Bennett : la coopération sécuritaire continuera malgré l’accord Fatah-Hamas
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Bennett : la coopération sécuritaire continuera malgré l’accord Fatah-Hamas

Cette déclaration survient après que le gouvernement a dit qu'il n'y aurait pas de négociations de paix avec les Palestiniens sans désarmement du Hamas

Naftali Bennett, ministre de l'Education, avec la réunion hebdomadaire du cabinet dans les bureaux du Premier ministre, à Jérusalem, le 15 octobre 2017. (Crédit : Alex Kolomoisky/Pool)
Naftali Bennett, ministre de l'Education, avec la réunion hebdomadaire du cabinet dans les bureaux du Premier ministre, à Jérusalem, le 15 octobre 2017. (Crédit : Alex Kolomoisky/Pool)

La coopération sécuritaire israélienne avec l’Autorité palestinienne continuera même sous un gouvernement d’unité palestinienne qui inclurait l’organisation terroriste du Hamas, a dit mercredi le ministre de l’Education Naftali Bennett.

« Je soutiens pleinement toutes les mesures humanitaires à Gaza », a-t-il commenté. « Je soutiens la continuation de la coordination sécuritaire en Judée et Samarie – c’est une bonne chose pour eux comme pour nous », a expliqué à la radio militaire Bennett, qui est à la tête du parti HaBayit HaYehudi et qui est également membre du cabinet sécuritaire.

Alors qu’il lui était demandé si cette coordination serait maintenue en cas de gouvernement d’unité entre le Fatah et le Hamas, gouvernement qui devrait être opératif le 1er décembre, il a répondu : « Tant que cela servira la sécurité des citoyens israéliens, la réponse est oui ».

La coordination sécuritaire entre Israël et l’AP, mise en place depuis des années malgré des liens diplomatiques presque gelés, est considérée comme essentielle pour l’Etat juif comme pour le Fatah du Hamas pour enrayer la violence en Cisjordanie, en particulier de la part du groupe terroriste du Hamas.

Jeudi, les négociateurs palestiniens des factions rivales du Hamas et du Fatah ont signé un accord de réconciliation, mettant un terme à une scission longue d’une décennie suite à des pourparlers qui ont eu lieu sous les auspices de l’Egypte au Caire. Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a qualifié cette convention « d’accord final ».

Saleh al-Arouri, à gauche, représentant du Hamas, et Azzam al-Ahmad, représentant du Fatah, en conférence de presse après la signature d'un accord de réconciliation entre les deux factions palestiniennes, au Caire, le 12 octobre 2017. (Crédit : Khaled Desouki/AFP)
Saleh al-Arouri, à gauche, représentant du Hamas, et Azzam al-Ahmad, représentant du Fatah, en conférence de presse après la signature d’un accord de réconciliation entre les deux factions palestiniennes, au Caire, le 12 octobre 2017. (Crédit : Khaled Desouki/AFP)

Sous les termes de l’accord de réconciliation, l’Autorité palestinienne basée en Cisjordanie reprendra le contrôle total de la bande de Gaza, gouvernée par le Hamas, le 1er décembre, selon une déclaration du gouvernement égyptien.
Tout en souscrivant à la coordination sécuritaire, Bennett a néanmoins déclaré que des négociations politiques avec un tel gouvernement d’unité étaient hors de question et qu’elles pourraient s’assimiler à des négociations entre Américains et un gouvernement qui s’appuierait sur le groupe terroriste djihadiste d’al-Qaida.

Il a indiqué que le leader du Hamas dans la bande de Gaza Yahya Sinwar et son nouvel adjoint leader Saleh al-Arouri —ce dernier aurait été à l’origine, selon Israël, de l’enlèvement et du meurtre de trois adolescents juifs en Cisjordanie dans l’été 2014 – sont les « Ben Laden d’Israël », en référence à Oussama Ben Laden, qui a été tué par un raid américain au Pakistan en 2011.

« Ce sont les Ben Laden d’Israël. Le groupe a tué des Israéliens. Si nous ne traçons pas une ligne rouge, comment pouvons-nous attendre que le monde se rassemble pour combattre le terrorisme ? »

Saleh al-Arouri (Crédit : capture d'écran YouTube)
Saleh al-Arouri (Crédit : capture d’écran YouTube)

Le Hamas continue à creuser des tunnels vers le territoire israélien et à cibler les implantations israéliennes à proximité de la bande de Gaza, a-t-il dit. Pour cette raison, l’Autorité palestinienne s’assimilerait au Hamas si elle rejoignait le groupe au sein d’un gouvernement d’unité.

Bennett s’est attribué le mérite de la décision prise par le cabinet de ne pas poursuivre les négociations de paix avec un gouvernement palestinien qui engloberait le Hamas, à moins que le Hamas ne souscrive à des mesures comme le renoncement au terrorisme et la reconnaissance de l’Etat juif.

Il a expliqué à la radio militaire qu’il était temps que le gouvernement étende la souveraineté israélienne sur la Cisjordanie toute entière et la vallée du Jourdain.

L’Autorité palestinienne a esquivé la décision prise par le cabinet sécuritaire, affirmant qu’elle n’aurait « aucune conséquence » sur la mise en oeuvre de l’accord d’unité.

« Ce qui a été convenu au Caire sous les auspices de l’Egypte est d’avancer dans la bonne direction vers la fin des divisions, et les discours israéliens quels qu’ils soient ne changeront pas la position officielle palestinienne qui est d’avancer », a déclaré le porte-parole d’Abbas Nabil Abu Rudeineh dans un communiqué publié sur le site internet officiel de l’AP, Wafa.

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