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Bennett: Pas de moyen pacifique de s’attaquer au programme nucléaire iranien

Selon le Premier ministre, Téhéran doit rendre des comptes au monde ; pour le Congrès juif mondial, le Likud aide l'Iran en ne coopérant pas avec la nouvelle coalition

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Naftali Bennett s'exprime lors d'une conférence du Jerusalem Post à Jérusalem, le 12 octobre 2021. (Crédit : Kobi Gideon, GPO)
Le Premier ministre Naftali Bennett s'exprime lors d'une conférence du Jerusalem Post à Jérusalem, le 12 octobre 2021. (Crédit : Kobi Gideon, GPO)

Le Premier ministre Naftali Bennett a appelé la communauté internationale à demander des comptes à l’Iran concernant son programme sur le nucléaire, faisant allusion à la possibilité d’une action militaire si les grandes puissances ne devaient pas agir.

« L’Iran contrevient de manière flagrante à ses engagements à l’égard de l’Agence internationale de l’énergie atomique », a dit Bennett, mardi matin, au cours de la conférence du Jerusalem Post qui était organisée au musée de la Tolérance, dans le centre-ville de Jérusalem.

« Nous n’allons pas attendre. J’attends des grandes puissances qu’elles demandent des comptes à Téhéran », a-t-il ajouté.

« Ce serait là la voie pacifique. Mais il y a d’autres voies », a averti Bennett.

En 2018, le président des États-Unis Donald Trump s’était retiré de l’accord sur le nucléaire signé en 2015 entre l’Iran et les puissances mondiales – le JCPOA – et il avait réimposé des sanctions à l’encontre de la république islamique. Téhéran a, depuis 2019, pris graduellement ses distances avec les engagements acceptés dans le cadre de l’accord.

Les négociations qui ont lieu sur l’accord à Vienne concernant une réintégration des États-Unis et de la République islamique dans le pacte devraient reprendre au cours des prochaines semaines. Ce seront les premières depuis l’arrivée à ses fonctions du nouveau président iranien, Ebrahim Raisi, qui est issu de la ligne dure du régime.

Abbas Araghchi, adjoint politique au ministère iranien des affaires étrangères, quitte le « Grand Hotel Wien » après les négociations nucléaires à huis clos de Vienne, le 16 avril 2021, où les diplomates de l’UE, de la Chine, de la Russie et de l’Iran tiennent leurs discussions. (JOE KLAMAR / AFP)

Dans son discours, Bennett a appelé l’État juif à montrer son leadership face aux problèmes mondiaux – et en particulier face à la COVID-19, au « terrorisme islamique radical » et au changement climatique.

Il a aussi présenté sa conception de ce qu’est la politique israélienne aujourd’hui, la qualifiant de « lutte acharnée dans trois directions » entre les religieux, la gauche et la droite nationaliste.

« Je suis heureux qu’il y ait des ‘haredim mais nous devons limiter leur influence politique », a-t-il déclaré. « Je ne voudrais pas d’un Israël sans gauche et si j’ai très clairement des idées différentes sur de nombreux sujets, je suis heureux qu’il y ait des contradicteurs pour pouvoir en débattre. »

Il a expliqué que son gouvernement mettait en place des politiques qui pouvaient être impopulaires mais qui étaient bonnes pour le pays, soulignant le report de l’âge de la retraite pour les femmes et les 150 milliards de shekels dépensés pour le métro de Tel Aviv.

Avant l’allocution de Bennett, Isaac Herzog a révélé l’une de ses principales priorités en tant que président, jurant que la promotion de la tolérance serait un « point essentiel » de son mandat.

Il a affirmé que « le manque de tolérance a entraîné deux défis qui sont connectés l’un à l’autre… une crise de la démocratie libérale d’un côté et une crise de l’ordre du monde libéral de l’autre ».

Le président Isaac Herzog lors d’une conférence du Jerusalem Post à Jérusalem, le 12 octobre 2021. (Crédit : Kobi Gideon, GPO)

Herzog a estimé que les deux crises avaient été entraînées par l’incapacité à s’engager respectueusement auprès des individus ne partageant pas les mêmes points de vue politiques.

« J’envisage que mon rôle en tant que président d’Israël », a-t-il continué, « est de construire des passerelles entre les différentes parties de cette communauté merveilleuse, diverse, et formidable et entre les nombreuses extensions de la famille que nous chérissons – je parle des Juifs du monde entier ».

S’exprimant après Bennett, le président du Congrès juif mondial, Ronald Lauder, a appelé à l’unité juive, critiquant le Likud qui se refuse à travailler avec le gouvernement actuel dirigé par Bennett et par Yair Lapid. Il a insinué que ce refus était profitable à la république islamique.

Le président du Congrès Juif mondial Ronald Lauder s’exprime à la synagogue Rumbach à l’occasion de sa réouverture à Budapest, en Hongrie le 10 juin 2021. (Crédit : Akos Szentgyorgyi)

« Nous avons tant d’ennemis dehors – pourquoi nous combattons-nous les uns les autres ? », a-t-il interrogé. « Pourquoi le Likud ne peut-il pas travailler avec le nouveau gouvernement ? Une victoire politique est-elle si importante que vous souhaiteriez mettre en péril l’avenir de l’État juif ? Est-ce que le fait de gagner la bataille politique est d’une telle importance que vous pouvez vous permettre d’apporter aide et réconfort à l’Iran ? »

La conférence, intitulée « Le Futur est maintenant », accueillera divers responsables israéliens, notamment le ministre de la Défense Benny Gantz et la ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked, et d’ex-responsables américains, dont l’ex-secrétaire d’État Mike Pompeo et l’ex-secrétaire au Trésor Steve Mnuchin.

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