Bennett a soutenu la motion qui aurait pu rendre Lapid Premier ministre
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Bennett a soutenu la motion qui aurait pu rendre Lapid Premier ministre

Le Likud de Netanyahu a fustigé le chef de Yamina, un "complice", pour son soutien à la motion ; pour Yamina, le parti au pouvoir doit se consacrer à la lutte contre l'épidémie

Le chef de Yamina Naftali Bennett s'exprime lors d'une session plénière de la Knesset à Jérusalem le 24 août 2020. (Crédit : Oren Ben Hakoon / POOL)
Le chef de Yamina Naftali Bennett s'exprime lors d'une session plénière de la Knesset à Jérusalem le 24 août 2020. (Crédit : Oren Ben Hakoon / POOL)

Les partis du Likud et de Yamina ont échangé des piques, lundi soir, après que deux députés du parti de Bennett, qui siège dans l’opposition, ont voté en faveur d’une motion de censure qui aurait entraîné le remplacement du Premier ministre Benjamin Netanyahu par Yair Lapid, à la tête de la formation centriste Yesh Atid et leader de l’opposition, si elle avait été adoptée.

Le chef de Yamina, Naftali Bennett, et le député Matan Kahana ont tous les deux apporté leur soutien à la motion, qui a été rejetée en séance plénière par 53 voix « contre » et 30 votes »pour ».

« Complice un jour, complice toujours. Bennett a décidé, ce soir, de quitter le bloc de droite et de recommander Yair Lapid [au poste de Premier ministre] », a écrit le Likud dans un communiqué.

Défendant son vote, Yamina a indiqué que Bennett et Kahana avaient voté le renversement du gouvernement, et que leur vote n’était nullement un soutien apporté à Lapid.

« Même un néophyte sait qu’il n’y a aucune chance que Lapid hérite un jour de la couronne de Premier ministre », a fait savoir le parti dans un communiqué. « Nous suggérons aux membres du Likud de se consacrer à l’éradication du coronavirus, d’œuvrer pour que les Israéliens retrouvent leurs revenus, et de cesser leurs pirouettes de bas étage ».

Le chef de Yamina Naftali Bennett s’exprime lors d’une session plénière de la Knesset à Jérusalem, le 24 août 2020. (Crédit : Oren Ben Hakoon / POOL)

Bennett lui-même a plus tard répondu sur Twitter en écrivant, dans des mots directement adressés à Netanyahu, : « Vous ne comprenez tout simplement pas les terribles souffrances traversées actuellement par vos citoyens. Ce que signifie perdre ses revenus. Parce que si vous le compreniez… Vous aussi auriez voté cette motion de censure à l’égard de ce terrible gouvernement. »

Bennett a ajouté qu’il était inapproprié de la part de Netanyahu de se livrer à des piques politiques « le jour-même où le 2 000e Israélien est mort du coronavirus et alors que neuf millions de citoyens se trouvent aujourd’hui emprisonnés chez eux, dévorés par une anxiété existentielle et économique ».

Le Likud a aussi critiqué Bennett pour avoir voté aux côtés des membres arabes de l’opposition – ce à quoi Yamina a répondu que Netanyahu avait, lui aussi, voté avec les partis arabes lorsqu’il se trouvait sur les bancs de l’opposition.

Le parti Yamina de Bennett a connu une forte hausse dans les sondages dans un contexte de critiques nombreuses de la gestion par Netanyahu de la crise induite par le coronavirus. La semaine dernière, une enquête d’opinion a accordé 23 sièges à Yamina contre 26 au Likud de Netanyahu. Lors des élections du mois de mars, Yamina avait gagné 6 sièges et le Likud 36.

Lundi matin, Bennett s’en était pris avec vivacité à Netanyahu après que le Premier ministre s’est enorgueilli de la mise en place, par le gouvernement, d’un deuxième confinement national visant à réduire des taux d’infection au coronavirus qui avaient grimpé en flèche dans le pays.

« Monsieur le Premier ministre, savez-vous pourquoi il y a une telle perte de confiance publique dans le gouvernement ? C’est parce que vous ne dites pas la vérité. Un confinement n’est pas une image de victoire. Un confinement, c’est l’image d’un échec. D’un échec terrible », avait dit Bennett dans un discours prononcé depuis la tribune de la Knesset pendant la séance qui avait ouvert la session hivernale du parlement.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime en séance plénière à la Knesset, le 12 octobre 2020. (Crédit : Yaniv Nadav/Bureau du porte-parole de la Knesset)

Dans sa propre allocution devant les parlementaires, Netanyahu avait salué la décision d’imposer un deuxième confinement et indiqué qu’Israël avait été le premier pays à le faire et que d’autres nations lui emboîteraient le pas.

« Aujourd’hui, la majorité des Israéliens constatent que la décision que j’ai prise d’imposer un bouclage du pays était la bonne. Sans confinement, nous nous serions avancés directement vers l’abysse », avait maintenu le Premier ministre. « C’est très exactement ce qui était arrivé lors de la première vague. Nous avions été les premiers à fermer les frontières et à imposer un confinement et les autres nous avaient suivis. »

Accusant Netanyahu de malhonnêteté à l’égard du public israélien, Bennett a estimé que « seuls les Etats qui se conduisent mal en arrivent au confinement. Et ceux qui disent que tous les pays imposeront un confinement mentent ».

« La nation a perdu confiance en vous parce que vous ne croyez pas en la nation. Ceux qui croient en la nation n’utilisent pas un confinement en en tirant une quelconque fierté », a continué Bennett.

Yamina a gagné en popularité au fur et à mesure que le mouvement de protestation dénonçant la corruption de Netanyahu a, pour sa part, gagné en ampleur et alors que le pays s’est trouvé dans l’incapacité de contenir la pandémie de coronavirus.

Lundi soir, Israël a franchi le sombre cap des 2 000 morts des suites du coronavirus, a annoncé le ministère de la Santé, avec plus de 1 000 décès enregistrés en un peu plus d’un mois.

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