Benjamin et Sara Netanyahu devraient être interrogés en même temps – média
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Benjamin et Sara Netanyahu devraient être interrogés en même temps – média

Le Premier ministre devrait être interrogé dans le cadre de l’affaire 4 000 et les enquêteurs devraient présenter au couple des éléments identiques

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et son épouse Sara Netanyahu à la Knesset à Jérusalem, le 28 juin 2017 (Crédit : Olivier Fitoussi / Pool)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et son épouse Sara Netanyahu à la Knesset à Jérusalem, le 28 juin 2017 (Crédit : Olivier Fitoussi / Pool)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son épouse Sara devraient être tous les deux interrogés dans l’affaire pour corruption chez Bezeq vendredi, un jour avant que le Premier ministre ne se rende aux États-Unis pour un voyage diplomatique d’une semaine.

Ils devraient être interrogés simultanément mais séparément à la résidence officielle du Premier ministre, a affirmé mercredi Hadashot TV, ajoutant que les enquêteurs pourraient présenter des documents identiques au couple, y compris les enregistrements recueillis lors de l’enquête.

Le Premier ministre sera interrogé après avoir été informé de ces droits dans cette affaire, le désignant comme un suspect possible, selon Hadashot.

Il devrait également témoigner dans une enquête distincte, connue sous le nom de l’affaire 3 000, dans laquelle il n’a pas été désigné comme un suspect, a précisé le reportage de la chaîne. L’affaire concerne des soupçons de corruption dans l’achat s’élevant à plusieurs milliards de shekels de sous-marins et d’autres navires à un constructeur naval allemand

L’affaire Bezeq, également connue sous le nom de l’affaire 4 000, implique Shaul Elovitch, l’actionnaire principal du géant des télécommunications Bezeq, qui aurait ordonné au site d’information Walla, dont il est également le propriétaire, d’accorder une couverture positive aux Netanyahu en échange de l’avancement de règlementations lui étant favorables.

Shaul Elovitch au tribunal du district de Tel-Aviv pour une audience de prolongation de détention dans l’affaire 4 000, la 26 février 2018 (Crédit : Flash90)

Dans un autre reportage diffusé mercredi, la Dixième chaîne a publié un texto envoyé par Sara Netanyahu à Iris Elovitch, l’épouse de Shaul, fustigeant la couverture sur les Netanyahu sur Walla et l’invitant à la « changer rapidement ».

« Vous nous tuez. Vous nous massacrez. Vous détruisez l’état. De quel type de site s’agit-il ? », a écrit Sara Netanyahu dans un message WhatsApp dont la date d’envoi n’a pas été précisée, selon le rapport. « Changez ça. Faites quelque chose sur ça. Vous êtes les propriétaires du site. Cela devra changer rapidement. »

Vendredi, la Dixième chaîne a retranscrit un autre texte envoyé par Netanyahu à Elovitch, demandant pourquoi l’éditeur de Walla, Aviram Elad, n’avait pas encore été renvoyé.

« Cela ne peut pas continuer comme ça, je pensais qu’on en avait parlé. Cela a duré trop longtemps. Pourquoi ai-je besoin de lire sur votre site Web des choses comme ça ? Faites quelque chose à ce sujet ! », a ordonné Sara Netanyahu dans le message.

Plus tôt la semaine dernière, la Dixième chaîne a annoncé que le PDG de Walla, Ilan Yeshua, avait déclaré à la police que Netanyahu avait demandé à Shaul Elovitch de renvoyer Elad.

Le tribunal de district de Tel Aviv discute de l’affaire Bezeq, le 25 décembre 2017 (Crédit : Flash90)

Iris Elovitch, qui est elle-même une suspecte dans l’affaire, a critiqué la publication du premier message WhatsApp.

« Il s’agit d’une fuite interdite et grave qui déforme la réalité, tout en ignorant systématiquement les faits importants qui n’ont pas été présentés [qui] prouveraient qu’Iris Elovitch n’a commis aucune infraction », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Le Premier ministre, qui nie avoir commis tout acte répréhensibles dans les nombreuses affaires pour corruption qui pèsent sur lui, a également critiqué les « fuites partiales et trompeuses » en réponse au reportage.

