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Bennett : Israël ne sera pas contraint par un accord nucléaire avec l’Iran

"Nous investissons dans le réarmement sécuritaire de Tsahal et de l'ensemble de l'establishment de la Défense," a précisé le Premier ministre

Le Premier ministre Naftali Bennett s'exprime lors d'une conférence de presse au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 2 janvier 2022. (Crédit : Emil Salman/Pool/Flash90)
Le Premier ministre Naftali Bennett s'exprime lors d'une conférence de presse au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 2 janvier 2022. (Crédit : Emil Salman/Pool/Flash90)

Israël « maintiendra une totale liberté d’action » contre l’Iran en dépit d’un éventuel accord international sur le programme nucléaire iranien, a plaidé lundi son Premier ministre Naftali Bennett.

Le chef du gouvernement israélien s’exprimait devant la puissante commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, une première depuis son arrivée au pouvoir en juin qui coïncide avec la tenue de pourparlers à Vienne, en Autriche, sur le nucléaire iranien.

« Concernant les négociations à Vienne, nous sommes absolument inquiets et il est important pour moi de dire ici de manière claire qu’Israël ne fait pas partie des accords, qu’Israël n’est pas contraint par ce qui sera écrit dans les accords et qu’Israël maintiendra une totale liberté d’action partout et à tout moment, sans limitation », a-t-il déclaré.

« Nous investissons dans le réarmement sécuritaire de Tsahal et de l’ensemble de l’establishment de la Défense. Je dirai que c’est un réarmement que nous n’avions pas vu depuis des années. Ce réarmement est important pour notre survie, j’en suis très heureux et je suis déterminé à le mener à bien rapidement », a ajouté Bennett.

Les négociations pour sauver l’accord de 2015, censé empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique, ont repris fin novembre à Vienne après cinq mois d’interruption entre Téhéran et les pays encore parties au pacte (France, Royaume-Uni, Allemagne, Russie, Chine). Les Etats-Unis y participent de manière indirecte.

Le Palais Cobourg, lieu des pourparlers de relance du Plan d’action global conjoint (JCPOA), à Vienne, le 29 novembre 2021. (Crédit : VLADIMIR SIMICEK / AFP)

Saïd Khatibzadeh, le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes a noté lundi que le climat optimiste des pourparlers en cours découlait de la volonté actuelle de tous les négociateurs d’aboutir à un « accord fiable et stable » sur le nucléaire.

Ces pourparlers visent à faire revenir les Etats Unis dans le pacte et à faire en sorte que la République islamique d’Iran renoue avec ses engagements, dont elle s’est détachée après le départ des Américains en 2018 et le rétablissement des sanctions américaines à son encontre.

Or Israël, considéré comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient, craint de voir l’Iran, son ennemi juré, devenir prochainement un pays du « seuil du nucléaire », c’est-à-dire ayant suffisamment de matière fissile pour produire la bombe atomique.

Le chef de la diplomatie iranienne avait affirmé dimanche que la France avait changé d’attitude et cessé de jouer le rôle du « mauvais flic » dans les pourparlers en cours à Vienne pour tenter de sauver l’accord sur le nucléaire.

Jean-Yves Le Drian lors d’une session de travail pendant la rencontre des ministres des Affaires étrangères du G7, à Dinard, le 6 avril 2019. (Crédit : AFP / POOL / STEPHANE MAHE)

« Hier, la France jouait le rôle du mauvais flic, mais aujourd’hui elle se comporte raisonnablement », a déclaré Hossein Amir-Abdollahian dans un entretien à la télévision d’Etat, cité par l’agence officielle Irna.

Vendredi, le ministre français des Affaires Etrangères Jean-Yves Le Drian avait estimé que les négociations sur le nucléaire iranien avançaient sur un « chemin plutôt positif » mais avait réitéré l’urgence à les conclure rapidement.

« Je reste convaincu qu’on peut arriver à un bon accord », avait ajouté le ministre français. « Je reste encore un peu optimiste sur le sujet avec beaucoup de volonté d’aboutir. »

« Hier, la partie américaine avait des exigences inacceptables mais aujourd’hui, nous pensons qu’elle s’est adaptée aux réalités » de la situation, a souligné M. Amir-Abdollahian, Washington participant de manière indirecte aux pourparlers.

« Nous sommes proches d’un bon accord, mais pour le conclure dans un court terme, c’est l’autre partie qui doit s’engager », a-t-il encore dit.

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