Benjamin Haddad accuse LFI d’avoir « une fois de plus passé un été antisémite »
Le ministre délégué chargé de l’Europe a énuméré les controverses ayant marqué le parti de Jean-Luc Mélenchon, de l’interruption du concert de Barbara Butch à l’affaire Gisèle Journo
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Invité de « La Grande Interview » sur CNEWS en ce dimanche 30 août, le ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, a réaffirmé qu’il ne voterait jamais pour le parti de Jean-Luc Mélenchon, tout en refusant de se laisser enfermer dans une alternative entre La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN).
Le ministre était interrogé sur la position du bloc central à l’égard de LFI. Le journaliste lui demandait notamment s’il plaçait réellement le RN et LFI « sur la même étagère », relevant que les responsables du centre affirmaient régulièrement qu’ils ne voteraient jamais pour le RN, mais semblaient moins nombreux à prendre un engagement aussi catégorique concernant LFI.
Benjamin Haddad a répondu avoir, pour sa part, toujours adopté une position sans ambiguïté à l’égard de LFI. S’il n’a pas formulé de hiérarchie entre les deux formations, ce dernier a insisté sur son refus de devoir choisir entre elles et réaffirmé sa ligne personnelle : aucun vote pour La France insoumise.
« Moi j’ai toujours dit que je ne mettrai jamais un bulletin LFI dans une urne. Et quand la question s’était posée en 2024 à l’élection législative, j’avais répondu de façon très claire : pas une voix pour la France insoumise. »
Le ministre faisait référence aux élections législatives anticipées de 2024 et aux débats qui avaient alors traversé le camp présidentiel sur l’attitude à adopter dans les circonscriptions où un candidat LFI se retrouvait opposé à un candidat du RN au second tour.
« Donc moi j’ai toujours combattu la France insoumise. Je refuse cette alternative puisque précisément je me bats pour que le pays n’est pas à faire face à cette alternative entre le RN et LFI », a-t-il poursuivi.
« La France insoumise a une fois de plus passer un été antisémite »
Benjamin Haddad a par la suite dressé un inventaire des faits antisémites en lien avec le parti de Jean-Luc Mélanchon, évoquant les affaires Barbara Butch et Gisèle Journo.
« On a menacé une DJ d’origine juive, Barbara Butch, y compris violemment, physiquement. On a menacé une agence, l’agence Gisèle [Paris], en lançant des appels au boycott. »
Haddad a également ciblé la programmation des universités d’été de LFI, déplorant que Salah Hamouri figure parmi les invités, et qu’un film sur Georges Abdallah ait été diffusé.
Arrêté et emprisonné en Israël en 2005, Salah Hamouri a été condamné en 2008 à sept ans de prison par un tribunal israélien l’ayant reconnu coupable de participation à un projet d’assassinat d’Ovadia Yossef, ancien grand rabbin d’Israël. Le Franco-Palestinien, qui clame son innocence dans cette affaire, avait été libéré dans le cadre de l’accord de 2011 ayant permis la libération du soldat franco-israélien Gilad Shalit, enlevé par le groupe terroriste palestinien du Hamas. Israël le soupçonne par ailleurs de liens avec le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), une organisation considérée comme terroriste par l’État hébreu et l’Union européenne. Il nie ces accusations.
Concernant Georges Abdallah, il s’agit d’un ancien instituteur libanais devenu terroriste au sein du FPLP, qui a fondé au début des années 1980 les Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), un groupuscule marxiste et pro-syrien. Son nom est associé à plusieurs actions violentes, dont au moins cinq attentats revendiqués en France en 1981 et 1982. Arrêté en 1984 à Lyon sous une fausse identité, il est initialement condamné pour détention d’armes et d’explosifs, avant d’être reconnu coupable en 1987 de complicité dans les assassinats d’un diplomate américain et d’un diplomate israélien, et dans une tentatived’assassinat contre un troisième. Il a depuis été libéré, après près de quarante ans de détention, puis expulsé vers le Liban.
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