemagne et en Espagne en compagnie d’Abdelkader Chouaa, dans le but de rencontrer des fidèles.

Une photo prise avec un téléphone portable le 14 novembre 2015 montre une camionnette de l’unité belge de déminage SEDEE tandis que les policiers bloquent une rue lors d’un raid de la police dans le quartier de Molenbeek à Bruxelles, peut-être en relation avec les attentats meurtriers du 13 novembre à Paris. (Crédit : AFP Photo / Belga / Hendrik Devriendt)

L’existence du réseau aurait été prouvée par le départ en Irak depuis Bruxelles de deux jeunes musulmans en novembre 2005. L’un d’eux, Ali Tabich, 26 ans, est mort le mois suivant. L’autre, Rachid Ahrouch, 27 ans, est rentré en Belgique en mai 2006 et a été condamné à 5 ans de prison. Il a été arrêté en 2017 avec deux de ses frères, accusés de complicité avec les auteurs des attentats de Bruxelles. Ils ont finalement été libérés. 

Faute de preuve, les trois chefs présumés de ce réseau de recrutement n’ont jamais été poursuivis pour ces faits.

Mohamed Toujgani, de nationalité marocaine, a été interdit de séjour en Belgique en octobre, car il est considéré comme « une menace à la sécurité nationale », pour avoir notamment appelé à « brûler des Juifs » dans une vidéo datant de 2009 et ressorti en 2019, a indiqué le gouvernement belge.

Cet imam, Mohamed Toujgani, qui prêchait jusqu’à l’an dernier à la mosquée Al-Khalil à Molenbeek, l’un des plus grands lieux de culte musulman de Belgique créé par les Frères musulmans, s’est vu retirer son permis de séjour « le 12 octobre » 2021, ont précisé dans un communiqué les services de Sammy Mahdi, secrétaire d’État belge à l’Asile et la Migration. L’homme a depuis fait appel de la décision.

Sammy Mahdi. (Crédit : Capture d’écran YouTube)

M. Toujgani, considéré comme un religieux influent, responsable de la Ligue des imams marocains de Belgique, était surveillé par la Sûreté de l’État, le service de renseignement civil belge.

Sammy Mahdi explique avoir décidé l’interdiction de séjour il y a trois mois « sur la base d’informations provenant des services de sécurité », et « en raison de signes d’un grave danger pour la sécurité nationale ». Cette interdiction porte sur une durée de dix ans.

La mosquée Al-Khalil, située dans la commune bruxelloise de Molenbeek, est gérée par la Ligue d’entraide islamique (LEI) qui se présente comme « la plus grande institution musulmane de Belgique », comptant également des centres de formation et une école en langue arabe accueillant 500 enfants et adolescents.

Elle était déjà connue dans les années 1980 pour recruter des jeunes pour le djihad en Afghanistan. Au moins trois des assaillants des attentats de Paris (Abdel Hamid Abaaoud, Chakib Akrouh et Salah Abdeslam) l’auraient fréquentée.

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