L’enquête pour la corruption, nommée l’affaire 4 000, a pris de l’ampleur cette semaine après que l’ISA a, pour la première fois, nommé Benjamin Netanyahu comme l’une des personnes soupçonnées d’être impliquées dans cette affaire de corruption, qui pourrait s’élever à environ 1 milliard de shekels.

S’exprimant lors d’une audience au cours de laquelle Shaul Elovitch et Nir Hefetz, l’ancien conseiller média du Premier ministre, ont fait appel de leur maintien en détention. Le procureur Yehudit Tirosh de l’ISA a déclaré que Netanyahu était au centre d’un « exemple très grave de don et d’acceptation de pots-de-vin ».

Toujours mercredi, le ministre de la Justice Ayelet Shaked a déclaré que suite à une affaire dans laquelle un juge chargé de superviser l’affaire Bezeq coordonnait apparemment les détentions des suspects avec le procureur, les tribunaux changeraient leurs procédures, ont signalé les médias hébreux.

« Nous allons enquêter sur l’incident et des règles claires seront envoyées afin que cela ne se répète pas », a déclaré Shaked.

La ministre de la Justice, Ayelet Shaked (C), en compagnie de la présidente de la Cour suprême, Esther Hayut (D) et du ministre des Finances, Moshe Kahlon, ainsi que des membres du Comité de sélection des juges, le 22 février 2018. (Hadas Parush/Flash 90)

Shaked et la présidente de la Cour suprême, Esther Hayut, ont également déclaré qu’une plainte officielle contre le juge, Ronit Poznansky-Katz, serait déposée devant la Cour suprême et qu’un tribunal spécial serait établi pour imposer des mesures disciplinaires à son encontre.

Le communiqué indique que les mesures pourraient aller d’une simple réprimande officielle à un licenciement. Poznansky-Katz a été relevée de ses fonctions jusqu’à la fin de la procédure disciplinaire.

Mardi, le médiateur, le juge Eliezer Rivlin, a statué qu’aucune accusation criminelle ne devrait être portée contre Poznansky-Katz, recommandant qu’elle fasse face à une audience disciplinaire à la place.

Rivlin a déclaré que sa correspondance avec l’avocat d’Israël Securities Authority Eran Shacham-Shavit concernant les suspects dans l’enquête Bezeq était « hautement inappropriée », mais qu’il n’a pas trouvé la preuve qu’elle s’était engagée dans une collusion justifiant une enquête criminelle.

Shlomo Filber, le directeur général du ministère de la Communication, lors d’une réunion de la Knesset tenue le 24 juillet 2016 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Récemment de nombreuses évolutions ont été signalées dans l’affaire 4 000, suite à l’arrestation d’un certain nombre de personnes impliquées dans l’enquête.

Shlomo Filber, l’ancien directeur général du ministère des Communications et confident de longue date de Netanyahu, a signé un accord la semaine dernière pour devenir un témoin à charge et il pourrait peut-être incriminer Netanyahu dans cette affaire.

La détention de Filber a été prolongée de 15 jours, mercredi, et il doit rester pendant cette période dans un établissement situé dans un lieu tenu secret, pendant que la police continue de l’interroger.

Le tribunal de Tel Aviv a prolongé jeudi les détentions d’Elovitch et de son épouse de quatre jours dans cette enquête pour corruption.

Netanyahu a été ministre des Communications entre novembre 2014 et février 2017. Au cours de cette période, la couverture de Walla a changé et s’est montrée plus complaisante pour la famille Netanyahu, et Bezeq a été autorisé, entre autres choses, à acheter le fournisseur de câble satellite Yes, contournant les questions sur la concurrence et revenant sur son engagement de louer son infrastructure à des concurrents en télécommunication afin de fournir des services de téléphonie et d’Internet à des prix concurrentiels.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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