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Ben & Jerry’s va revoir sa demande de suspension du transfert de licence israélienne

Le juge a rejeté l'argument du géant de la crème glacée selon lequel son image de marque serait irrémédiablement endommagée par la décision d'Unilever de se séparer de sa filiale

Des pots de glace Ben & Jerry’s en vente à Jérusalem le 19 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Des pots de glace Ben & Jerry’s en vente à Jérusalem le 19 juillet 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ben & Jerry’s a annoncé mardi son intention de revoir sa plainte contre la société mère Unilever afin de relancer une action en justice visant à empêcher la vente des produits Ben & Jerry’s en Cisjordanie.

Le géant américain de la crème glacée avait initialement affirmé que son image de marque serait endommagée par la décision d’Unilever de vendre la licence à une filiale israélienne, mais le mois dernier, un juge fédéral américain a rejeté cette plainte, la qualifiant de « trop spéculative ».

Le type de revirement juridique envisagé par Ben & Jerry’s n’est pas clair. L’entreprise a déclaré qu’elle signifierait les nouveaux documents au tribunal d’ici le 27 septembre, Unilever devant répondre d’ici le 1er novembre, selon Reuters.

La bataille judiciaire en cours découle de la décision prise par le fabricant de crème glacée en 2021 de boycotter les implantations israéliennes, et s’est transformée en un conflit juridique rare entre une grande entreprise et sa société mère.

Ben & Jerry’s a intenté un procès à Conopco, la principale filiale américaine d’Unilever, le 5 juillet dernier, après que Conopco a scindé Ben & Jerry’s Israël, lui accordant son indépendance dans le cadre d’un accord juridique. Ben & Jerry’s affirme que cette opération a violé l’accord d’acquisition qu’elle avait signé avec Unilever en 2000.

L’avocat de Ben & Jerry’s, Shahmeer Halepota, a déclaré à Bloomberg que l’accord de fusion entre la société de crème glacée et Unilever conférait à ses fondateurs « l’autorité » sur les décisions concernant les questions de justice sociale, même si elles étaient en conflit avec les intérêts commerciaux.

Des camions sont garés dans l’usine de crème glacée Ben & Jerry’s dans la zone industrielle de Be’er Tuvia, le 20 juillet 2021. (Crédit : Tsafrir Abayov/AP)

Dans sa plainte initiale, la société basée dans le Vermont avait déclaré que sa succursale israélienne, détenue par Avi Zinger, pouvait créer de nouveaux parfums et changer leur branding pour en faire des slogans en faveur de l’implantation, portant ainsi atteinte à l’image sociale de Ben & Jerry’s.

À titre d’exemple, les avocats ont expliqué que Ben & Jerry’s pouvaient créer un parfum pour soutenir les Palestiniens, et que la filiale israélienne pouvait reprendre ce même parfum et le présenter comme favorable aux implantations. Pour Ben & Jerry’s, la stratégie de branding entourant sa mission sociale et son activisme est essentielle à son succès commercial.

Ben & Jerry’s a également déclaré qu’un étiquetage contradictoire pourrait semer la confusion chez les consommateurs.

Pour obtenir une injonction préliminaire, la société de crème glacée a dû prouver qu’elle subirait un préjudice irréparable « réel ou imminent » en l’absence d’une injonction.

Le juge n’a pas accepté ces revendications, déclarant : « Ce prétendu préjudice est trop spéculatif… [le] demandeur n’a pas réussi à démontrer un préjudice irréparable ».

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