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Bennett n’a pas dit à Zelensky de « capituler, » dit un conseiller ukrainien

Mikhail Podolyak a noté qu'Israël avait demandé à Moscou "d'évaluer la situation de manière plus adéquate", excluant toute pression pour exhorter Zenelsky à se rendre

Montage photos du Premier ministre Naftali Bennett à gauche, le président ukrainien Volodymyr Zelensky au centre, et le président russe Vladimir Poutine à droite. (Crédit : AFP)
Montage photos du Premier ministre Naftali Bennett à gauche, le président ukrainien Volodymyr Zelensky au centre, et le président russe Vladimir Poutine à droite. (Crédit : AFP)

Un haut-conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky a expliqué samedi qu’Israël n’avait pas poussé ce dernier à accepter une proposition du président Vladimir Poutine. Des informations avaient laissé entendre que le Premier ministre israélien Naftali Bennett avait demandé à Kiev de faire des concessions significatives dans le but de mettre un terme à l’invasion de la Russie.

Mikhail Podolyak a écrit sur Twitter que Bennett n’avait nullement recommandé à l’Ukraine d’accepter les demandes soumises par les Russes, comme l’avaient fait savoir deux médias israéliens.

Bennett, a écrit Podolyak, « n’a PAS – comme cela a été aussi le cas des autres pays intermédiaires – proposé à l’Ukraine de capituler devant les demandes de la Fédération de Russie ».

« Ce qui est à la fois impossible pour des raisons militaires et politiques », a-t-il ajouté.

Podolyak a précisé que l’État juif avait exhorté la Russie « à évaluer la situation de manière plus adéquate ».

Israël s’est engagé dans une initiative diplomatique visant à mettre un terme à la guerre, et Bennett a fait le déplacement à Moscou, samedi dernier, pour y rencontrer Poutine pendant plusieurs heures. Il a été le premier leader étranger à s’entretenir avec le président russe depuis l’invasion par la Russie de l’Ukraine, lancée le 24 février.

Les sites d’information de Haaretz et de Walla n’avaient pas précisé, vendredi, les détails de l’offre de Poutine qui, avaient-ils affirmé, avait été relayée par Bennett – mais des informations transmises antérieurement par Walla avaient fait savoir que le maître du Kremlin réclamait l’indépendance de la région du Donbass, sans rechercher par ailleurs un changement de régime en Ukraine.

D’autres informations ont laissé entendre que le plan soumis par Bennett à Zelensky comprenait la reconnaissance de l’annexion de la Crimée par la Russie, la reconnaissance de Donetsk et de Luhansk comme entités distinctes et un changement dans la constitution ukrainienne pour exclure toute possibilité d’une éventuelle adhésion à l’OTAN.

« Bennett a proposé que nous capitulions », avait déclaré un haut-responsable israélien sous couvert d’anonymat aux sites d’information israéliens, vendredi. « Nous n’avons aucunement l’intention de le faire. Nous savons que la proposition de Poutine n’est qu’un début ». Cet officiel aurait par ailleurs jugé inefficaces les efforts de médiation du gouvernement israélien qui ne fait, selon lui, que transmettre des messages d’une partie à l’autre telle une « boîte aux lettres ».

Le Bureau du Premier ministre a lui aussi réfuté ces allégations.

« Ces déclarations (…) sont totalement fausses », a déclaré une porte-parole de Bennett samedi dans un communiqué, fait rare pendant le shabbat, le jour de repos hebdomadaire juif.

« A aucun moment le Premier ministre Bennett n’a conseillé au président Zelensky d’accepter un accord avec Poutine », a-t-elle indiqué.

« A aucun moment », il « n’a dit à Zelensky comment il devait agir et il n’a nullement l’intention de le faire », a-t-elle ajouté.

« Dans tous les cas, le Premier ministre n’a aucunement l’intention d’émettre des recommandations ou de donner des avis à Zelensky concernant ce qu’il doit faire à un stade ou à un autre », a dit une source à Walla. « La conversation entre les deux hommes a été longue et positive et elle a compris la possibilité d’une rencontre entre négociateurs russes et ukrainiens à Jérusalem. »

Depuis l’invasion de l’Ukraine le 24 février, Israël s’est gardé de condamner trop vivement l’offensive lancée par la Russie, soulignant les liens solides qui l’unissent tant à Moscou qu’à Kiev. Bennett s’est gardé de blâmer directement la Russie pour le conflit, même si le ministre des Affaires étrangères, Yair Lapid, n’a de son côté pas mâché ses mots pour dénoncer l’invasion.

L’ambassadeur en Ukraine en Israël Yevgen Korniychuk, lors d’une conférence de presse sur la guerre entre la Russie et l’Ukraine à Tel Aviv, le 11 mars 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni‎‏/Flash90)

Le haut-responsable qui s’était exprimé auprès de Haaretz et de Walla avait parlé peu après un discours de l’ambassadeur d’Ukraine en Israël, prononcé lundi dernier. Dans son allocution, l’envoyé Yevgen Korniychuk avait salué les efforts de médiation israéliens mais regretté que l’Etat juif n’ait pas approuvé l’envoi d’équipements défensifs, en particulier des casques et des gilets pare-balles à son pays. Il avait par ailleurs vivement recommandé à Israël de sortir de sa neutralité et à se situer fermement aux côtés de l’Ukraine. Il avait noté que Bennett n’était pas le seul intermédiaire possible, affirmant que Jérusalem avait « peur » de Moscou.

Le même responsable ukrainien avait déclaré qu’Israël avait demandé à l’Ukraine de cesser de réclamer une assistance militaire ou défensive dans la mesure où ces requêtes pouvaient entraver les efforts de médiation de Jérusalem et le maintien de sa neutralité.

L’Ukraine aurait demandé à l’État juif plus de soutien depuis le lancement de l’offensive russe. Mais Israël a cherché à éviter de mettre en colère la Russie, qui a une présence forte en Syrie où l’armée israélienne entreprend des initiatives militaires contre les groupes liés à l’Iran.

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