Bennett annule un événement avec une ONG accusée d’aider les terroristes
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Bennett annule un événement avec une ONG accusée d’aider les terroristes

L'Association pour les droits civils en Israël dément ces accusations après que des familles en deuil ont convaincu le ministre de l'Education de s'opposer à la conférence de la journée des droits de l'Homme

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Naftali Bennett, président du parti HaBayit HaYehudi, pendant la réunion de son groupe parlementaire à la Knesset, le 24 juillet 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Naftali Bennett, président du parti HaBayit HaYehudi, pendant la réunion de son groupe parlementaire à la Knesset, le 24 juillet 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le ministre de l’Education Naftali Bennett a ordonné mardi l’annulation d’une conférence sur les droits de l’Homme, accusant un groupe de défense des droits civils d’avoir aidé les terroristes et d’oeuvrer en faveur de la déligitimation d’Israël.

En réponse, l’Association pour les droits civils en Israël (ACRI) a démenti cette accusation, demandant l’intervention du Procureur général Avichai Mandelblit pour qu’il renverse les instructions d’annulation de l’événement données par le ministre.

Cette conférence parrainée par le ministère et qui était prévue mercredi avait pour objectif d’offrir aux enseignants des informations sur leurs droits en amont de la Journée internationale des droits de l’Homme, organisée le 10 décembre.

L’ACRI, qui défend les libertés civiles indépendamment des affiliations politiques et qui travaille avec le ministère de l’Education depuis des décennies sur d’autres projets, était l’un des groupes qui devaient participer à ce sommet.

L’ACRI a indiqué avoir appris l’annulation de la conférence dans un communiqué de presse émis par l’organisation de droite Im Tirtzu, a fait savoir le site hébreophone Ynet.

Dans son appel à Mandelblit, l’ACRI note que « cette instruction donnée par le ministre Bennett est un autre lien dans la chaîne de délégitimation des organisations issues de la société civile de la part de hautes personnalités du gouvernement ».

Selon Im Tirtzu, c’est une requête provenant de 45 proches de victimes du terrorisme, qui accusait le groupe de défendre les terroristes, qui a convaincu Bennett d’annuler l’événement.

« L’ACRI est une organisation de délégitimation radicale qui, parmi ses activités anti-israéliennes variées, nous combat, nous, les familles en deuil, de manière directe en défendant les terroristes qui ont assassiné nos enfants, nos parents, nos frères, nos époux et nos épouses », ont écrit les familles selon une traduction en anglais de la requête qui a été publiée par Im Tirtzu.

Bennett, qui est le chef du parti nationaliste HaBayit HaYehudi, a clairement établi que c’est le travail présumé réalisé par l’ACRI auprès des terroristes qui l’a poussé à annuler la conférence, dans une réponse qui a été également publiée par Im Tirtzu.

Le suspect Alaa Raed Ahmad Zayoud à la cour des magistrats de Haïfa (Crédit : Basel Awidat/Flash90)

« Après que des informations ont été portées à mon attention, [à savoir] que [l’ACRI] oeuvre constamment à défendre des terroristes qui ont assassiné des Israéliens, j’ai donné pour instruction au ministère de l’Education d’annuler sa participation à l’activité qui devait avoir lieu avec cette organisation », a écrit le ministre. « Le ministère de l’Education ne coopérera pas avec des organisation qui nuisent aux soldats de l’armée israélienne et défendent nos ennemis ».

Bennett a également ordonné au directeur-général du ministère de l’Education Shmuel Abuhav de revoir les relations futures entretenues par le ministère avec l’ACRI.

Une source proche du ministère a indiqué que s’il s’avère que l’ACRI a aidé des terroristes, le ministère rompra ses liens avec le groupe de manière permanente.

L’ACRI, pour sa part, a fait savoir à Haaretz que son organisation n’intervient pas auprès des personnes soupçonnées de terrorisme durant leurs procès et que les affaires évoquées dans la lettre relevaient des droits des prisonniers, des dossiers où l’état avait cherché à faire annuler la citoyenneté des terroristes après leur condamnation, comme cela avait été le cas pour Alaa Raed Ahmad Zayoud.

Zayoud, citoyen israélien arabe originaire de la ville d’Umm al-Fahm, avait été condamné pour avoir commis un attentat au couteau et à la voiture-bélier qui avait grièvement blessé un soldat de l’armée israélienne ainsi que trois autres personnes, l’année dernière.

Il avait été condamné à 25 ans de prison au mois de juin, l’année passée, mais la cour des magistrats de Haïfa avait également révoqué sa citoyenneté au mois d’août 2017.

L’ACRI avait fait savoir à ce moment-là que l’organisation ferait appel de la décision, une initiative citée dans la lettre.

Im Tirtzua a gagné en notoriété ces dernières années pour avoir publié des annonces accusant les militants éminents de gauche d’être des « taupes » étrangères en Israël et des partisans du terrorisme.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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