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Ben Gvir demande à la police de retirer les drapeaux palestiniens de tout lieu public

Un condamné, récemment libéré après 40 ans de prison pour avoir tué un soldat en 1980, a brandi le drapeau palestinien lors de son accueil triomphal à Ara

Un Palestinien brandissant son drapeau national alors que des Israéliens lèvent le leur à l'occasion de Yom Yeroushalayim, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 29 mai 2022.  (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)
Un Palestinien brandissant son drapeau national alors que des Israéliens lèvent le leur à l'occasion de Yom Yeroushalayim, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 29 mai 2022. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a ordonné à la police de retirer les drapeaux palestiniens de l’espace public à partir de dimanche, une décision qui semble être une réponse ad hoc à la récente libération d’un terroriste qui brandissait un drapeau palestinien la semaine dernière.

Ben Gvir, chef du parti ultra-nationaliste Otzma Yehudit, a déclaré qu’il avait ordonné au chef de la police, Kobi Shabtai, de mettre en œuvre cette nouvelle politique.

« Le ministre Ben Gvir a envoyé au bureau du chef de la police un ordre stipulant que tous les officiers de police, quel que soit leur grade, sont autorisés, dans le cadre de leur travail, à retirer les drapeaux de l’Autorité palestinienne », a-t-il indiqué dans le communiqué de son bureau.

Il n’est pas illégal de déployer des drapeaux palestiniens. La police dispose d’une grande marge de manœuvre pour prendre des mesures visant à maintenir l’ordre public. Une proposition, qui aurait rendu illégal le déploiement d’un drapeau palestinien par des organismes financés par l’État, a été adoptée en première lecture par la Knesset au mois de juin avant d’être rejetée.

Ben Gvir a déclaré que son ordonnance « s’appuie sur le fait qu’arborer un drapeau [palestinien] est une forme de soutien au terrorisme », faisant allusion au drapeau en tant que symbole de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

L’annonce est intervenue quelques heures après que le ministre d’extrême-droite a convoqué Shabtai pour le sermonner sur le fait que des célébrations aient été organisées dans la ville arabe de Ara pour marquer le retour d’un résident local qui a purgé 40 années de prison pour terrorisme après avoir assassiné un soldat israélien en 1980. Lors de cet accueil triomphal, le condamné libéré, Karim Younis, avait brandi un drapeau palestinien.

Ben Gvir avait ordonné à la police d’empêcher les célébrations publiques à Ara, s’appuyant sur un avis juridique selon lequel de telles célébrations constituent un soutien au terrorisme.

L’Arabe israélien Karim Younis porté par des amis et par des proches suite à sa libération après 40 années passées en prison pour avoir kidnappé et assassiné un soldat israélien à Ara, une ville du nord d’Israël, le 5 janvier 2023. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

« Il n’est pas possible que des personnes en infraction avec la loi brandissent des drapeaux du terrorisme, incitent et soutiennent le terrorisme. J’ai donc ordonné que les drapeaux soutenant le terrorisme soient retirés de l’espace public », a déclaré Ben Gvir dans le communiqué dimanche. « S’identifier à un terroriste et au fait de nuire aux soldats de Tsahal n’est pas protégé par la liberté d’expression. »

Il n’est pas clair si la police appliquera l’ordre, le dernier point de discorde entre Ben Gvir et Shabtai. La police s’est tournée vers les conseillers juridiques du gouvernement pour obtenir des conseils sur la manière dont cet ordre peut être appliqué, si tant est qu’il le soit, a rapporté la Treizième chaîne. De sérieuses contestations juridiques sont attendues.

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, arrivant pour une réunion au bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 29 décembre 2022. (Crédit : Ohad Zwigenberg/Pool)

Le ministre d’extrême-droite s’est prononcé à plusieurs reprises, dans le passé, en faveur de l’introduction de la peine de mort pour les terroristes condamnés. Il a critiqué les efforts de la police à l’encontre des Juifs nationalistes et ce qu’il considère comme une approche trop douce à l’égard des suspects non-Juifs.

En mai, la police israélienne a fait l’objet d’une condamnation internationale pour ses tactiques musclées lors de la procession funéraire de la journaliste d’Al-Jazeera, Shireen Abu Akleh, notamment pour avoir arraché des drapeaux palestiniens aux personnes en deuil. Abu Akleh a été tuée à Naplouse par ce que les enquêteurs ont déterminé comme étant « une balle israélienne perdue ».

Les violences entre policiers et Palestiniens pendant la procession funéraire de la journaliste Shireen Abu Akleh à Jérusalem, le 13 mai 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Il n’y a pas de règles claires sur le moment où les drapeaux palestiniens sont autorisés à être déployés, et les instructions de la Procureure générale sont de les retirer uniquement « lorsqu’il y a une forte suspicion que le fait de brandir le drapeau conduise à une grave perturbation de l’ordre publique », selon un article du moi de mai paru dans le quotidien israélien Haaretz.

En 2021, le prédécesseur de Ben Gvir, Omer Barlev, avait demandé au chef de la police de limiter la confiscation des drapeaux lors d’événements publics.

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