Ben Gourion se serait opposé au retour des Arabes de Haïfa pendant la guerre
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Ben Gourion se serait opposé au retour des Arabes de Haïfa pendant la guerre

Le contenu d'une lettre, qui doit être vendue aux enchères la semaine prochaine, semble contredire le témoignage de Golda Meir

David Ben Gourion à son domicile (Crédit : Bureau de Presse du Gouvernement)
David Ben Gourion à son domicile (Crédit : Bureau de Presse du Gouvernement)

Une lettre dactylographiée et signée par l’ancien Premier ministre David Ben Gourion – qui doit être vendue lors d’une vente aux enchères la semaine prochaine – semble contredire la version de Golda Meir sur la fuite des résidents arabes de Haïfa pendant la Guerre d’Indépendance, a rapporté mercredi Haaretz.

Le prix de départ de la lettre est de 1 800 dollars. La vente aux enchères aura lieu à la maison de vente aux enchères Kedem, à Jérusalem.

Datée du 2 juin 1948 – six semaines après la conquête de Haïfa et seulement quelques semaines après que l’indépendance d’Israël a été déclarée -, la lettre de Ben Gourion est adressée à Abba Hushi, le secrétaire général du Conseil des travailleurs de Haïfa qui deviendra plus tard le maire de Haïfa de 1951 à 1969.

Dans le document, Ben Gourion demande à Abba Hushi d’examiner si un bâtiment de l’école professionnelle que les autorités mandataires britanniques avaient construit pour les résidents arabes de la région serait approprié pour l’Armée de l’Air israélienne naissante, qui avait exprimé son intérêt pour l’acquisition de l’immeuble.

Ben Gourion y exprime également son mécontentement envers le consul britannique de l’époque, qui œuvrait pour le retour des habitants arabes de Haïfa, et écrit qu’il ne souhaite pas que « l’ennemi » revienne avant la fin de la guerre.

Le contenu de la lettre a d’abord été publié dans le livre « Abba Hushi – Homme de Haïfa » paru en 2002.

25 Iyar 5708
02/06/48

Au camarade Abba Hushi:

Près de l’aéroport de Haïfa se trouve une école professionnelle établie pour les Arabes par le gouvernement précédent. L’Armée de l’Air souhaite recevoir l’école pour elle-même. Je vous prie de trouver les conditions qui gèrent l’école et de me dire si des motifs existent pour ne pas transférer l’école à l’Armée de l’Air.

J’entends que Monsieur Marriott [Ben Gourion se réfère ici à Cyril Marriott, le consul-général britannique à Haïfa à l’époque] travaille pour ramener les Arabes à Haïfa. Je ne sais pas de quoi se mêle Monsieur Marriott – mais nous ne voulons pas que l’ennemi revienne jusqu’à ce que la guerre soit finie. Et toutes les institutions devraient agir conformément à cette politique.

Quant à la question du port de Haïfa, je vais m’en occuper.

Avec mes salutations fraternelles,
D. Ben Gourion

Selon Haaretz, la lettre semble contredire un récit ulterieur de Golda Meir, qui a écrit dans son autobiographie, « Ma vie », que Ben Gourion lui avait demandé de se rendre à Haïfa pour persuader les résidents arabes de ne pas fuir.

« Ben Gourion m’a appelée et m’a dit : « Je veux que vous alliez immédiatement à Haïfa pour veiller à ce que les Arabes qui restent à Haïfa soient traités de manière appropriée. Je veux aussi que vous essayiez de convaincre les Arabes qui sont déjà sur la plage de rentrer chez eux. Vous devez faire entrer dans leurs têtes qu’ils n’ont rien à craindre », a-t-il dit. Et donc, j’y suis allée immédiatement. Je me suis assise sur la plage et les ai suppliés de rentrer chez eux … Je les ai suppliés jusqu’à ce que je sois épuisée, mais cela n’a pas marché », avait écrit Meir.

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