Belgrade mécontent de l’établissement de relations Kosovo-Israël
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Belgrade mécontent de l’établissement de relations Kosovo-Israël

La reconnaissance du Kosovo par l’État hébreu va "sans aucun doute influencer les relations entre la Serbie et Israël", a noté le ministre serbe des Affaires étrangères

Les drapeaux kosovar et américain flottent à Pristina, au Kosovo, le 29 juin 2020. (Ferdi Limani/ Getty Images via JTA)
Les drapeaux kosovar et américain flottent à Pristina, au Kosovo, le 29 juin 2020. (Ferdi Limani/ Getty Images via JTA)

L’établissement de relations diplomatiques entre Israël et le Kosovo a, sans surprise, provoqué le mécontentement de Belgrade qui refuse toujours de reconnaître l’indépendance de son ex-province à majorité albanaise musulmane proclamée en 2008.

Dans le cadre d’un échange de reconnaissance mutuelle, Israël a reconnu officiellement lundi le Kosovo rejoignant ainsi la plupart des pays occidentaux mais pas la Serbie, la Chine et la Russie.

Le Kosovo a, de son côté, non seulement reconnu lundi Israël, mais aussi Jérusalem comme la capitale de l’État hébreu en demandant officiellement à y ouvrir son ambassade au cours des prochains mois.

« Nous avons investi de sérieux efforts dans nos relations avec Israël ces dernières années et nous ne sommes pas heureux » de cette décision, a déclaré mardi à la télévision d’État (RTS) le ministre serbe des Affaires étrangères Nikola Selakovic.

La reconnaissance du Kosovo par l’État hébreu va « sans aucun doute influencer les relations entre la Serbie et Israël », a noté le ministre.

L’accord Israël/Kosovo avait été évoqué en septembre dernier à Washington par le président américain d’alors Donald Trump dans le cadre de pourparlers économiques avec la Serbie et son voisin kosovar.

Le président américain Donald Trump observe le Premier ministre kosovar Avdullah Hoti (à droite) et le président serbe Aleksandar Vucic (à gauche) signer un accord sur l’ouverture de relations économiques, dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington, DC, le 4 septembre 2020. (Photo de Brendan Smialowski / AFP)

La Serbie et Kosovo mènent depuis des années un dialogue sur la normalisation de leurs relations jonché d’interruptions, de crises répétées et d’obstacles. Le dialogue avait brièvement repris en juillet 2020 avant d’être de nouveaux interrompu après une réunion début septembre à Bruxelles.

Vieux de plus de deux décennies, insoluble depuis la dernière des guerres ayant déchiré l’ex-Yougoslavie (1998-99), ce conflit reste un danger pour la stabilité du Vieux Continent.

Des accords de normalisation conclus en 2013 sous la houlette de l’Union européenne sont restés pour la plupart lettre morte.

La guerre du Kosovo (1998-99) a fait plus de 13 000 morts, la majorité des Albanais. Elle s’est terminée quand une campagne occidentale de bombardements a contraint les forces serbes à se retirer de ce territoire.

Depuis août 2020, Israël a multiplié les accords de normalisation avec des États arabes – Emirats arabes unis, Bahreïn, Soudan et le Maroc – mais ces pays n’ont toutefois pas reconnu la ville de Jérusalem comme capitale d’Israël.

Belgrade a établi ses relations avec Israël en 1991. Les deux pays entretiennent depuis de bonnes relations qui se traduisent par des investissements israéliens en Serbie surtout dans le domaine de l’immobilier.

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